Patrick Le Tréhondat et Patrick Silberstein ont été des syndicalistes sous l’uniforme, membres d’Information pour les droits du soldat (IDS) et de la Conférence européenne des organisations d’appelés (ECCO).
Adresses, internationalisme et démocr@tie, n° 11.
« La concurrence des divers États entre eux les oblige […] à prendre de plus en plus au sérieux le service militaire obligatoire et, en fin de compte, à familiariser le peuple tout entier avec le manie- ment des armes donc à le rendre capable de faire à un moment donné triompher sa volonté. […] Et ce moment vient dès que la masse du peuple […] a une volonté. À ce point, l’armée dynastique se convertit en armée populaire; la machine refuse le service, le militarisme périt de la dialectique de son propre développement.»
LA GUERRE D’AUTODÉFENSE nationale de l’Ukraine a remis grandeur nature sur le devant de la scène les questions du militarisme, du réarmement et plus généralement les questions militaires. À cette occasion, il est sans doute temps de redonner à ces questions un peu de souffle en réfléchissant à une pensée alternative transitoire. C’est là l’objet de ce modeste dossier « Partis pris » que nous publions dans ce numéro 11 d’Adresses. Six textes ont retenu notre attention: «L’isolationnisme de gauche: le chemin vers l’insignifiance politique dans le débat sur la défense européenne» et «Rejeter le faux dilemme entre justice sociale et sécurité nationale» d’Hanna Perekhoda, «Danemark: la gauche face à la fin de l’alliance avec les États-Unis» de Michael Hertoft, «Comment gérer les dilemmes de défense de l’Europe?» de Christian Zeller, «Trump et Poutine: une alliance autoritaire qui nous met tous en danger» de Li Andersson et « Soutenir la résistance ukrainienne, pas les plans de réarmement monstrueux » de Simon Pirani.
Le 26 février dernier, Hanna Perekhoda publiait un billet titré « Comment financer la défense européenne (et comment ne pas le faire)2 ». Elle y rappelait que l’abandon par les États-Unis de l’Ukraine, la « dernière ligne de défense de la sécurité européenne », allait obliger les États européens, réfugiés de longue date sous le parapluie américain, à repenser leur système de défense. C’est chose faite. La remilitarisation de l’Europe est en route. Du moins l’idée est-elle en marche dans plusieurs capitales. On ne manquera pas de critiquer les choix et les politiques des États et de l’Union européenne, celles d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Ce n’est pas l’objet de cet article.
Numéro 11 d’Adresses :
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