Mise à jour : 25-08-2025)
Commentaire de Jean Pierre :
Andrey Nikulin espère que la prochaine fois la bourgeoisie capitaliste russe ne sera pas le dindon de la farce. Le capitalisme financier lui laisserait-il cette chance? En attendant ses oligarques verrouillent le régime autocratique de Poutine…
Les investissements et les technologies occidentales ont contribué à créer des industries entières et à en moderniser d’autres. Aujourd’hui, ils ont disparu et, une fois de plus, l’accent est mis sur « ses propres forces », avec le triste résultat prévisible que nous avons souvent observé au cours de l’histoire. L’espoir est également permis pour les entreprises des « pays amis ». Une autre question est de savoir pourquoi des entreprises indonésiennes ou brésiliennes traditionnelles investiraient en Russie aujourd’hui, compte tenu de toutes ses spécificités et de ses problèmes, surtout compte tenu de la facilité avec laquelle leur pays peut passer au statut d’« inamicale », avec toutes les conséquences que cela implique pour leurs biens et leurs investissements.
Mais là n’est pas l’objet du texte. Il est devenu courant dans notre pays, ces derniers temps, de se pencher sur le passé et de chercher des points de non-retour dans l’histoire où nous avons fait fausse route. En voici un autre : l’interdiction de facto, dans les années 90, imposée aux étrangers de participer aux « grandes » privatisations. Si elle n’avait pas existé, comme dans la plupart des pays d’Europe de l’Est, alors oui ; les entreprises étrangères, disposant de réserves financières bien plus importantes, auraient racheté les meilleurs actifs immobiliers russes et en auraient pris le contrôle. Mais rétrospectivement, toutes les histoires alarmistes de l’époque, selon lesquelles la bourgeoisie achèterait tout pour s’en emparer ou exploiterait et dilapiderait sans pitié les « industries stratégiques », paraissent ridicules. Surtout si l’on considère qu’une part importante de la production a finalement migré entre leurs mains. Et les « entrepreneurs nationaux » qui les ont initialement privatisés se sont avérés n’être que des revendeurs qui ont réalisé des profits sur ces transactions.
Les actifs sont passés sous le contrôle des « Occidentaux » et rien de grave ne s’est produit. Sauf qu’AvtoVAZ a enfin commencé à produire quelque chose qu’on n’aurait pas honte de conduire…
Mais l’essentiel dans un tel scénario est qu’il n’y aurait pas de création artificielle de parts de biens publics appartenant aux oligarques lors du processus de « distribution ». Il n’y aurait pas d’intrigues ni de machinations politiques. Il n’y aurait aucune base financière et industrielle pour la création d’un État autocratique contrôlé par une poignée de personnes.
Peu à peu, des industriels et des entrepreneurs russes commenceraient à apparaître, se développant à partir de la base, non pas grâce aux gisements pétroliers et aux usines, mais grâce à leurs propres efforts, et ce serait un pays différent.
Et le volume même des actifs contrôlés par l’Occident, ainsi que les exigences de protection de ces actifs de libertés – judiciaires, économiques et politiques – seraient un soutien non négligeable pour éviter de tomber dans l’abîme.