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Russie, Ukraine

Des licenciements massifs de travailleurs du secteur de l’énergie ont été signalés dans le Donbass occupé – Centre national de résistance ukrainien, par Andrei Muravskyi

Deux ouvriers, casqués et vêtus de gilets haute visibilité, se tiennent dans une installation industrielle. Photo : Centre national de résistance ukrainien (NRC).

Date: 3 janvier 2026

Le Centre national de résistance ukrainien a signalé des licenciements massifs parmi les spécialistes du secteur énergétique dans l’oblast de Donetsk occupé.

Source : Centre national de résistance ukrainien

Citation : « Ces suppressions de postes concernent plus d’un millier d’électriciens qui entretenaient des sous-stations et des infrastructures énergétiques et qui ont été transférés en mai 2025 de la REK [Société régionale de fourniture d’énergie de la soi-disant République populaire de Donetsk – ndlr] à la nouvelle Société du réseau électrique du Sud-Ouest. En décembre, ils ont été informés d’une réduction totale de leurs effectifs, effective au 1er mars 2026. »

Détails : Selon des sources de la NRC, la décision a été prise par un vote interne de la direction et prévoit la suppression de la présence permanente de personnel dans les sous-stations. Un modèle de maintenance assurée uniquement par des équipes d’intervention est mis en place.

Citation : « Compte tenu du matériel vétuste, des accidents fréquents et des dommages aux lignes de transport d’électricité, le risque de pannes prolongées dans les territoires temporairement occupés va fortement augmenter. »

Le profil des personnes licenciées est particulièrement préoccupant : il s’agit pour la plupart de spécialistes possédant de nombreuses années d’expérience, majoritairement des femmes d’âge mûr ou proches de la retraite. Pour elles, un licenciement dans une région en première ligne, sans perspective d’emploi alternatif ni de programme de reconversion, signifie concrètement la perte de leurs moyens de subsistance.

Pour plus de détails : la NRC, citant des analystes, a déclaré que de telles décisions affectent directement la résilience des infrastructures critiques de la région. Selon ces analystes, l’absence de personnel sur place dans les sous-stations rend impossible une intervention rapide en cas d’urgence, même lorsque des infrastructures critiques sont concernées.

Citation : « Par de telles mesures, les autorités d’occupation reconnaissent de fait que la continuité de l’approvisionnement en électricité n’est plus une priorité. »

Plus de détails : la NRC affirme que ces licenciements ne sont pas accidentels et s’inscrivent dans le cadre d’une politique de gestion plus large dans les territoires temporairement occupés.

Citation : « Les autorités d’occupation cherchent à réduire les coûts au détriment des secteurs essentiels à la survie de la population, traitant les infrastructures critiques non pas comme une garantie de sécurité, mais comme une dépense budgétaire à réduire sans égard aux conséquences. »

Arrière-plan:

•          Le NRC avait précédemment signalé un effondrement des effectifs et des finances dans les entreprises publiques de l’oblast de Kherson occupé, indiquant que les travailleurs en grève étaient remplacés par des étudiants selon un modèle de « brigades de construction étudiantes » de type soviétique.

•          Il a également été rapporté précédemment que la gestion de 1 600 immeubles résidentiels dans la partie temporairement occupée de l’oblast de Kherson, d’une superficie totale de près de 2,9 millions de mètres carrés, a été transférée à la société dite de gestion unifiée.

•          Il a été rapporté précédemment que les autorités d’occupation russes de l’oblast de Kherson affirmaient avoir achevé la construction d’un quartier gouvernemental près de la ville d’Hénichesk, bien que les bâtiments aient été érigés avant l’invasion à grande échelle.

•          Plus de 3 000 entreprises basées dans la partie temporairement occupée de l’oblast de Kherson ont été enregistrées au registre du commerce russe depuis le 24 février 2022.

•          En septembre, il a été rapporté que les employés de la réserve de biosphère d’Askania-Nova, située dans l’oblast de Kherson et créée illégalement par les occupants russes, n’avaient pas été payés depuis juillet.

•          Il a également été signalé que la situation hydrique se détériore rapidement dans la partie temporairement occupée de l’oblast de Kherson : le niveau des nappes phréatiques a baissé, les rendements agricoles ont fortement diminué et les autorités russes ne prennent aucune mesure.

https://www.pravda.com.ua/eng/news/2026/01/03/8014480