Samizdat est un mot russe qui signifie littéralement « auto-édité ». A l’origine forme d’activité dissidente participant de la lutte pour l’émancipation intellectuelle politique et sociale. Elle connaît un essor important en Russie après le tournant stalinien d’après la Révolution. C’est par ce moyen que s’expriment et sont en contact les militants emprisonnés ou non opposés à la bureaucratie. Ils recopient à la main déclarations, manifestes politiques, poèmes et autres productions littéraires. C’est par les réseaux du samizdat que passeront certaines des œuvres littéraires majeures russes du XX° siècle.
Novembre 1969, dans le souffle de Mai 1968 et du Printemps de Prague en Tchécoslovaquie, l’OCI (Organisation Communiste Internationaliste) publie un numéro spécial de La Vérité: Samizdat 1. C’est un volume de 645 pages de textes sur le Printemps de Prague et la répression qui s’abat sur les militants qui le soutiennent en URSS et ailleurs. Ces textes furent réunis par un collectif de militants autour de Gérard Bloch, Pierre Broué et Jean-Jacques Marie. A notre connaissance ce fut l’unique publication en dehors de l’URSS.

Quelques quarante années et un Maïdan ukrainien plus tard, Poutine fait déferler ses troupes sur l’Ukraine. Il interdit en Russie toute expression politique indépendante, emprisonne les opposants à sa guerre. L’Opposition démocratique Russe dispersée s’organise pour rendre compte de son combat contre la guerre et contre la répression en Russie.
Karel Kostal, réfugié politique en France depuis sa désertion en 1969 des armées du Pacte de Varsovie ayant envahi son pays, décide dès l’invasion de l’Ukraine, de diffuser les informations et les textes dont il prend connaissance par Radio Svoboda émettant depuis Prague. Robert et Jean-Pierre , anciens diffuseurs du Samizdat 1 le rejoignent. Ainsi prend forme l’actuel Samizdat 2.
Le droit du peuple ukrainien à disposer de lui-même implique de défendre sa résistance armée contre l’envahisseur. Comme l’expliquait Léon Trotsky en 1940 à propos de l’occupation nazie en France : « de toutes les formes de dictature, la dictature totalitaire d’un conquérant étranger est la plus intolérable ».
Faire connaitre la voix de l’opposition démocratique russe en Europe contre le régime de Poutine, défendre ceux qui ont le courage de dire et de faire connaître leur opposition à la guerre c’est forcément fragiliser la dictature.
C’est là le combat internationaliste à mener et qui peut s’élargir rapidement.