9 août 2025 à 19:50
1. Poutine n’a annoncé aucune nouvelle condition avant ces négociations. Celles-ci impliquent en réalité la capitulation de l’Ukraine et l’abandon volontaire de 25 % de son territoire. La Russie l’a proposé à plusieurs reprises.
2. Les États-Unis n’ont annoncé aucune nouvelle condition à la mise en œuvre de cet accord ni aucune garantie de sécurité pour l’Ukraine. L’Ukraine a déjà conclu un accord de paix en 2014-2015, et Poutine l’a violé, malgré le fait que la France et l’Allemagne en étaient garantes. Trump propose un accord, mais il refuse d’en devenir lui-même le garant. Autrement dit, une paix sans garanties de sécurité entraînera une nouvelle attaque de la Fédération de Russie dans quelques années.
3. Poutine est disposé à négocier la paix avec les États-Unis et l’UE depuis onze ans. Il sait que les dirigeants occidentaux changent et que les garanties et obligations personnelles disparaissent avec eux. Or, les négociations de la Russie avec les pays occidentaux ont un seul objectif : briser la position unifiée de l’OTAN sur la Russie afin d’empêcher un nouveau renforcement des sanctions et du soutien à l’Ukraine.
4. Les troupes russes poursuivent leurs attaques intensives sur tout le front. L’ennemi tente de s’emparer entièrement du Donbass ukrainien sous couvert de négociations de paix. L’objet des négociations ne serait donc pas le retrait de l’Ukraine du Donbass, mais la reconnaissance de l’occupation.
Conclusions :
1. Poutine va faire durer les négociations avec Trump, il n’y aura pas de solution rapide.
2. L’opération militaire russe visant à s’emparer complètement du Donbass va s’intensifier. Le Donbass a été et demeure un théâtre d’opérations majeur. L’Ukraine doit tout mettre en œuvre pour construire enfin une ligne de défense moderne dans le Donbass, à Sloviansk et Kramatorsk, et il est nécessaire de renforcer sans délai la défense de Pokrovska et Myrnograd.
3. L’Ukraine ne pourra occuper une position forte dans les négociations que si elle parvient à stopper l’offensive russe pendant plusieurs mois. Or, nous disposons de forces suffisantes pour assurer une défense et une destruction aussi efficaces des unités d’assaut ennemies – ce n’est pas seulement mon avis et ma conclusion, mais celui de dizaines de commandants avec lesquels je communique. Le déploiement de corps d’armée prêts au combat est ici nécessaire. La seule garantie de la sécurité de l’Ukraine dans les négociations est une armée prête au combat capable de stopper l’ennemi par la force des armes.