Commentaire de Jean Pierre :
Jusqu’ici il était clair que Trump menait le combat contre la démocratie et prenait pour cela le relai de Poutine. Désormais il s’agit d’en détruire sa première condition : la libre information des citoyens par la presse et les médias. Il devra en être de la démocratie comme autrefois de Carthage : delenda est !
Quelques commentaires hors sujet sur les champs de bataille pour notre et votre « Liberté » (d’ailleurs, un bon slogan pour une campagne publique).
Si l’histoire de tout le XXe siècle et du premier quart du XXIe siècle nous apprend quelque chose, c’est seulement que vous pouvez tuer n’importe quelle démocratie : russe, allemande et même américaine. C’est difficile, mais c’est possible. Tout dépend de la façon de se mettre au travail.
Les algorithmes pour tuer la démocratie sont universels. L’étape la plus importante de ces algorithmes est la formation d’un flux d’informations continu, homogène, non alternatif et artificiellement « irrationalisé ».
Comme l’expérience l’a montré, aucune citoyenneté, que ce soit au niveau individuel ou institutionnel, ne survit si le mécanisme de traitement du flux de la conscience par une propagande aux couleurs émotionnelles, uniformes et globale est inclus.
L’inclusion d’un tel « irradiateur », en règle générale, indique la volonté des élites non seulement d’abandonner la démocratie, mais aussi de construire une dictature totalitaire, qui reste stable non pas tant grâce aux méthodes de répression externe de l’État-police, mais à l’intoxication idéologique interne de la société civile.
Je crois que c’est de ce point de vue qu’il est nécessaire d’envisager la fermeture des « médias mondiaux » (« Freedom », « Voice of America », etc.). Il ne s’agit pas d’épargner, mais de politique : à la place des médias fermés, très probablement, d’autres ouvriront après un certain temps, mais déjà dans le conseil « leur propre », rempli de personnes intégrées dans le système de parti du MAG. Et en général, je serai très surpris si la question se limite aux « médias mondiaux » – c’était juste le plus facile de commencer par eux, car ils dépendent fortement du budget.
La tâche immédiate ici est la nécessité de dissimuler le renversement complet de l’administration Trump sur l’Atlantique (bonjour Primakov). Il n’était pas encore suffisant pour lui d’être commenté de manière hostile de l’autre côté de l’Atlantique par des structures financées par le gouvernement américain. Dans un sens, ce qui se passe semble même logique, à l’exception du discours de Vance comme un épisode aléatoire.
Pour l’avenir, quelque chose d’autre est important : avoir un outil prêt pour la suppression des institutions politiques. Si tel est le cas, alors l’attaque contre « Svoboda » n’est probablement que la première attaque contre la liberté d’expression – celle dont la violation en Europe aujourd’hui inquiète tellement la droite américaine.
Si quelqu’un veut imaginer exactement comment Trump combattra les tentatives des démocrates de se venger des élections de mi-mandat au Congrès et au Sénat, voici la réponse : en créant un monopole de l’information au sein de la société civile. Tu te souviens comment Poutine a commencé ? Depuis la défaite des empires médiatiques de Gusinsky et Berezovsky (aussi, d’ailleurs, il n’y avait pas d’idéaux de la presse libre, mais cela n’a pas d’importance maintenant). Peut-être que Surkov ou Ernst seront embauchés comme consultants.
La seule question est de savoir si ce qui est arrivé en Russie si facilement et si profondément passera par l’Amérique, ou si deux cents ans de démocratie institutionnelle valent quelque chose ?