Date : 6 novembre 2025
L’Azerbaïdjan entend renforcer sa coopération militaire avec l’OTAN et modernise déjà ses forces armées selon ses normes, a annoncé le président Ilham Aliyev lors d’une rencontre avec une délégation de l’OTAN. Il a souligné que, dans ce contexte, la république coopère étroitement avec la Turquie ; les deux pays ont récemment signé un mémorandum d’entente visant à renforcer leur sécurité militaire mutuelle. Selon M. Aliyev, l’Azerbaïdjan « a atteint son principal objectif depuis son indépendance au début du siècle dernier : la libération de ses terres de l’occupation » et poursuivra sa modernisation militaire.
Le président a ajouté que les relations de l’Azerbaïdjan avec l’OTAN dépassent le cadre militaire : la coopération en matière de développement régional, de sécurité énergétique et dans d’autres domaines figure également à l’ordre du jour. Les parties ont discuté des perspectives de coopération future et ont échangé leurs points de vue sur des questions régionales et internationales. Étaient présents à la réunion les représentants permanents de la Turquie, de la Grèce, de la Hongrie, du Monténégro, des Pays-Bas, de la Macédoine du Nord, de la Norvège, de la Slovaquie, de la Slovénie, de la Suède, de la République tchèque, du Portugal et de l’Espagne auprès de l’OTAN, ainsi que les représentants permanents adjoints des États-Unis et de la France.
La Douma d’État a réagi à cet événement. Selon Konstantin Zatulin, premier vice-président de la commission de la CEI, Aliyev, évoquant la conversion de l’armée aux normes de l’OTAN, a reconnu que l’Azerbaïdjan « construit sa défense et sa ligne politique en toute indépendance des intérêts russes ». Le vice-président a toutefois souligné que l’Azerbaïdjan et la Turquie partagent de fait « une armée et un commandement communs, une alliance militaro-politique », ce qui rend cette situation peu surprenante.
En août, Aliyev annonça qu’il préparait le pays à la guerre en raison de l’imprévisibilité de la situation internationale. « Nous déconseillons à quiconque d’envisager des actions hostiles à notre encontre… Nous avons des alliés suffisamment solides », avertit-il. Ces déclarations intervenaient dans un contexte de détérioration des relations entre l’Azerbaïdjan et la Russie, et de menaces de la part de propagandistes zélotes de lancer une « nouvelle unité spéciale de surveillance » dans le Caucase du Sud.
Cet été, l’armée azerbaïdjanaise a participé à l’exercice Agile Spirit 2025 de l’OTAN. Le pays et l’Alliance ont également mené un entraînement conjoint sur la planification des opérations militaires.
L’Azerbaïdjan a entamé le développement de ses relations avec l’OTAN en 1992, en rejoignant le Conseil de coopération nord-atlantique (NCCA). Deux ans plus tard, la république est devenue membre du programme « Partenariat pour la paix » de l’Alliance, qui cible les pays d’Europe de l’Est et de l’ex-Union soviétique. Bakou et l’OTAN ont également un Plan d’action individuel de partenariat (PAIP), qui porte sur la coopération militaro-technique.