19 mai 2026
La Russie a besoin d’une fin rapide à la guerre en Ukraine, car son économie ne peut supporter un conflit prolongé, a déclaré Renat Suleimanov, député de la Douma d’État et membre du Parti communiste de la Fédération de Russie.
« Officiellement, 40 % du budget fédéral sont consacrés à la défense et à la sécurité. De quel développement, investissement ou dépense d’équipement peut-on parler ? Ni les chars ni les obus n’ont de valeur marchande : l’économie les produit, mais la population ne peut pas les consommer. Ce sont des dépenses pures et simples », a affirmé M. Suleimanov dans une interview accordée au journal Continent Siberia.
Selon lui, les dépenses militaires importantes créent des emplois, mais entraînent simultanément une hausse de l’inflation et une réduction des dépenses sociales et d’investissement. Le député a également souligné que même après la fin de la guerre, des dépenses colossales seront nécessaires pour reconstruire les territoires occupés, ainsi que pour soutenir et réintégrer les personnes revenant du front. « Cette opération spéciale dure déjà depuis plus longtemps que la Grande Guerre patriotique. Si Dieu le veut, elle aboutira à une victoire, et non à un simple résultat provisoire », a conclu Suleimanov.
D’après le budget fédéral 2026, les dépenses militaires s’élèveront à 12 930 milliards de roubles, et celles consacrées à la sécurité et au maintien de l’ordre à 16 840 milliards de roubles. Les forces de sécurité recevront ainsi 38 % du budget, contre 24 % en 2021, avant la guerre. Parallèlement, la part des dépenses sociales diminuera, passant de 38,1 % en 2021 à 25,1 % cette année.
De janvier à avril, le déficit budgétaire a atteint 5 880 milliards de roubles, soit 2,5 % du PIB, près de 3 000 milliards de roubles de plus que l’année précédente. Le plan annuel prévoit un déficit de 3 790 milliards de roubles, soit 1,6 % du PIB. Parallèlement, l’économie russe a commencé à se contracter au premier trimestre pour la première fois depuis 2023 : le PIB a diminué de 0,2 % en glissement annuel et le recul des industries non liées aux ressources naturelles a atteint 0,7 %.
En mai, le gouvernement a abaissé ses prévisions de croissance économique pour l’année en cours à 0,4 %. Ce chiffre est trois fois inférieur aux prévisions initiales des autorités, 2,5 fois inférieur au taux de croissance prévu pour 2025 et dix fois inférieur au taux de croissance économique de la période 2023-2024. Dans le scénario « conservateur » du ministère du Développement économique, qui repose sur un retour des prix du pétrole à 50 dollars le baril, l’économie terminera l’année avec une contraction de 0,5 %, la première depuis 2022.