La voix de l'opposition russe et de la résistance ukrainienne

France

Que vive l’héritage de Valmy et de la Révolution française !

La Bataille de Valmy (20 septembre 1792), par J.-B. Mauzaisse (1835)

Nous publions ce 20 septembre 2025 deux articles de fond sur deux questions parallèles mais complémentaires et qui aident à nourrir notre réflexion politique à l’international.

Sophie Bouchet-Petersen développe une analogie intéressante entre les volontaires de Valmy, traduisant sur le plan militaire la détermination des forces sociales qui ont fait la Révolution de 1789 et constitué la Nation révolutionnaire, et la résistance du peuple ukrainien à l’empire multiséculaire russe, dont Poutine est l’héritier. Continuer à combattre pour le socialisme démocratique aujourd’hui c’est partir du point de vue qu’à Valmy, comme à Kiev aujourd’hui il y a un oppresseur et un opprimé. Une partie de la gauche institutionnelle et de l’extrême gauche française se tait, se réfugie dans le pacifisme tandis qu’une autre a sombré dans le soutien à Poutine. De l’héritage de la Révolution Française et de l’expérience de la montée des impérialismes, Jaurès dans son dernier ouvrage « L’armée nouvelle » expliquait que le prolétariat devait s’approprier les questions militaires dans le sens de ses intérêts. Donc une armée défensive appuyée et contrôlée démocratiquement par la résistance populaire. Trotsky, en grand admirateur des derniers textes du tribun de Carmaux, développera de 1933 à 1940 un point de vue résumé par ce qu’il appelait la PMP (Politique Militaire du Prolétariat). Dans le contexte de la montée des fascismes et de la militarisation des Etats, les masses ne sont bien sûr pas indifférentes à ces questions, puisque concernées dans leurs conditions élémentaires de vie et de survie. Trotsky polémiquera très durement contre le pacifisme qui tentait ses camarades du SWP (Socialist Worker Party. En fait les maigres forces issues de la IVème internationale se diviseront dans le choc de la guerre. Là est sans doute la cause de la crise traversée par l’organisation constituée par Léon Trotsky en septembre 1938 et qui ne sera après 1945 jamais discutée et remise à plat : l’historien Pierre Broué parlera dans les années 1980 du « cadavre dans le placard ». C’est depuis l’agression impériale de Poutine contre les droits souverains du peuple ukrainien que la question de la guerre nous force à sortir le cadavre.  Aujourd’hui le combat des syndicats libres et du mouvement ouvrier en Ukraine (notamment le Sotsianyi Rukh ou Mouvement Social) renait dans la résistance à la tentative de Poutine d’annexer l’Ukraine. Leurs militants combattent dans les forces armées ou en assistances à leurs camarades qui ont pris les armes tout en défendant leurs propres revendications sociales contre les ministres néo-libéraux de Zélensky.

Le deuxième texte est écrit par Frieda Afary, écrivaine et militante féministe iranienne, qui explique pourquoi elle soutient inconditionnellement la résistance ukrainienne, ajoutant que « L’opposition progressiste iranienne dans son ensemble s’oppose à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, car les Iraniens ont souffert des relations étroites et du soutien de la Russie à la République islamique. » Pour elle le féminisme est indéfectiblement relié à la question de la séparation du pouvoir de la religion, donc à la question laïque. Elle condamne au passage le féminisme de « carrière ». Du fait que le régime iranien est une république islamique, un courant d’opinion très large dans les masses réclame une séparation entre le pouvoir et la religion. Le monde est aujourd’hui aux mains des pires ennemis de la démocratie : Trump s’appuie sur les courants du fondamentalisme chrétien américain, l’ami de Poutine, le patriarche Thikon, chef de l’Eglise orthodoxe russe et officier du FSB, bénit les avions qui partent bombarder l’Ukraine, l’armée qui tue ou vole à leurs parents les enfants ukrainiens pour les russifier.

La France est dirigée par un homme qui court aux assemblées d’Evèques et qui veut réparer le « le lien abimé entre l’Eglise et l’Etat », émule du philosophe catholique Paul Ricoeur. Rappelons la jeunesse trouble de cet intellectuel sous les étoiles de Philippe Pétain. Ainsi dérive notre pays au moment où nous célèbrerons en cette fin d’année, le 120ème anniversaire de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat. La question de la séparation de la religion et du pouvoir est bien aujourd’hui un problème mondialisé.

Deux militantes femmes, Sophie Bouchet-Petersen  en France et Frieda Afary en Iran parle bien la langue du socialisme à venir, et en élabore le programme.

A travers la lutte du peuple ukrainien, peuple en armes, pour son indépendance, que vive l’héritage de Valmy et de la Révolution française !