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Lettonie, Russie

Les Russes noirs ont revendiqué l’incident survenu à la frontière lettone

Frontière lettone-biélorusse.

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14 octobre 2026

Un groupe peu connu appelé les « Russes noirs » a revendiqué la responsabilité d’un incident survenu à la frontière lettone-biélorusse, au cours duquel des hommes armés et masqués ont menacé des militaires lettons avant d’infiltrer le pays et d’endommager les infrastructures frontalières, rapporte la chaîne de télévision publique lettone LSM.

Dans la nuit du 5 au 6 octobre, des hommes armés, côté biélorusse, ont escorté un groupe de 20 migrants qui tentaient de franchir illégalement la frontière. Ils ont menacé des militaires lettons qui leur barraient le passage. Ces hommes, non identifiés, sont ensuite entrés en Lettonie, ont endommagé un tableau électrique, volé des caméras de vidéosurveillance et sont retournés en territoire biélorusse.

Le communiqué du groupe a été diffusé sur une chaîne Telegram. Dans la vidéo, un homme au visage masqué et à la voix déguisée, se présentant comme Neman, affirme que trois membres de la Russie noire ont franchi la frontière dans la région de Krāslava et se sont affrontés avec des troupes lettones.

« Ce n’était qu’un test pour les Lettons, et ils ont échoué. Vous verrez bientôt quelque chose de similaire sur d’autres portions de notre frontière », a déclaré le porte-parole du groupe, menaçant de nouveaux actes de sabotage.

Les services secrets lettons ont ouvert une enquête criminelle.

Le 9 octobre, le Service de sécurité d’État letton (VDD) a ouvert une enquête criminelle concernant la création d’une organisation criminelle ayant pour objectif de commettre des crimes particulièrement graves contre la paix, la Lettonie et l’Ukraine. L’agence enquête sur les activités du groupe « Les Russes noirs » (Melnie rusi), mais ne divulgue pas encore les détails de l’enquête.

Le ministre letton de la Défense, Raivis Melnis, a déclaré que les agissements d’individus armés à la frontière témoignent d’une activité criminelle organisée du côté biélorusse. Il a également soutenu la proposition d’étendre l’usage d’armes non létales contre les contrevenants.

Les experts soupçonnent l’implication des services de renseignement.

Le directeur du Centre d’excellence de l’OTAN pour la communication stratégique, Janis Sarts, estime que le groupe indépendant « Black Rus » n’existe pas et que ses activités publiques sont une opération d’information menée par les services de renseignement russes et biélorusses.

Selon Sarts, une telle structure permet aux autorités biélorusses de nier toute implication dans ce qui se passe à la frontière, note LSM.

Le journaliste militaire biélorusse Dmitry Halko, qui vit en Pologne, suggère lui aussi que le groupe a été créé pour dissimuler des opérations de sabotage.

« Ce sont toujours les mêmes « petits hommes verts », mais à un tout autre niveau. Ils ont troqué le vert contre le noir », a déclaré Halko.

L’expression « petits hommes verts » désignait les soldats russes sans insigne qui ont participé à l’annexion de la Crimée en 2014. La Russie a d’abord nié que ces hommes armés appartenaient à ses forces.