La voix de l'opposition russe et de la résistance ukrainienne

Russie

Un cinquième prisonnier politique a été retrouvé mort dans une prison russe depuis le début du printemps

Vladimir Yarotsky

7 mai 2026

Le corps de Vladimir Yarotsky, prisonnier politique opposé à la guerre en Ukraine, a été retrouvé dans la colonie pénitentiaire n° 9 de Khadyzhensk, dans le kraï de Krasnodar, dans la nuit du 7 mai, rapporte Politzek-Info.

Selon le site, la mort officielle de cet habitant de Krasnodar âgé de 41 ans serait un suicide. Un autre prisonnier politique, Alexander Nozdrinov, également incarcéré à la colonie pénitentiaire n° 9, s’est exprimé sur le décès de Yarotsky, d’après SotaVision. Il a déclaré qu’avant sa mort, Yarotsky se plaignait de pressions de la part de l’administration : il était contraint de travailler de nuit, malgré des problèmes de santé. Et chaque fois qu’il demandait un assouplissement de ses conditions de travail, ces pressions s’intensifiaient.

Le décès de Yarotsky porte à au moins cinq le nombre de morts de prisonniers politiques dans les colonies pénitentiaires russes depuis le printemps 2026, et à sept le nombre de morts de ce type depuis le début de l’année. Fin avril, on a appris la  mort d’Oleg Tyryshkin, 64 ans, ancien chef de la branche de Kemerovo du Front civil uni. Il avait été condamné pour « apologie du terrorisme » suite à un commentaire sur VKontakte concernant la mort d’Akhmat Kadyrov. Fin mars, Vladimir Osipov, condamné pour des publications pacifistes, est décédé en détention provisoire. Le 8 avril, l’artiste Andrei Akuzin, 53 ans, arrêté pour un commentaire en ligne, s’est suicidé dans un centre de détention de Komsomolsk-sur-l’Amour.

Le 17 avril, on apprenait la mort en prison du prédicateur végan Christolyub Bogiy, âgé de 43 ans, condamné pour « outrage aux sentiments des croyants » et « apologie du nazisme ». Des militants des droits de l’homme ont souligné que d’autres cas similaires pourraient survenir, car les informations concernant la mort, par exemple, d’Ukrainiens détenus en captivité n’émergent que plusieurs mois, voire des années plus tard.

En janvier 2024, Yarotsky a été condamné à un an et demi de prison pour profanation en ligne d’un symbole de gloire militaire (article 354.1, alinéa 4, du Code pénal russe) pour avoir publié un portrait du président Vladimir Poutine représentant un pénis orné d’un ruban de Saint-Georges. En 2025, il a été condamné à cinq ans et demi de prison pour diffusion présumée de fausses informations concernant l’armée (article 207.3, alinéa 2, du Code pénal russe). Par ailleurs, en août 2024, il a été condamné à une amende de 350 000 roubles pour incitation au terrorisme, suite à une publication suggérant que l’assassinat de Poutine mettrait fin à la guerre en Ukraine.

Le Memorial Human Rights Center  a reconnu  le résident de Krasnodar comme prisonnier politique.

https://ru.themoscowtimes.com/2026/05/07/v-rossiiskoi-tyurme-nashli-mertvim-pyatogo-s-nachala-vesni-politzaklyuchennogo-a194819