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Chine, Russie

Pourquoi les BRICS ne dénoncent pas le génocide en cours à Gaza

Réunion des Brics au Brésil en 2025.

Conclusion de la première partie Gaza et les BRICS : le refus de dénoncer le génocide et de prendre des sanctions

Publié par le site Entre les lignes entre les mots :

https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/08/26/pourquoi-les-brics-ne-denoncent-pas-le-genocide-en-cours-a-gaza/

L’analyse détaillée des positions et des pratiques des pays membres des BRICS face au génocide en cours à Gaza révèle une contradiction flagrante entre leurs discours officiels – souvent centrés sur le droit international, le multilatéralisme et la souveraineté des peuples – et leurs actes concrets comme c’est le cas de l’invasion de l’Ukraine par la Russie ou des actions des EAU. En tant que BRICS+, les dix États membres se refusent à désigner comme tel le crime de génocide en train d’être perpétré à Gaza, pourtant largement documenté et dénoncé par des instances internationales et par Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations Unies.

Dans les faits, les BRICS n’ont pris en commun aucune mesure forte : pas de sanctions, pas de rupture des relations diplomatiques ou économiques, pas d’embargo, ni même de suspension symbolique de la coopération avec Israël. Au contraire, pour la majorité d’entre eux, les relations commerciales — notamment dans les domaines stratégiques de l’énergie, des technologies de surveillance, des infrastructures ou de l’armement — se sont poursuivies, voire intensifiées, en 2024 et 2025. L’Afrique du Sud fait certes figure d’exception par sa plainte devant la CIJ, mais cette action très positive est en contraction par la poursuite des exportations de charbon vers Israël et d’autres relations commerciales.

Le double langage diplomatique souligne une vérité fondamentale : malgré leur rhétorique sur un « ordre mondial plus juste », les BRICS défendent avant tout leurs intérêts géopolitiques, économiques ou sécuritaires, souvent au détriment des principes de justice internationale. Cette réalité met en échec les espoirs placés par certains secteurs progressistes dans la possibilité d’un pôle « alternatif » incarné par ce bloc.

Pour ceux et celles qui à gauche se font des illusions sur la volonté des BRICS de prendre des initiatives claires en faveur des peuples, le dernier sommet et leur attitude en tant que bloc par rapport au génocide à Gaza et à leurs relations avec Israël, devraient contribuer à leur ouvrir les yeux.

Dans la suite de la série, nous verrons que les dirigeants des BRICS soutiennent le mode de production capitaliste qui nous a mené·es au désastre actuel. Les BRICS sont favorables au maintien de l’architecture financière internationale (avec le FMI et la Banque mondiale en son centre) et commerciale internationale (OMC, traités de libre-échange,…) telle qu’elle existe. Les BRICS soutiennent le soi-disant capitalisme vert et ils font du greenwashing. Certains d’entre eux, telle la Russie, recourent à l’agression militaire contre d’autres peuples, comme c’est le cas en Ukraine. De la même manière et plus souvent que les autres, les Etats-Unis (et les puissances européennes) le font et l’ont fait à maintes reprises tout autour de la planète.

L’auteur remercie pour leur relecture et pour leurs conseils Gilbert Achcar, Omar Aziki, Patrick Bond, Joseph Daher, Sushovan Dhar, Fernanda Gadea, Gabriella Lima, Jawad Moustakbal, Maxime Perriot et Claude Quemar. L’auteur est entièrement responsable des opinions qu’il exprime dans ce texte et des erreurs éventuelles qu’il contient.

Lire le texte complet d’Eric Toussaint :

https://www.cadtm.org/Pourquoi-les-BRICS-ne-denoncent-pas-le-genocide-en-cours-a-Gaza