31 mars 2026
Les frappes de drones ukrainiens contre les ports pétroliers russes, qui ont endommagé des terminaux d’exportation sur la mer Baltique, ont provoqué la plus forte chute des exportations de pétrole russes depuis le début de la guerre.
Du 22 au 29 mars, les exportations totales de pétrole de la Russie ont chuté de 43 %, passant de 4,072 à 2,318 millions de barils par jour, selon les calculs de Bloomberg basés sur les données de trafic maritime. À la fin de la semaine, 22 pétroliers ont quitté les ports russes pour exporter, soit 15 de moins que la semaine précédente.
Parallèlement, les exportations via la mer Baltique ont atteint leur plus bas niveau depuis l’invasion de l’Ukraine : seuls quatre pétroliers ont quitté Primorsk, le principal port pétrolier du pays d’une capacité d’un million de barils par jour (contre 10 la semaine précédente), et seulement deux ont quitté Oust-Louga.
Ce dernier port a été touché par une frappe de drone le 23 mars, à la suite de laquelle les expéditions de pétrole ont été interrompues en raison d’un incendie. Le port d’Oust-Louga, d’une capacité de 700 000 barils par jour, a été la cible d’au moins quatre attaques de drones : les 25, 27, 29 et 31 mars. Ces attaques ont provoqué un incendie quasi permanent dans le port, la destruction de réservoirs de stockage de pétrole et, selon des sources de Reuters, la destruction d’un terminal pétrolier de Transneft lors de la dernière attaque.
Par ailleurs, l’usine de gaz de Novatek à Oust-Louga a été touchée, ce qui a entraîné sa fermeture, tout comme la raffinerie Kinef de Surgutneftegaz dans la région de Leningrad, la deuxième plus importante de Russie en termes de volume. La production de carburant y est à l’arrêt et la reprise partielle des activités ne devrait pas intervenir avant un mois, ont indiqué des sources de Reuters.
Les compagnies pétrolières russes ont averti leurs clients qu’elles pourraient invoquer la force majeure pour les livraisons de pétrole en provenance des ports baltes. Cependant, selon Bloomberg, elles vendent actuellement du pétrole provenant des réserves accumulées dans les pétroliers : ces volumes ont diminué de 13 millions de barils au cours de la semaine, pour s’établir à 118 millions de barils.
En termes monétaires, les compagnies pétrolières ont perdu un milliard de dollars de recettes d’exportation durant la semaine de paralysie des ports de la Baltique, malgré la hausse continue des prix. Le prix moyen du baril de pétrole brut russe Urals a augmenté de 11,30 dollars, selon les calculs de Bloomberg, pour atteindre 73,24 dollars. Parallèlement, les recettes d’exportation ont chuté à 1,44 milliard de dollars, contre 2,45 milliards la semaine précédente.