Mise à jour : 03-09-2025
Oh, ce nouveau monde ! Les nations qui partent en guerre mondiale vous saluent…
En éteignant notre imagination – sur le conseil de Mikhaïl Jvanetski – et en supprimant tout le « bruit blanc » qui accompagne inévitablement de tels événements, nous obtiendrons comme « résultat final » du grand spectacle mis en scène par le président Xi à Pékin un appel à l’établissement d’un « nouvel » ordre mondial.
Les Scorpions de la banque se sont unis et ont décidé de se rebeller contre le directeur. Bonne chance à eux.
Laissant de côté la question de savoir si le succès d’un soulèvement est assuré non pas par le volume des déclarations, mais par l’unité et la détermination des participants, je me concentrerai sur l’essentiel : j’essaierai de comprendre en quoi le « nouveau » monde devrait fondamentalement différer de l’« ancien » – outre le fait que plusieurs chefs y règneront au lieu d’un seul (d’ailleurs, ce n’est pas toujours mieux pour ceux qui ne se considèrent pas comme des chefs) ?
Le principal problème pour Poutine, Xi et Modi est qu’ils n’ont rien de fondamentalement nouveau à proposer pour justifier l’ensemble du « nouvel » ordre mondial.
Le concept de « prendre et diviser » peut difficilement être considéré comme original, même élevé au niveau géopolitique. Et il n’y a rien de plus original dans l’ordre mondial qu’ils proposent, si ce n’est qu’une partie des ressources devrait être prélevée sur le « milliard d’or » et répartie entre les « quatre milliards d’argent ».
D’où cette étrange sublimation des « valeurs traditionnelles ». Avec leur aide, les dirigeants du soi-disant « nouveau monde » tentent de créer un véritable vide idéologique. En général, ils n’ont ni vision d’une nouvelle liberté, ni sens d’une nouvelle justice, ni aucune autre idée susceptible de justifier leurs revendications.
Ce que Xi (et Modi, qui les a temporairement rejoints), incités par Poutine, propose n’est pas un monde nouveau, mais une tentative de refaire l’ancien, déjà cousu et recousu. Il y a une grande différence entre un nouveau costume et un ancien relooké. Jusqu’à présent, il n’est pas question d’un nouveau costume pour le monde. Quelqu’un veut simplement bouleverser l’ancien monde. L’essentiel est de ne pas y mettre de la fourrure.
Le nouvel ordre mondial est un ancien ordre mondial, oublié depuis longtemps, qui prospérait avant les deux guerres mondiales qu’il a lui-même engendrées. Il repose sur une idée : le culte de la force brute. La recherche constante de l’équilibre des pouvoirs est le moteur de cet ordre mondial, ce qui fait qu’il n’y a jamais d’ordre. Il s’agit en somme d’une tentative audacieuse d’effacer tout l’héritage culturel du tragique XXe siècle et de repartir de zéro comme si Hitler et Staline n’avaient jamais existé.
Quant aux valeurs traditionnelles, le monde occidental lui-même donnera du fil à retordre à Xi et à Poutine. Leurs idées concernant la préservation des « cultures originelles » et leur protection contre la terrible menace du libéralisme et du mondialisme sont secondaires. Elles brillent de la lumière réfléchie de la lampe magique MAGA. Et pourquoi le monde aurait-il besoin d’un reflet s’il possède déjà l’« original » qui jaillit de tous les abîmes ?