La voix de l'opposition russe et de la résistance ukrainienne

Alaska, États-Unis, Russie

Alaska : le spectacle obscène de la lune de miel Trump-Poutine, par Ukraine CombatArt

Le tyran, tiré de son isolement et accueilli avec tous les honneurs, ne boudait visiblement pas son plaisir mais n’a fait, en contre-partie, aucune concession…

« En serrant la main d’un criminel de guerre inculpé, Trump a fait comprendre que les meurtres, les enlèvements, les tortures en Ukraine n’ont pas d’importance » (Timothy Snyder, historien américain, fervent soutien de l’Ukraine)

Le 15 août, la planète entière a été le témoin de l’accueil ahurissant réservé par le président américain au dictateur du Kremlin, agresseur d’un pays indépendant, jusque-là réputé infréquentable, et criminel de guerre visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale : tapis rouge, limousine présidentielle, cajoleries éhontées.

Le tyran, tiré de son isolement et accueilli avec tous les honneurs, ne boudait visiblement pas son plaisir mais n’a fait, en contre-partie, aucune concession. Il a réaffirmé les objectifs inchangés de la guerre meurtrière qu’il mène sur le sol européen sans parvenir à vaincre :

  • annexion de territoires que ses troupes n’occupent que partiellement, au mépris des frontières ukrainiennes pourtant garanties par des traités et des accords dont la Russie fut signataire, montrant le peu de valeur de la parole donnée par le régime russe ;
  • vassalisation d’un peuple réputé « frère » dont seul l’écrasement génocidaire est le but poursuivi par l’invasion;
  • arrêt des livraisons d’armes, interdiction d’adhésion à l’OTAN et démilitarisation du pays (dont réduction drastique des effectifs de son armée) ;
  • remplacement manu militari de la démocratie ukrainienne, certes imparfaite mais exceptionnellement vivante pour un pays sous loi martiale, par un régime fantoche à sa botte.
  • Le tout au prétexte de traiter les « causes profondes » de la guerre et de répondre aux besoins fictifs de la « sécurité nationale de la Russie » (que nul ne menace).

L’Europe a été déclarée à cette occasion, sur fond de connivence russo-américaine, ennemie N°1, fauteuse de guerre et principal obstacle à la paix !

Il n’en est ressorti aucun pas vers la paix car Poutine n’en veut pas : son pouvoir est directement lié à la poursuite de la guerre, à la propagande sur la restauration de la « grandeur de la sainte Russie » et à la militarisation générale de la société russe, de l’enfance à l’âge adulte. L’économie russe est de plus en plus tributaire des dépenses militaires et dépendante du complexe militaro-industriel que la guerre enrichit. Inutile de rêver à une sortie en douceur de cette fuite en avant dans la guerre dont l’objectif n’est pas de gagner quelques territoires mais d’anéantir l’Ukraine et d’assujettir l’Europe.

Trump n’a rien obtenu de cette mise en scène qui excluait l’Ukraine et l’Europe : bad deal ! Pire : il a promptement remballé ses menaces velléitaires de sanctions.

Avec son cynisme coutumier et bas de plafond, il déclarera ensuite : « la Russie est une grande puissance, ce que l’Ukraine n’est pas », éloge brutal de la loi du plus fort. Toute une vision du monde qui a fait de cette séquence surréelle d’Anchorage un mixte de Munich 1938, pour la servilité, et de Yalta 1945, pour le partage du monde en zones d’influences.

Pendant que le criminel paradait sur le sol américain (heureusement accueilli par des manifestants protestant contre sa présence), les bombardements ont continué de faire rage, visant civils et infrastructures vitales, ainsi que la russification forcée des populations des territoires occupés.

Repris du site Entre les lignes entre les mots :

https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/08/19/la-folie-de-trump-en-alaska-une-analyse-de-timothy-snyder-autre-texte/#comment-68589