Date : 15 décembre 2025
Belgique, cessez de bloquer le prêt de réparation à l’Ukraine !
Manifestations internationales devant les représentations diplomatiques belges pour exiger que les avoirs russes gelés soient mis à la disposition de la défense du peuple ukrainien
Du vendredi 12 au vendredi 19 décembre, des organisations de la société civile et des sympathisantEs de l’Ukraine se rassembleront devant les ambassades et consulats belges ainsi que devant les bureaux de l’Union européenne pour exhorter le gouvernement belge à cesser de bloquer le « prêt de réparation » de 165 milliards d’euros proposé par la Commission européenne en faveur de l’Ukraine.
Ce « prêt de réparation » est un dispositif visant à fournir un financement durable pour la défense de l’Ukraine sans saisir directement les avoirs de l’État russe ni alourdir la charge pesant sur les contribuables de l’UE. Selon ses termes, la Banque centrale de la Fédération de Russie récupérerait les avoirs gelés dans des juridictions étrangères depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022, mais uniquement si la Russie met fin à sa guerre d’agression et accepte d’indemniser les dommages causés.
La Belgique détient 180 milliards d’euros (62 %) des actifs russes immobilisés dans le monde, mais refuse de les utiliser pour financer les besoins urgents de l’Ukraine afin de soutenir sa résistance.
Manifestation principale
La principale action de la série de manifestations internationales exigeant que la Belgique cesse de bloquer la proposition de la Commission européenne aura lieu le vendredi 12 décembre devant le siège du Conseil européen à Bruxelles. Elle coïncidera avec la prochaine réunion des ministres de l’Économie et des Finances de l’UE (l’« Eurogroupe »).
La manifestation de Bruxelles est organisée par le Réseau européen de solidarité avec l’Ukraine (ENSU-RESU), le Centre international pour la victoire ukrainienne (ICUV), Avaaz, l’Association des femmes ukrainiennes en Belgique, Steun Oekraïens Verzet, Frozen Assets Action, Peace For Ukraine-Ghent, Heart4Ukraine et Famil Fund.
D’autres actions, toutes soutenues par les réseaux internationaux ENSU-RESU et ICUV, sont prévues à ce jour à Barcelone, Varsovie, Stockholm, Copenhague, Londres, Édimbourg, Rome, Paris, Vilnius, Oslo et Helsinki. Les détails de ces manifestations et d’autres seront publiés sur le site web de l’ENSU-RESU. Des actions ont déjà eu lieu à Prague, Vienne et dans le Maine.
Motifs
Le coordinateur intérimaire de l’ENSU-RESU, Szymon Martys, a commenté cette série de manifestations :
« La Belgique retarde l’apport d’une aide essentielle à l’Ukraine et contribue ainsi à la poursuite de la guerre d’agression menée par la Russie, augmentant également la menace qui pèse sur la sécurité européenne.
« L’ENSU convient que l’Europe doit œuvrer pour la paix, mais celle-ci ne peut être obtenue en faisant des concessions à Vladimir Poutine : celui-ci cherche à mettre fin à la souveraineté ukrainienne et refuse toute négociation sincère, car il estime pouvoir résister plus longtemps que le soutien occidental à l’Ukraine.
« En renforçant la défense de l’Ukraine, le prêt de réparation obligera la Russie à prendre la paix au sérieux. En rendant la guerre plus coûteuse pour le Kremlin, il accélérera la mise en place des conditions d’une paix réelle. »
Aucune alternative viable
Martys a souligné qu’il n’existe aucune alternative viable au prêt de réparation :
« La seule alternative de la Commission européenne, qui consiste à emprunter sur les marchés financiers et à garantir le prêt à partir du budget de l’UE, nécessite un soutien unanime et serait bloquée par les gouvernements pro-Kremlin tels que la Hongrie.
La Belgique en est pleinement consciente, mais elle utilise la fiction des alternatives pour éviter ses responsabilités et rejeter la faute sur les autres. Le Premier ministre De Wever invoque des préoccupations juridiques pour justifier le veto de son gouvernement, malgré la probabilité absolument infime que la Russie obtienne gain de cause devant un tribunal international d’investissement.
Les déclarations de la Belgique sur son « soutien à l’Ukraine » sont également contredites par ses actions. La majeure partie du soutien financier de la Belgique à l’Ukraine provient des intérêts générés par les avoirs russes gelés, soit 3,387 milliards d’euros depuis le début de l’invasion à grande échelle. Sur cette somme, 2,2 milliards d’euros ont été transférés à l’Ukraine, laissant 1,187 milliard d’euros dans les coffres de la Belgique. »
« La solidarité doit être plus que des mots »
Pour Olena Kuzhym, porte-parole de l’action à Bruxelles, « la véritable solidarité se mesure par les actes, et non par les discours. La Belgique ne peut prétendre être solidaire de l’Ukraine tout en bloquant le seul outil efficace disponible et en privilégiant les revenus provenant des avoirs russes gelés plutôt que les vies humaines. »
Martys a souligné : « L’Ukraine se trouve actuellement à un moment critique de son combat. Au lieu de protéger l’argent russe, la Belgique et tous les autres pays qui détiennent des avoirs gelés du Kremlin (à savoir le Royaume-Uni, la France, les États-Unis, le Japon, le Luxembourg et la Suisse) doivent agir pour les mettre à la disposition de l’Ukraine afin qu’elle puisse se défendre contre l’agresseur. »
Le coordinateur de l’ENSU-RESU a conclu en citant les mots de l’économiste Joseph Stiglitz, lauréat du prix Nobel : « S’il y a un moment pour serrer la vis à la Russie, c’est bien maintenant. »
Source: RESU France