24 juin 2026
Selon deux sources proches de la présidence citées par Meduza, les services de sécurité pressent Vladimir Poutine de reporter les élections à la Douma d’État en raison des difficultés économiques, de la baisse de popularité du parti Russie unie et de la multiplication des frappes de drones.
D’après ces sources, cette décision fait l’objet de pressions de la part du FSB et du chef de la Garde nationale russe, Viktor Zolotov, ami et ancien garde du corps de Poutine. L’une des sources a précisé que « les discussions autour d’un report, voire d’une annulation à court terme », ont débuté dès le printemps 2026.
« Nous commençons à rencontrer des difficultés budgétaires, les prix continuent d’augmenter, et les entreprises procèdent à des réductions d’effectifs et à des licenciements. Il est clair que la situation ne fait qu’empirer, ce qui a toujours un impact négatif sur la popularité du gouvernement. Malgré tous les contrôles, organiser des élections dans ces conditions est une entreprise périlleuse », a expliqué une source de Meduza. Cette source a souligné que les forces de sécurité appliquent la règle du « pas d’homme, pas de problème » et qu’elles ont déjà eu recours à cette méthode pour bloquer Internet. Par ailleurs, les discussions concernant un report des élections à la Douma n’en sont qu’à leurs balbutiements. « Il n’y a aucun document officiel sur le bureau du président, et il n’y en aura peut-être jamais », a précisé la source. Elle a ajouté que ces discussions se sont « considérablement intensifiées » depuis les attaques de drones ukrainiens sur Moscou.
Le vice-président du Conseil de sécurité, Dmitri Medvedev, et le bloc politique de l’administration présidentielle, dirigé par Sergueï Kirienko, s’opposent à l’annulation et au report des élections, selon des sources de Meduza. Ces mêmes sources indiquent que pour Kirienko, il s’agit d’un « tournant décisif, l’occasion de prouver son utilité », tandis que pour Medvedev, ces élections représentent une opportunité de consolider « une position forte et influente en tant que président de la Douma d’État ».
Selon une source de la publication, Poutine lui-même est favorable à la tenue d’élections. « Premièrement, l’Ukraine n’organise pas d’élections, contrairement à nous. C’est un enjeu politique majeur. Deuxièmement, annuler les élections reviendrait à admettre que les plans ont été perturbés et que la situation est urgente. Mais pour l’instant, nous mettons tout en œuvre pour montrer que tout va bien », a expliqué la source.
Une façon de reporter les élections est de déclarer l’état d’urgence ou la loi martiale, mesures qui peuvent être imposées localement. Selon la « Loi sur les garanties fondamentales des droits électoraux », dans une telle situation, le parlement en place continuera de siéger jusqu’à la levée des restrictions, explique Andrei Buzin, expert en droit électoral.
La Commission électorale centrale avait annoncé que les élections à la Douma d’État se tiendraient du 18 au 20 septembre. Poutine a signé le décret correspondant. Une source proche de la présidence a déclaré à Meduza que le scrutin se déroulerait « dans le scénario de base » et serait « une réussite pour les fonctionnaires ». « Il est plus difficile d’annuler ou de reporter le scrutin une fois la date fixée », a-t-elle conclu.