Commentaire de Jean Pierre :
La crise semble se confirmer pour l’industrie russe.
28 octobre 2025
Dix-huit des 24 secteurs de l’industrie manufacturière russe, qui représentent près de 80 % de tous les biens produits dans le pays, connaissent une baisse de production. Ces données sont citées dans un rapport d’experts de l’Institut de prévision économique de l’Académie des sciences de Russie.
Selon Rosstat , la croissance industrielle globale du pays a ralenti à 0,3 % en glissement annuel à la fin septembre, soit près de 19 fois moins que le total de l’année dernière (+ 5,6 %).
Les usines et les établissements hors secteur des matières premières n’ont augmenté leur production que de 0,4 %, contre 2,4 % en août et 9,6 % l’année dernière.
Les industries civiles clés, sur lesquelles le Kremlin comptait pour remplacer les marchandises des entreprises étrangères qui partaient, ont été touchées par la récession. Selon Rosstat, de janvier à septembre, la production de vêtements et de chaussures a chuté de 3,5 %, celle de meubles de 8,2 % et celle de produits alimentaires de 0,9 %.
La production de farine a chuté de 5,6 %, céréales de 6,9 %, huile de tournesol 16
La production d’ordinateurs a chuté de 19,3 %, téléviseurs 23,5 %, réfrigérateurs 14,6 %, machines à laver de 24,8 %
Rosstat a enregistré une baisse de près de 20 % de la production de locomotives électriques, de 12,5 % pour voitures particulières, 24,2 %pour les wagons de marchandises.
Si l’économie russe a jusqu’à présent évité une récession technique (c’est-à-dire deux trimestres consécutifs de baisse trimestrielle), son taux de croissance pour juillet-septembre sera d’un dérisoire 0,2 %, selon les économistes d’Oxford Economics.
Le durcissement des sanctions occidentales, imposées en octobre à Rosneft et Lukoil, qui pompent et exportent la moitié du pétrole russe, pourrait bien pousser l’économie dans le rouge, prédit Oxford Economics.
« Le climat des affaires est globalement morose », note l’économiste Vladislav Inozemtsev. « Les entrepreneurs anticipent une détérioration de la situation générale, une stagnation économique, une baisse de la demande des consommateurs et des hausses d’impôts. »
Pour financer le budget militaire, le gouvernement augmente à nouveau la TVA (à 22 %) à partir de 2026 et prépare également une réforme fiscale radicale pour les petites entreprises, qui priverait 700 000 entrepreneurs du système fiscal simplifié.
Inozemtsev prévoit une contraction du PIB russe de 1 à 1,4 % l’année prochaine, mais le Kremlin conservera sa capacité à financer la guerre. Même si les exportations de pétrole russe vers l’Inde et la Chine sont réduites d’un tiers, « l’armée n’en ressentira pas l’impact avant au moins un an, et très probablement même à plus long terme », a déclaré l’économiste.