Article tiré de la revue Grand Continent
L’auteur est historien: Il est Max Weber Fellow à l’Institut universitaire européen. Spécialiste de la Révolution française et de son historiographie, il co-anime le blog d’histoire du XVIIIe siècle Échos des Lumières.
24 février 2026
Après quatre ans de combats acharnés, la guerre en Ukraine continue d’être perçue en Europe de l’Ouest à travers trois prismes qui limitent la capacité d’analyse et d’action.
Tout d’abord, elle n’échappe pas au régime médiatique général dont le flot transforme chaque « fait d’actualité » en un isolat sans précédent. Les discussions fiévreuses qui surgissent à chaque pseudo-négociation russo-américaine suffisent à démontrer que cet espace médiatique ne conserve aucune mémoire des coups précédents. Ses conditions de fonctionnement créent ainsi une illusion de continuité, voire d’éternelle répétition du même, comme si nous vivions toujours dans le monde de l’offensive de Kiev de mars 2022, de celle de Koursk à l’été 2024 ou de la mutinerie de Prigojine en 2023. En somme, comme si elle avait toujours été déclenchée hier.
Une difficulté symétrique surgit lorsqu’on ne trouve d’autre manière d’assigner une profondeur au conflit que de se plonger dans le passé lointain, expliquant ainsi les événements du XXIe siècle par ceux de la Galicie des années 1940 ou la politique linguistique d’Alexandre II. À cette aune, les Ukrainiens d’aujourd’hui sont des humains d’aucun temps, des êtres flottant dans une actualité sans passé autre qu’immémorial.
Enfin, la perception abstraite de la guerre atteint son acmé lorsque l’on persiste à l’observer sur une carte d’état-major, en superposant des divisions linguistiques et des frontières administratives aux lignes d’un front mouvant. Certes, le discours sur une guerre que l’on ne vit pas soi-même a toujours quelque chose d’abstrait. « 450 000 morts » ne veut rien dire en soi. « Cela revient quasiment à l’ensemble des habitants de la ville de Toulouse » n’offre pas davantage de prise à l’esprit.
Il n’en est que plus utile de renoncer à scruter la guerre à travers des chiffres et des aplats de couleur sur une carte. Cet effort est un préalable à toute réflexion sur la sortie de guerre.
L’envie de tracer au plus vite une limite frontalière pour en finir avec ce conflit meurtrier est bien compréhensible.
Elle oublie simplement — ou fait mine d’oublier — que chaque mètre carré de terrain conquis par la Russie représente autant de personnes en chair et en os, abandonnées à une dictature sanglante.
De ce fait, toute discussion politique ou diplomatique qui aborde la guerre en Ukraine sans prononcer les mots « torture », « massacres », « oligarchie » et « répression » est fondamentalement incomplète.

Douze ans d’expériences répressives
Se tourner vers les territoires occupés est sans doute la meilleure manière de saisir la nature de la politique menée par l’État russe en Ukraine, qui consiste en un régime de terreur. Comme tout régime de cet ordre, celui-ci ne se limite pas à ses adversaires objectifs, mais soumet virtuellement toute personne à une répression arbitraire.
S’il se donne pour formes les plus brutales l’assassinat et la torture, ce régime a surtout pour propriété de s’infiltrer au cœur des interactions sociales et des moments les plus anodins de la vie quotidienne. La terreur ne se contente pas de générer une série d’interdits : elle jette le flou sur l’interdit, de sorte qu’un individu ne puisse réellement savoir si une pratique hier bénigne — se déplacer d’un point à un autre, télécharger une application, échanger avec un proche — ne lui vaudra pas sous l’occupation un passage à tabac, une déportation ou vingt ans de prison.
Les habitants des territoires occupés n’ont guère qu’une seule certitude : le fait que les autorités d’occupation voient en chacun d’entre eux un suspect.
La notion de « régime d’occupation » n’est sans doute pas étrangère aux Français familiers de l’histoire du XXe siècle. On n’ignore pas, dès lors, que la situation était bien différente dans les campagnes et dans les villes, en novembre 1942 ou en juin 1944. De même, on ne saurait confondre ici sous une même appellation les territoires ukrainiens occupés par la Russie depuis 2014.
Le seul point commun de ces territoires est d’ordre juridique : du point de vue du droit international, l’ensemble des territoires sous occupation russe appartient bien à l’Ukraine, y compris la Crimée 1, occupée en 2014 sans réel affrontement militaire.
Au terme de douze ans d’occupation, la Crimée est de facto sous contrôle russe. Environ 800 000 ressortissants russes s’y sont installés ; la vie politique et économique est encadrée par les autorités et le système juridique de la Fédération de Russie, bien que la plupart des entreprises russes ne s’y soient implantées qu’à travers des sociétés-écrans par crainte des sanctions internationales.
Les Républiques populaires autoproclamées de Donetsk et Louhansk, au contraire ; ont été occupées au prix d’affrontements bien plus sanglants et de destructions bien plus massives — la guerre du Donbass serait ainsi responsable de plus de 14 000 morts et d’un million et demi de déplacés. Après avoir exercé un contrôle plus ou moins direct sur ces régions pendant huit ans, la Fédération de Russie a procédé à leur annexion le 30 septembre 2022. Elle revendique aujourd’hui l’intégralité de ces régions sans en avoir, sur le terrain, la maîtrise militaire complète.
À la même date, la Russie a également proclamé l’annexion des régions de Zaporijia et de Kherson, alors que le quart de ces territoires échappe encore à son contrôle depuis l’invasion de 2022 et que ses armées n’ont procédé à la conquête d’aucun centre urbain de quelque importance depuis les tout premiers mois de 2022.
À chacune de ces étapes — l’occupation de la Crimée en 2014, la guerre du Donbass et l’invasion à grande échelle de 2022 — correspondent des armées, des objectifs de guerre, des degrés d’intensité du conflit et des pratiques d’occupation différents. Malgré tout, chacune de ces expériences a contribué à déterminer les pratiques que l’on voit aujourd’hui à l’œuvre dans les territoires conquis par la Russie.
Qu’il s’agisse de l’assassinat de militants de Sébastopol, des tortures commises dans la prison Izoliatsia de Donetsk ou des exécutions sauvages des civils de Boutcha, tous ces moments ont été autant de jalons dans l’histoire du régime de terreur qui continue de se déployer sous nos yeux. Ces pratiques accumulées en ont déterminé les formes actuelles, qui recoupent en partie celles de la répression infligée aux habitants du territoire de la Fédération de Russie, sans toutefois les recouvrir entièrement.
Les territoires occupés représentent ainsi une sorte d’état d’exception dans ce vaste état d’exception qu’est la Russie contemporaine.
Le 17 février 2026 à Donetsk, dans l’oblast ukrainien du même nom occupé par la Russie, un officier de la police militaire monte la garde avant un rallye automobile organisé pour marquer le deuxième anniversaire de la prise d’Avdeyevka par les troupes russes (© Dmitry Yagodkin/TASS via ZUMA Press)
Le 23 octobre 2023, à Donetsk, ville située dans l’oblast ukrainien du même nom occupé par la Russie, une femme marche dans une rue devant des banderoles aux couleurs nationales russes. (© Yagodkin/TASS/Sipa USA)
En Crimée et au Donbass, la « russification » à marche forcée
Pour risquer une tautologie, il faut commencer par rappeler qu’un occupant occupe. L’État russe ne se contente pas de planter un drapeau sur chaque langue de terre conquise ; il le remodèle et impose à l’ensemble des habitants un nouveau mode de vie.
Vivre dans un régime d’occupation signifie que toutes les manières que l’on avait, hier encore, de communiquer, de travailler, de circuler, de s’informer et de consommer prennent du jour au lendemain un tout autre aspect, qu’on le veuille ou non, ne laissant plus d’autre choix aux récalcitrants que cette alternative simple : prendre les armes ou la fuite.
Vue d’Europe de l’Ouest, la « russification » est comprise comme un phénomène culturel qui toucherait avant tout à la langue, à l’héritage, à la production médiatique et à l’environnement scolaire. De fait, les autorités d’occupation s’efforcent depuis des années d’évincer l’ukrainien de la sphère publique, tout en le présentant comme une langue « inutile », « artificielle », voire « intrinsèquement porteuse d’idéologie nazie ». Cette entreprise de russification forcée s’appuie en grande partie sur l’école 2. Le directeur de l’éducation de l’administration militaro-civile de Kherson, Mikhaïl Rodikov, ne s’en cachait pas en déclarant dès le 1er septembre 2022 que les élèves étaient appelés à devenir « des citoyens éduqués de leur propre pays, la Russie 3 » — et donc de futurs soldats de ce même pays.
L’imposition du cadre d’existence russe ne serait pas complète sans un remplacement des responsables juridiques et administratifs des territoires occupés.
Enfin, l’occupant s’empresse, dès qu’il s’ancre sur un territoire, d’y implanter sa propre sphère médiatique, comme on a pu l’observer en Crimée 4. Dès cette date, les instructions de Moscou ont imposé aux médias de qualifier les autorités ukrainiennes de régime « fasciste » tout en l’accusant de « menacer physiquement les Russes » résidant en Ukraine. Les chaînes locales ont été rapidement remplacées par des médias russes proches du Kremlin ou détenus par l’État.
Dans le Donbass, puis dans les territoires occupés après 2022, les forces d’occupation ont reproduit cette stratégie de prise de contrôle immédiate des moyens d’information et de télécommunication. Dès les premières semaines d’occupation, l’accès à Internet, aux réseaux mobiles, à la télévision et à la radio ukrainiens a été interrompu dans des villes comme Marioupol, Berdiansk ou Koupiansk, afin d’y substituer le réseau et les médias russes.
La spoliation des biens ukrainiens
Si on interrogeait à ce sujet les habitants du Donbass et de la Crimée, il est peu probable toutefois qu’ils désignent la langue ukrainienne et leur journal préféré comme la perte la plus douloureuse que leur a infligée l’occupation russe. Sans doute citeraient-ils en premier lieu la disparition de leurs proches, de leur emploi, de leur appartement et de leur citoyenneté.
S’il faut bien conserver à l’esprit que la destruction d’une usine comme celle d’Azovstal représente aussitôt 11 000 travailleurs privés de leur activité, les destructions liées au conflit ne sont pas la principale cause de perte d’emploi. La substitution d’entreprises russes souvent issues du crime organisé aux entreprises ukrainiennes est également un facteur majeur, qui s’appuie sur une expropriation à grande échelle.
À Zaporijia, l’administration pro-russe a créé dès le mois d’août 2022 un nouveau ministère de la Propriété et des relations foncières chargé de publier et d’actualiser des listes d’entreprises considérées comme « sans propriétaires ». Lesdits propriétaires disposaient de trois jours pour se manifester, sans quoi leurs biens étaient aussitôt nationalisés, qu’il s’agisse d’un salon de coiffure, d’une usine ou d’une mine.
En peu de temps, ce sont ainsi des milliers d’entreprises ukrainiennes qui ont été intégrées au « Registre unifié des personnes morales » de la Fédération de Russie, à commencer par les riches exploitations minières et sidérurgiques du Donbass. On rapporte aussi que des portraits de Vladimir Poutine et Ramzan Kadyrov orneraient désormais les murs de l’aciérie Illitch de Marioupol.
Cette spoliation s’applique également aux logements des civils ukrainiens, comme l’a rappelé encore récemment la loi signée par Vladimir Poutine le 15 décembre 2025, censée donner un cadre légal aux expropriations des biens immobiliers des territoires occupés 5. Le texte autorise les administrations d’occupation à transférer aux autorités régionales ou municipales les propriétés réputées « sans propriétaire », en se gardant bien de définir précisément les critères correspondants 6.
Le système d’expropriation comprend donc les étapes suivantes : tout d’abord, les bombardements ou l’avancée de l’armée russe contraignent un certain nombre d’habitants à fuir ; puis, ces civils sont soumis à un processus de contrôle côté russe, volontiers assorti d’une interdiction de pénétrer le territoire de la Fédération de Russie, où sont justement restés leur maison ou leur appartement ; enfin, le logement en question est déclaré « sans propriétaire » par les autorités d’occupation et racheté par une famille russe, dans des conditions d’autant plus favorables s’il a subi des destructions que Moscou promet de compenser.
Ces spoliations s’inscrivent dans une logique de russification économique des territoires occupés, qui s’accompagne d’une imposition du système russe de régulation des activités économiques et des rapports de propriété. Les habitants de ces territoires opèrent désormais dans le cadre juridique de la Fédération de Russie, paient des impôts en Russie et réalisent leurs opérations financières en roubles par l’intermédiaire de banques russes 7. La russification économique est donc l’un des principaux moteurs de la russification civique des populations.
L’État russe ne se contente pas de planter un drapeau sur chaque langue de terre conquise ; il la remodèle et impose à l’ensemble des habitants un nouveau mode de vie.
L’imposition de la citoyenneté russe
On a pu parler de « passeportisation » pour désigner l’attribution automatique de la citoyenneté russe aux résidents d’un territoire donné — c’est le cas de la Crimée — ou, dans les autres territoires occupés, la création d’obligations qui forcent les habitants à demander la citoyenneté dans le cadre des procédures accélérées mises en place par la Fédération de Russie 8.
Très concrètement, l’absence de passeport russe empêche d’inscrire un enfant à l’école ou d’accéder à des soins médicaux. Il faut, de même, pouvoir attester de sa citoyenneté russe pour ouvrir un compte dans une banque russe et conserver son entreprise en la réenregistrant dans le cadre du droit russe. Enfin, le passeport russe est nécessaire pour tous les agents de l’administration : la citoyenneté est un prérequis pour tous les emplois publics dans la Fédération de Russie.
Entre 2014 et 2017, on estime ainsi que la Russie aurait émis 2 283 000 passeports en Crimée. Selon le ministère de l’Intérieur russe, plus de 3 millions de passeports russes ont déjà été distribués dans les territoires occupés en septembre 2023. Cette politique de « passeportisation » rappelle que la guerre en Ukraine présente aussi, pour une Russie à la démographie en berne et toujours plus hostile à l’immigration, un enjeu d’élargissement de sa masse civique — dont aucune activité « civique » n’est d’ailleurs attendue, sinon le service sous les drapeaux.
Pour ces « nouveaux citoyens » de la Fédération de Russie, l’imposition de ce passeport signifie tout autre chose qu’un renoncement à un livret bleu orné d’un trident, troqué pour un autre livret rouge décoré d’une aigle bicéphale. Dans un monde où un certain nombre de sanctions et restrictions internationales frappent les détenteurs de passeports russes, cette politique s’accompagne d’entraves bien réelles aux déplacements et aux activités économiques. Elle crée aussi un vide juridique à l’international et des difficultés d’accès aux services administratifs et sociaux ukrainiens, comme elle assujettit les porteurs de passeports au droit pénal et service militaire russes — ce qui explique du même coup que les habitants des Républiques populaires de Louhansk et de Donetsk aient été massivement mobilisés dès les premiers jours du conflit et continuent de l’être.
Purge et remplacement des notables
L’imposition du cadre d’existence russe ne serait pas complète sans un remplacement des responsables juridiques et administratifs des territoires occupés. Conformément à une série de lois signées par Vladimir Poutine au mois d’avril 2023, la Cour suprême de la Fédération de Russie a annoncé en septembre 2023 l’extension du système juridique national aux territoires occupés de Donetsk, Louhansk, Zaporijia et Kherson. À la fin de l’année, 436 nouveaux juges, venus en grande majorité de la Fédération de Russie, avaient été nommés dans ces régions.
Les tribunaux d’occupation se sont surtout illustrés par leur condamnation de civils pour « trahison », « sabotage » ou « espionnage » au profit de l’Ukraine, assortie de peines exécutées dans des colonies pénitentiaires en territoire russe 9. En parallèle, les autorités d’occupation s’attachent à russifier les cadres politiques en remplaçant les responsables des administrations régionales et locales par des fonctionnaires venus de la Fédération de Russie ou des locaux prêts à collaborer avec les forces d’occupation — le tout sous contrôle étroit du FSB 10 et de l’armée. Les territoires occupés servent parfois de marchepied de carrière à des technocrates russes, comme dans le cas d’Anton Koltsov, diplômé de l’Académie russe de l’économie nationale et du service public en 2010, haut fonctionnaire régional dans l’oblast de Vologda entre 2016 et 2022, puis nommé chef du gouvernement de l’administration militaro-civile de l’oblast de Zaporijia en juillet 2022.
Pour obtenir la coopération des figures locales ou les forcer à céder leur place à de nouveaux-venus, aucun moyen n’est épargné : lorsque les promesses de promotion n’y suffisent pas, l’occupant procède volontiers par intimidation, voire enlèvement. C’est ainsi qu’Oleksandr Babytch, maire de Hola Prystan dans l’oblast de Kherson, a disparu le 28 mars 2022 pour avoir refusé de collaborer et poursuivi l’organisation de diverses actions pro-ukrainiennes. Ses anciens administrés n’ont eu aucune nouvelle de lui pendant quatre ans, avant d’apprendre en février 2026 qu’il était incarcéré dans un centre de détention de Taganrog sans base juridiquement valable 11.
Dans les dizaines de cas analogues, les figures locales ont été remplacées tantôt par d’autres locaux plus dociles, tantôt par des citoyens russes : c’est ainsi qu’un ouvrier russe de Smolensk s’est retrouvé maire d’Enerhodar, dans l’oblast de Zaporijia, après l’arrestation de son prédécesseur, coupable d’avoir soutenu une manifestation contre l’occupation.
Machine à produire des morts, des disparus et des familles désespérant de savoir ce qu’il est advenu de leurs proches, la « filtration » constitue un maillon essentiel du régime de terreur russe.
Tel est bien le sens profond d’une occupation : des habitants d’un territoire se font voler leur monde par un État prédateur qui l’offre sur un plateau d’argent à ses propres citoyens. On comprend mieux, dans ces conditions, la déclaration d’une passante interrogée en Crimée en 2018 : « J’y ai tout gagné. Moi, je viens de l’oblast de Saratov, je ne suis pas une locale, vous comprenez ? J’ai comme l’impression qu’on m’a offert la Crimée en cadeau 12 ! »
Le 23 octobre 2023, à Donetsk, ville située dans l’oblast ukrainien du même nom occupé par la Russie, une femme passe devant une banderole faisant la promotion du parti libéral-démocrate de Russie Dmitry (© Yagodkin/TASS/Sipa USA)
Le 17 février 2026 à Donetsk, dans l’oblast ukrainien du même nom occupé par la Russie, un rallye automobile a lieu sur l’autoroute Yasinovatskoye pour marquer le deuxième anniversaire de la prise d’Avdeyevka par les troupes russes (© Dmitry Yagodkin/TASS via ZUMA Press)
Fin de la première partie