20 février 2026
Les journalistes du projet « Schemes » (Radio Liberty) ont reçu une grande quantité de correspondance et d’enregistrements vocaux du major-général russe Roman Demurchiev, commandant adjoint de la 20e armée combinée des forces armées russes, qui opère notamment dans la direction Lymansky.
Les journalistes ont vérifié l’authenticité des documents avec l’aide du Centre national américain d’expertise des médias et du Centre international de recherche sur les données DARC, et les ont également comparés aux événements de la guerre, rapporte Censor.NET.
L’enquête offre un aperçu inédit de la culture interne de l’armée russe : dans des SMS et des enregistrements vocaux, le général critique vivement le commandement russe, les services de renseignement et le traitement réservé à ses soldats. Il qualifie l’entraînement des troupes de « nul », exprime son mécontentement face aux agissements de la hiérarchie et ne cache pas ses sentiments quant à la politique et aux tactiques de l’armée.
Les journalistes ont porté une attention particulière aux passages où Demurchiev évoque le traitement méprisant infligé aux prisonniers de guerre ukrainiens et mentionne des cas brutaux de torture et de meurtre. Il envoie notamment, dans sa correspondance, des photos de corps de prisonniers mutilés et une vidéo montrant d’anciens prisonniers servant dans des unités russes battre des combattants ukrainiens qui avaient déjà déposé les armes. Lors de conversations avec un représentant du contre-espionnage militaire russe, il parle de « collaborer avec les familles » des prisonniers pour obtenir des informations.
Dans ses messages, le général de division se permet également des propos acerbes à l’égard du travail des services spéciaux russes et d’autres chefs militaires, les qualifiant de « services de merde » et de perdants.
Les journalistes soulignent que la correspondance et les notes de Demurchiev ne constituent pas seulement une chronique de la vie quotidienne au sein de l’armée russe, mais aussi un témoignage indirect de possibles crimes de guerre commis contre des prisonniers ukrainiens, que le général qualifie de vie quotidienne ordinaire.