15 avril 2026
Le vice-président du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, a désigné comme « cibles potentielles » les entreprises européennes impliquées dans la production de drones pour l’Ukraine, qui a considérablement intensifié ses frappes contre la Russie avec ce type d’armes en 2026. L’ancien président russe a fait cette déclaration après la publication par le ministère russe de la Défense d’une liste de 21 sites industriels situés dans divers pays européens, soupçonnés d’être impliqués dans « l’augmentation de la production et de la livraison de drones à l’Ukraine pour des frappes sur le territoire russe ».
« Il faut prendre au pied de la lettre la déclaration du ministère russe de la Défense : la liste des entreprises européennes produisant des drones et autres équipements constitue une liste de cibles potentielles pour les forces armées russes. La réalisation de ces frappes dépendra des événements à venir. Dormez sur vos deux oreilles, partenaires européens ! » a écrit Medvedev dans X.
Dans sa publication, le ministère de la Défense classe les entreprises en deux catégories : les filiales de fabricants ukrainiens en Europe, qui, selon le ministère, produisent directement des drones et leurs composants (FP-1, FP-2, Lyuty, etc.), et les entreprises européennes qui fabriquent des composants pour drones (moteurs, modules de communication, etc.). La liste comprend les adresses des sites et les entreprises auxquelles ils appartiennent. Parmi les pays mentionnés figurent le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Danemark, l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Lituanie, la Lettonie, la Pologne, la République tchèque, Israël et la Turquie.
L’agence a également déclaré que la décision de ces pays d’accroître la production et la livraison de drones à l’Ukraine menace d’entraîner une « forte escalade de la situation militaro-politique en Europe ». Cette décision aurait été prise dans un contexte de « défaites croissantes et de pénurie d’effectifs de plus en plus préoccupante au sein des forces armées ukrainiennes ».
« Le public européen doit non seulement comprendre clairement les véritables causes des menaces qui pèsent sur sa sécurité, mais aussi connaître les adresses et les emplacements des entreprises « ukrainiennes » et « communes » qui produisent des drones et des composants pour l’Ukraine sur leur territoire », a déclaré le ministère de la Défense.
En mars, pour la première fois depuis le début de l’invasion russe à grande échelle, l’Ukraine a lancé plus de drones d’attaque sur des cibles en Russie que de troupes russes sur l’Ukraine, selon les calculs d’ABC basés sur des données de l’armée de l’air ukrainienne et du ministère russe de la Défense.
D’après des sources russes, les forces de défense aérienne ont intercepté 7 347 drones ukrainiens le mois dernier, un record historique. L’armée ukrainienne a quant à elle recensé 6 462 drones russes ayant attaqué le pays durant la même période (ainsi que 138 missiles), interceptant environ 90 % des drones (5 833) et près de 74 % des missiles (102).