Chauvinisme d’État sous couvert de « lutte anticoloniale », guerre au prétexte de « garantir la paix », inégalités sociales justifiées par « la nécessité de l’union nationale » : l’État russe s’est depuis longtemps imposé comme une avant-garde réactionnaire. Nombre d’entre nous en avons fait directement les frais.
Le 19 janvier 2009 est une date charnière, une blessure durable dans notre mémoire collective. Ce jour-là, en plein centre de Moscou, nos camarades Stanislav MARKELOV et Anastasia BABOUROVA ont été assassinés. Le tireur était membre d’un groupe néonazi clandestin qui appartenait à une organisation dont l’aile officielle était soutenue par l’administration poutinienne.
Stanislav MARKELOV était un avocat et un militant antifasciste, qui a défendu des causes dans des procès très médiatisés. Il était considéré comme un ennemi tant par les forces de sécurité russes que par les ultranationalistes. Anastasia BABOUROVA était journaliste, antifasciste et anarchiste. Elle couvrait les mouvements sociaux et enquêtait sur les violences commises par l’extrême droite, l’État et l’appareil répressif. Avec le temps, le Kremlin n’a fait que s’affirmer de plus en plus comme une force réactionnaire. Après l’assassinat de MARKELOV et BABOUROVA, les autorités russes ont incarcéré plusieurs milliers de néonazis tout en construisant un réseau international de structures d’extrême droite, en apportant un soutien politique et financier à des formations telles que l’AfD, le Rassemblement national, le FPÖ, le mouvement Identitaire VOX, et d’autres forces analogues en Europe. Parallèlement, les autorités russes ont développé un vaste appareil médiatique de propagande raciste et réactionnaire. C’est pourquoi le 19 janvier, journée de solidarité antifasciste, ne concerne pas uniquement les personnes originaires de Russie : cette date revêt une portée internationale.
Tout en réprimant les mouvements antifascistes, le Kremlin a recours, à travers la guerre, à des groupes néonazis tels que l’unité « Rousitch ». En 2024 et 2025, Moscou a accueilli des rencontres de l’ultra droite, dont le « Forum de l’avenir 2050 », organisé sous l’égide de l’oligarque ultraréactionnaire Konstantin MALOFEÏEV et auquel a participé le ministre des Affaires étrangères Sergueï LAVROV. Malgré leurs divergences, Vladimir POUTINE et Donald TRUMP se rapprochent, tels deux acteurs d’un même projet de revanche réactionnaire. Pour comprendre ce qui les effraie, il suffit de rappeler qu’il a déclaré « terroriste », une prétendue organisation internationale inexistante, baptisée « Action antifasciste ».
Lorsque la politique d’extrême droite devient officielle, la lutte antifasciste doit devenir une plateforme pour unir les organisations politiques et les associations civiles, les forces syndicales et de jeunesse.
Se souvenir, c’est lutter ! Erinnern heißt kämpfen ! To remember is to fight !
Nous vous invitons à participer à la journée internationale organisée tous les ans le 19 janvier, à Paris, Berlin, Moscou et dans d’autres villes, ou à organiser un événement dans votre commune.
Cette année, les actions de solidarité à Paris se dérouleront en deux temps. Le 17 janvier, de 14h00 à 17h30, dans la salle Eugène Pottier du bâtiment principal de la Bourse du Travail (3 rue du Château d’Eau, 75010), un débat public aura lieu sur l’antifascisme et les répressions en Russie et dans le monde. Le 19 janvier, une manifestation de rue débutera à 19h01, à la place Igor Stravinsky, 75004 (près de la fontaine à droite du Centre Pompidou, si vous vous tenez face à l’entrée principale). Rejoignez-nous !
Suivez les mises à jour sur le site https://19jan.noblogs.org
Comité parisien du 19 janvier
Solidarité FreeAzat
Le groupe « Solidarité FreeAzat » est une antenne de FreeAzat, groupe de soutien au prisonnier politique Azat Miftakhov. Pour nous contacter : libertepourazat@gmail.com