2 mai
L’Union européenne prépare de nouvelles sanctions contre les responsables de l’expulsion illégale d’enfants ukrainiens. Dans un projet consulté par Radio Liberty, l’UE qualifie les actions de Moscou de « graves violations du droit international et des droits fondamentaux de l’enfant, visant à détruire l’identité ukrainienne ».
Parmi les organisations visées par les sanctions figure le Centre panrusse pour l’enfance « Smena », affilié au ministère russe de l’Éducation. Le texte de loi justifie ces sanctions par le fait que le centre « accueille des mineurs ukrainiens déplacés de force des territoires occupés, où ils sont soumis à un endoctrinement idéologique et à une russification ».
Il est également proposé d’inclure sur la liste des sanctions le Centre éducatif et méthodologique Avangard pour l’éducation militaro-patriotique des jeunes, qui, comme indiqué dans le projet de sanctions de l’UE, vise à « endoctriner politiquement » les enfants et dispense des cours de formation militaire.
Deux autres organisations situées en Crimée annexée sont également décrites dans le document comme des centres de « rééducation, d’endoctrinement idéologique et de militarisation des enfants ».
La plupart des personnes proposées pour inscription sur la liste des sanctions sont des femmes. Parmi elles figurent des directrices de divers camps et établissements éducatifs accueillant des enfants ukrainiens. Par exemple, Lilia Shvetsova, qui dirige le camp « Œillet rouge », dont le programme, selon le document, « promeuve des discours pro-russes, une rhétorique patriotique et des éléments d’éducation militaro-patriotique ».
Le projet inclut également Natalia Shevchuk, responsable de plusieurs « clubs militaro-patriotiques » dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie, dont les activités promeuvent des « discours présentant la Fédération de Russie comme une force de « maintien de la paix » et humanitaire, tout en diffusant une idéologie pro-russe et en sapant l’identité nationale ukrainienne parmi les mineurs des territoires occupés ».
Le document mentionne également les responsables de l’adoption d’enfants ukrainiens par des familles russes. La liste des sanctions devrait aussi inclure les personnes impliquées dans l’entraînement paramilitaire de mineurs ou dans l’organisation de rencontres avec des militaires russes, dans le cadre du projet « Dialogues avec les héros ».
Les ambassadeurs de l’UE devraient approuver de nouvelles sanctions le 6 mai.
- Le 11 mai, une réunion des ministres des Affaires étrangères du Canada, de l’Ukraine et de l’Union européenne, ainsi que de représentants de haut niveau de près de 50 pays, se tiendra à Bruxelles. Cette réunion portera sur les modalités du retour des enfants ukrainiens. Elle est organisée par la Coalition internationale pour le retour des enfants ukrainiens, créée il y a deux ans à l’initiative du Canada et de l’Ukraine. Elle compte actuellement 47 membres, dont la plupart des pays européens, l’Australie, le Japon et les États-Unis.
- Les autorités russes nient avoir illégalement emmené des enfants ukrainiens hors du pays, présentant leurs actions soit comme un geste humanitaire, soit comme une nécessité due à la destruction des infrastructures et des services sociaux dans les régions d’Ukraine occupées par la Russie.