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Russie, Ukraine

Les enfants ukrainiens volés envoyés en camp de « rééducation » en Corée du Nord

« En RPDC [Corée du Nord], on a recensé des camps de « rééducation » pour les enfants ukrainien·nes originaires des territoires temporairement occupés, où elles et ils sont militarisés et russifiés », déclare la militante des droits humains Kateryna Rashevska.

Selon Mme Rashevska, les autorités russes détiennent des enfants en Russie, au Belarus et en Corée du Nord, ayant créé au moins 165 camps de « rééducation » où elles et ils sont militarisés et russifiés

C’est ce qu’a déclaré Kateryna Rashevska, experte en justice internationale et en analyse juridique au Centre régional des droits humains, lors d’une audience au Sénat américain le 3 décembre.

Au cours de l’audience, l’experte a fait état d’une déportation et d’une rééducation à grande échelle d’enfants ukrainiens enlevés par la Russie dans les territoires temporairement occupés.

Selon elle, Misha, 12 ans, originaire de la région occupée de Donetsk, et Lisa, 16 ans, originaire de Simferopol, ont été envoyé·es au camp de Songdowon en Corée du Nord, à 9 000 km de chez elle et lui, où on leur a appris à « détruire les militaristes japonais ».

Mme Rashivska a souligné que la Russie présente ces déportations comme une « évacuation », mais ne respecte pas ses obligations internationales : elle ne fournit pas les listes d’enfants au Comité international de la Croix-Rouge, n’évalue pas les motifs de leur détention et ne garantit pas leur retour volontaire. « Au lieu de cela, on assiste à des déportations, à l’octroi de la citoyenneté russe, à des adoptions et à une russification », a-t-elle déclaré.

L’experte a également souligné les graves violations des droits des enfants : elles et ils sont militarisés, soumis à un endoctrinement politique, et les garçons de 17 ans sont enrôlés de force dans l’armée russe. Selon l’évaluation du Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations unies, ces actions constituent une assimilation culturelle forcée. Les enfants qui résistent sont qualifié·es d’extrémistes ou de terroristes, et certain·es sont placé·es dans des centres de « réadaptation sociale » ou des établissements psychiatriques pour y subir un traitement forcé.

Mme Rashevska a souligné qu’outre le retour physique et spirituel des enfants, il était important de restaurer leur sentiment de justice. Elle a appelé les États-Unis et la communauté internationale à exiger le retour immédiat de tous et toutes les enfants enlevées par le biais d’un mécanisme international indépendant et à ne pas reconnaître les territoires occupés de l’Ukraine comme russes.

Référence

Selon les données officielles, environ 20 000 enfants ont été déplacé·es de force vers le territoire de la Fédération de Russie, du Belarus ou des territoires occupés de l’Ukraine. Parmi ces enfants, seul·es environ 1 300 sont revenu·es en Ukraine et 624 ont été déclaré·es décédé·es.

Le Parlement européen accuse également la Russie et le Belarus, outre le déplacement illégal d’enfants ukrainien·nes, de crimes horribles : meurtres, violences sexuelles, exploitation sexuelle, russification forcée, militarisation forcée, adoption forcée.

https://espreso.tv/viyna-z-rosiyeyu-u-kndr-zafiksovani-tabori-perevikhovannya-ukrainskikh-ditey-z-tot-yakikh-militarizuyut-ta-rusifikuyut-pravozakhisnitsya-rashevska