Les services de renseignement tchèques ont annoncé le démantèlement d’un réseau d’espionnage biélorusse opérant en Europe en coopération avec les services de renseignement roumains et hongrois, a annoncé lundi le Service de sécurité et d’information tchèque (BIS).
A Prague, un employé de l’ambassade biélorusse, décrit par les services de renseignements tchèques comme un « officier de renseignement travaillant sous couverture diplomatique », a été déclaré persona non grata, tandis qu’en Roumanie, un ancien officier de renseignement moldave de haut rang, qui aurait travaillé pour Minsk, a été arrêté, selon les services de renseignement locaux, a rapporté le service biélorusse de Radio Liberty.
Selon le rapport du BIS, le réseau de renseignement en Europe a été créé par le Comité de sécurité de l’État biélorusse, qui cherchait à établir un réseau d’agents et à recueillir des renseignements. Le ministre tchèque des Affaires étrangères, Jan Lipavsky, a écrit sur le réseau social X : « Je remercie le BIS et la diplomatie tchèque d’avoir dénoncé et sanctionné les agents biélorusses impliqués dans des activités d’espionnage. Nous ne laisserons pas ces agents errer dans notre pays et protégerons la République tchèque. » Le nom du diplomate, qui a reçu l’ordre de quitter la République tchèque dans les 72 heures, n’a pas été divulgué.
Parmi les membres présumés du réseau d’espionnage biélorusse figure un ancien chef adjoint du Service de renseignement moldave (SIS). Le service roumain de radio Liberty a confirmé l’arrestation d’un officier supérieur moldave de 47 ans, dont l’identité n’a pas été divulguée, par des agents de la Direction d’enquête sur le crime organisé et le terrorisme (DIICOT). Il est accusé d’espionnage au profit de la Biélorussie et fait l’objet d’une enquête pour trahison pour avoir transmis des informations constituant un secret d’État, rapportent Current Time le service biélorusse de Radio Liberty.
Le suspect aurait rencontré des officiers du KGB à deux reprises dans la capitale hongroise, Budapest, au cours de l’année écoulée.
Le BIS note que les agents biélorusses ont activement profité de la possibilité offerte aux diplomates de circuler librement en Europe. À cet égard, le chef des services spéciaux tchèques, Michal Koudelka, a rappelé la proposition tchèque de « limiter la circulation des diplomates accrédités de Russie et de Biélorussie dans l’espace Schengen ». Cette proposition est en cours de discussion au niveau de l’UE et aucun consensus n’a encore été trouvé.
Les autorités de Biélorussie, allié militaire et politique de la Russie, n’ont pas réagi aux informations des services spéciaux de la République tchèque et de la Roumanie.