La voix de l'opposition russe et de la résistance ukrainienne

Russie, Ukraine

Ce n’est pas une stratégie, mais un accès de folie

Homme préhistorique armé d’une massue nucléaire, dessin de A.Petrenko.

Télégram « Opinion interdite » : Ce n’est pas par conviction, mais par impuissance qu’on commence à avancer la main vers le bouton nucléaire

Mise à jour : 28/06/2026

« Les “faucons” russes ne proposent pas à Poutine une victoire, mais un saut suicidaire dans les égouts de l’histoire. »

Les « faucons » russes pro-guerre exigent à nouveau de Poutine qu’il cesse de parler de diplomatie et passe à une escalade majeure.

Leur logique est à la fois simple et monstrueuse : puisque l’Ukraine frappe de plus en plus souvent les arrières russes, les raffineries, les aérodromes, Moscou, Saint-Pétersbourg et la Crimée, il ne faut pas chercher une issue à la guerre, mais mettre le feu à un étage encore plus haut de l’édifice dans lequel ils se trouvent eux-mêmes.

On ressort une fois de plus les recettes habituelles de la folie impériale de fin de règne : nouvelle mobilisation, frappes contre l’Europe, rupture ostentatoire des négociations et, bien sûr, le jouet préféré de ceux qui n’assument jamais les conséquences de leurs propres paroles : les armes nucléaires tactiques.

Ce n’est plus une stratégie, mais un accès de folie.

Une frappe nucléaire contre l’Ukraine ne sera pas le « point d’orgue » de la guerre.

Elle marquera le début d’une catastrophe pour la Russie elle-même.

Tout d’abord, cela transformera instantanément la Russie d’agresseur en paria nucléaire mondial.

Même les pays qui, aujourd’hui, entretiennent prudemment des relations commerciales avec Moscou, font semblant de croire que « tout n’est pas si simple » et utilisent la Russie comme un entrepôt de matières premières bon marché, se retrouveront face à une réalité tout autre : non pas un partenaire toxique, mais un maniaque nucléaire imprévisible.

La Chine n’aime pas les faibles.

Et elle n’aime encore moins ceux qui sont capables de paralyser le commerce mondial, les marchés, la logistique et ses propres plans stratégiques au nom d’une crise de nerfs dans un bunker.

L’Inde ne mourra pas pour les fantasmes de Poutine.

Le Sud global ne cédera pas au chantage radioactif au profit d’un empire vieillissant qui n’a pas réussi à vaincre avec une armée conventionnelle.

Deuxièmement, une frappe nucléaire ne sauvera pas le front.

Elle ne « réduira pas à néant » l’État ukrainien, ne redonnera pas à la Fédération de Russie le contrôle de l’espace aérien, ne reconstruira pas les raffineries en feu, ne résoudra pas le problème des drones et ne rendra pas l’armée d’occupation russe plus efficace.

En revanche, elle portera presque à coup sûr le soutien à l’Ukraine à un tout autre niveau.

Ce dont on discute aujourd’hui avec des réserves commencera à être fourni sans les craintes d’autrefois.

Ce qui est actuellement considéré comme une « escalade » deviendra une mesure de dissuasion inévitable face à un régime qui a franchi la ligne rouge.

Troisièmement, les conséquences au sein de la Fédération de Russie seront monstrueuses.

Les marchés s’effondreront non pas « comme après une mobilisation », mais comme après l’annonce d’une condamnation prononcée à l’encontre du pays.

Le rouble subira un coup qu’il sera désormais impossible de soigner par des incantations télévisées.

Les banques, la logistique, les assurances, les exportations, les importations, les chaînes technologiques : tout s’effondrera plus vite que la propagande n’aura le temps d’inventer une novlangue pour qualifier cette catastrophe.

La Fédération de Russie se transformera définitivement en une caserne nucléaire assiégée : avec des frontières fermées, une censure totale, la mobilisation, la chasse aux « traîtres », la pénurie, la fuite des élites et la peur dans chaque bureau.

Quatrièmement, une frappe nucléaire mettra fin même à cette misérable légende dont le Kremlin tente encore de nourrir ses partisans.

Tant que la propagande ment au sujet de la « défense », de la « dénazification », des « négociations de paix » et de la « réponse aux menaces ».

Après une frappe nucléaire, il ne restera qu’une seule image : celle d’un pays qui n’a pas réussi à atteindre ses objectifs par une guerre conventionnelle et qui a décidé de punir le monde par un chantage radioactif.

Ni grande puissance, ni civilisation particulière.

Mais un régime qui en est arrivé au stade où « si nous perdons, que tout parte en fumée ».

C’est précisément pour cette raison que les appels des « faucons » ne sont pas une démonstration de force, mais un aveu de défaite.

Lorsqu’un État dispose d’une armée, d’une économie, d’une diplomatie et d’une stratégie claire, il n’a pas besoin de fantasmes quotidiens sur l’apocalypse nucléaire.

On commence à tendre la main vers le bouton nucléaire non pas par confiance, mais par impuissance.

Les « faucons » russes ne proposent pas à Poutine une victoire, mais un saut suicidaire dans les égouts de l’histoire.

Ils veulent résoudre le problème de la guerre d’une manière qui ne rendra pas la Fédération de Russie plus forte, mais la condamnera définitivement, l’isolera et la rendra dangereuse avant tout pour ses propres citoyens.

Car après une telle décision, la question ne sera plus de savoir où se trouve la ligne de front.

Mais combien de temps encore survivra ce pays dont l’élite a décidé de transformer sa propre défaite en cendres radioactives ?

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