La voix de l'opposition russe et de la résistance ukrainienne

Azerbaïdjan, France

Nous avons reçu quelques éléments de discussion sur l’article :« Le président azerbaïdjanais a conseillé à l’Ukraine de ne pas tolérer l’occupation russe de ses territoires »

Ilham Aliyev en compagnie du président turc Erdogan

21 juillet 2025 à 15:44:52 UTC+2

Contribution d’ Ollivier (via ukrainesolidaritefrance Mailing List):

Le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev a conseillé à l’Ukraine de ne pas tolérer l’occupation russe de ses territoires.

Il a fait cette déclaration lors du Forum des médias de Shushinsky, qui s’est tenu le 19 juillet dans la ville désoccupée de Khankendi, a rapporté la publication locale Novoye Vremya .

Aliyev a établi un parallèle avec la situation en Azerbaïdjan, dont une partie du territoire – le Haut-Karabakh et ses environs – a échappé au contrôle de Bakou pendant près de 30 ans. Finalement, en 2023, l’Azerbaïdjan a repris militairement son contrôle sur le Karabakh, qui avait vu la quasi-totalité de sa population arménienne partir.

« Au cours des 17 années de négociations – et j’y participe depuis fin 2003 –, de nombreuses propositions ont été formulées, de nombreuses réunions ont eu lieu. De nombreux messages ont été lancés pour s’adapter aux réalités. Nous avons ensuite décidé de créer de nouvelles réalités, et vous les accepteriez », a déclaré le président azerbaïdjanais.

Par conséquent, Aliyev conseille « de ne jamais accepter l’occupation ».

Il soutient officiellement l’intégrité territoriale de l’Ukraine.

En outre, au cours de ce discours, Ilham Aliyev a déclaré que l’Azerbaidjan était en train d’élaborer des documents pour soumission aux tribunaux internationaux dans le cadre de l’accident de la compagnie aérienne d’A-AL en décembre de l’année dernière. Les autorités azéries sont convaincues que l’avion a été abattu par les systèmes de défense aérienne russes alors qu’il tentait de le faire atterrir près de la ville kazakhe d’Aktau.

« Nous savons ce qui s’est passé, et nous pouvons le prouver. Nous savons que les responsables russes sont également au courant de ce qui s’est passé. La question est : pourquoi ne font-ils pas ce que n’importe quel voisin ferait dans une telle situation ? » a déclaré Aliyev.

Il a noté qu’en sept mois, Bakou n’avait reçu aucune réponse claire de la part de la Russie. Aliyev a déclaré que l’Azerbaidjan exigeait de la Russie qu’il avait plaidé coupable, punissant les responsables de la mort de l’avion, paiement d’une indemnisation aux familles des morts et des blessés et réparation des dommages-intérêts.

Réponse de Bernard DREAN0 du RESU

Quelques précisions au sujet des prises de positions récentes d’Ilham Aliyev de la crise des relations azerbaidjano-russes.

Ilham Aliyev n’a jamais été un « proxy » de Poutine. A la fin du XXe siècle l’Azerbaïdjan avec la construction des oléoducs et gazoducs Caspienne-mer Noire s’opposait à la Russie pour le transport des hydrocarbures d’Asie centrale, avec le soutien de la Turquie et des Européens… Dans les guerres de 2016,2020,2023 de reconquêtes des territoires azerbaïdjanais occupés par l’Arménie et du Nagorny Karabagh proprement dit, (suite à la de première guerre du Karabagh de 1988-1994), l’ Azerbaïdjan a profité d’une certaine passivité puis d’une neutralité russe (malgré les traités liant l’Arménie à la Russie et la présence sur le terrain de soldats russes),  les alliés militaires de l’Azerbaïdjan étaient Israël et la Turquie et l’allié économique principal l’Union Européenne. Ces derniers mois la situation s’est encore dégradée entre la Russie et l’Azerbaïdjan après que la défense russe ait abattu un avion civil  azerbaïdjanais qui volait au dessus de la Tchétchénie (décembre 2024) et les arrestations et pogroms racistes contre des commerçants azéris à Ekaterinbourg début juillet ( il y a environ 1,5 millions d’Azéris qui vivent dans l’espace post-soviétique, principalement en Russie).

Soucieux de renforcer sa « stature » internationale Ilham Aliyev  vient donc de déclarer depuis la capitale du Nagorny Karabagh sa solidarité avec l’Ukraine, dont une partie du territoire est occupé par l’agresseur russe. Sauf que la ville de Stepanakaert (que l’Azerbaïdjan appelle Khankendi) n’a pas été « désoccupée », mais vidée de la totalité de sa population. Rappelons qu’en 1988 la région du Nagorny Karabagh occupée par des arméniens depuis des millénaires, était peuplé de 85% d’Arméniens, et que toute la population arménienne a été déplacée avec la dernière guerre. Et que depuis l’État azerbaïdjanais s’efforce d’effacer trace de l’essentiel de la présence arménienne.

L’État azerbaïdjanais est une pétromonarchie – qui a fortement contribué à l’ échec de la COP 29 sur le climat à Bakou en 2024 et une dictature  avec de nombreux prisonniers d’opinion dont notre camarade Bahruz Samadov condamné à 15 ans de prison pour avoir prôné le dialogue avec les  Arméniens.