Repris du site Entre les lignes entre les mots :
Le 28 juillet 2025, à Genève, lors des événements de l’Union interparlementaire (UIP), une délégation de la Fédération de Russie a pris la parole, dont Valentina Matvienko, présidente du Conseil de la Fédération, l’une des figures clés du régime Poutine et directement complice du lancement de la guerre totale contre l’Ukraine.
Depuis la scène internationale, des mensonges flagrants ont été proférés, dans le but de présenter l’agression comme une « protection », l’occupation comme un « maintien de la paix » et les atrocités de masse comme une « action humanitaire ». De tels discours ne sont pas seulement provocateurs, ils s’inscrivent dans la continuité de la propagande du Kremlin, alimentant davantage la violence, la répression et l’érosion de l’ordre international.
Nous respectons les obligations internationales de la Suisse en tant que pays hôte des institutions des Nations unies et de missions diplomatiques clés. Nous reconnaissons l’importance historique de la neutralité suisse. Cependant, nous sommes fermement convaincu·es que la neutralité ne doit pas devenir synonyme d’indifférence face au mal et au mensonge.
Dans le monde actuel, où les violations du droit international et des droits humains deviennent de plus en plus systématiques, l’intégrité morale d’États neutres et respectés au niveau international, tels que la Suisse, est plus cruciale que jamais. Informer la communauté internationale des crimes contre l’humanité n’est pas un acte de politisation, mais une démonstration de responsabilité humanitaire.
À cet égard, nous proposons d’organiser une projection publique du film documentaire « Systema Terrora » dans les locaux de l’Union interparlementaire à Genève. Ce film, déjà présenté au Parlement européen et servant de base à une résolution parlementaire, expose la réalité effroyable d’un réseau de camps de concentration mis en place par la Russie pour les civi·els ukrainien·nes dans les territoires occupés de l’Ukraine.
Selon les témoignages de défenseur·es des droits des êtres humains et d’observateurs/observatrices internationaux, depuis 022, la Russie exploite un système de plus de 40 camps et centres de détention où sont détenus des dizaines de milliers de civil·es ukrainien·nes. Les victimes sont enlevées, interrogées, torturées et, dans de nombreux cas, tuées. Il s’agit d’un vaste système de terreur coordonné de manière centralisée, qui répond à la définition juridique des crimes contre l’humanité.
Genève est le cœur historique du droit international humanitaire, le berceau des Conventions de Genève, qui définissent le traitement des prisonnier·es de guerre et la protection des civil·es pendant les conflits armés. C’est ici, avant tout, que doivent être entendues les voix de celles et ceux dont les droits ont été bafoués et qui ont subi des traitements inhumains sous l’occupation.
Après la projection, nous proposons une discussion ouverte avec la participation de défenseur·es des droits humains ukrainiens, d’ancien·nes prisonnier·es, de leurs familles, d’expert·es internationaux et de membres de l’opposition russe anti-guerre qui soutiennent activement les familles des détenu·es ukrainien·nes.
Nous sommes convaincu·es que la neutralité ne peut servir de couverture à une approbation tacite des crimes de guerre. La Suisse peut et doit devenir un espace où les voix des victimes de l’agression sont entendues.
Conseil du Forum de la Russie libre
2 août 2025