Les autorités azerbaïdjanaises pourraient lever l’interdiction de transférer des armes de leurs stocks vers Kiev si les frappes russes sur les installations énergétiques liées à l’Azerbaïdjan en Ukraine se poursuivent.
C’est ce qu’ont rapporté les chaînes Telegram azerbaïdjanaises proches de l’entourage du président azerbaïdjanais Ilham Aliyev.
La chaîne de télégrammes russe « Voenkor Kotenok » écrit que « selon un certain nombre de sources, Bakou lance déjà la production d’obus d’artillerie de 122 mm et 155 mm pour leur expédition ultérieure en Ukraine. La décision a été prise dans tous les cas. »
La publication Meduza note qu’Aliyev et le président ukrainien Volodymyr Zelensky ont condamné la récente frappe russe sur un dépôt pétrolier azerbaïdjanais dans la région d’Odessa lors d’une conversation téléphonique.
Le communiqué de presse de la présidence azerbaïdjanaise indique que les deux parties ont condamné les « frappes aériennes russes ciblées » contre un dépôt pétrolier et une station de compression azerbaïdjanaise à Odessa, qui pompe du gaz azerbaïdjanais. Les troupes russes ont frappé la station de compression dans la nuit du 6 août, et le dépôt pétrolier de la compagnie azerbaïdjanaise SOCAR dans la nuit du 8 août, rappelle Meduza. Peu auparavant, l’Ukraine avait reçu du gaz d’Azerbaïdjan pour la première fois via le corridor transbalkanique.
Auparavant, Ilham Aliyev avait conseillé à l’Ukraine de « ne pas tolérer » l’occupation de ses territoires par la Russie.
Les tensions entre Moscou et Bakou persistent depuis le crash d’un avion de ligne d’Azerbaijan Airlines près de la ville kazakhe d’Aktau en décembre dernier. L’Azerbaïdjan accuse la Russie d’être responsable de la tragédie. Le Kremlin refuse de reconnaître sa responsabilité.
En réaction aux arrestations de membres de la diaspora azerbaïdjanaise à Ekaterinbourg, le 27 juin, au cours desquelles deux personnes ont trouvé la mort, une vingtaine de citoyens russes ont été arrêtés à Bakou, dont des journalistes de l’agence pro-Kremlin Sputnik Azerbaïdjan, dont la licence a été révoquée en février. Certains d’entre eux sont accusés de trafic de drogue et de cyberfraude.