Commentaire de Jean Pierre:
Nous republions cet extrait de l’article publié le 30 décembre qui nous semble à souligner par rapport à l’ensemble.
Comment les forces de gauche françaises réagissent-elles ?
À l’heure actuelle, les livraisons d’armes à l’Ukraine sont soutenues par certaines communautés anarchistes et antifascistes. Le NPA (R) déclare que le peuple ukrainien a le droit à l’autodéfense.
LFI s’oppose globalement aux livraisons d’armes. Les dirigeants du PSL et de « Mir Snizu » (Konovalov, Sakhnin) affirment dans les médias de gauche russes qu’ils conseillent personnellement Mélenchon et LFI sur la guerre de la Russie contre l’Ukraine, la subjectivité politique du peuple ukrainien et la situation politique intérieure en Ukraine. Pourtant, ils n’entretiennent aucune relation avec les réels grands mouvements et organisations de gauche en Ukraine et ne divulguent pas les sources sur lesquelles repose leur analyse politique.
Comment se fait-il que des personnes n’ayant aucun lien avec les mouvements de gauche en Ukraine représentent en France les positions des gauches ukrainiennes ? Qui portera la responsabilité des erreurs et des manipulations dans leur « analyse politique » ? Qui portera la responsabilité si les groupes d’extrême droite avec lesquels ils collaborent passent à des actes de provocation et de violence, en utilisant les plateformes politiques des organisations de gauche dans l’UE ?
Jean-Luc Mélenchon soutient les activistes de « Mir Snizu » et du PSL non seulement médiatiquement, mais aussi matériellement. Pourquoi, parmi toutes les forces de gauche dont la position aurait pu être mise en lumière, choisit-il précisément celles-ci ? Dans quelle mesure la position du PSL/« Mir Snizu », représentée par exemple dans leur « Résolution sur le régime ukrainien » ou dans les interventions de l’un de leurs leaders, Viktor Sidorchenko (où celui-ci appelle à intégrer totalement l’Ukraine à la Fédération de Russie dans le but de restaurer une nouvelle Union soviétique), s’inscrit-elle dans la stratégie politique de Jean-Luc Mélenchon et de LFI ?
L’arrêt de l’aide à l’Ukraine, déguisé en pacifisme et en une parodie de solidarité internationale, semble être une solution simple et compréhensible à un problème complexe. La complexité réside dans le fait qu’il faut analyser dans quelle mesure la réduction des garanties sociales est liée à l’aide militaire à l’Ukraine car il est en effet possible que, cette carte (l’aide à l’Ukraine) puisse être jouée par des politiciens libéraux simplement comme justification pour mener des réformes impopulaires.
Pour le moment, nous observons, de la part de l’Europe une réduction de l’aide militaire à l’Ukraine. Aide qui, rappelons-le, n’est pas fournie gratuitement. Le budget de défense français augmente, mais comment compte-t-on le dépenser ? Pour l’achat de matériel aux États-Unis, alors que l’usine de confection d’uniformes militaires du nord de la France a récemment fermé, entraînant du chômage et – par conséquent – une montée des sentiments d’extrême droite dans la région… En effet, la militarisation est un sujet complexe, voire douloureux pour les personnes de gauche. D’un côté, les politiciens de droite cherchent réellement à réduire les garanties sociales au profit du budget militaire, ce qui permet au passage à de nombreux acteurs d’en tirer un profit considérable. De l’autre, il existe une menace bien réelle de la part de la Fédération de Russie, qui, à travers des cyberattaques et des drones, teste régulièrement la capacité des pays de l’UE à réagir. Ignorer cette menace et se bercer de l’illusion que la Russie se calmera si elle obtient ce qu’elle revendique en Ukraine pourrait avoir de graves conséquences.
https://lundi.am/L-Ukraine-et-le-pacifisme-de-la-gauche-francaise