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Brésil

Discours de Luiz Inácio Lula da Silva au peuple du Brésil

Lien vers l’article – discours retranscrit par le site Grand Continent

27 octobre 2026

Avec 51,8 % des voix contre 48,2 % pour Flávio Bolsonaro, Luiz Inácio Lula da Silva décroche un quatrième mandat à la tête du Brésil, à l’âge de 80 ans. Voici son discours au peuple travailleur du Brésil

Heureux le président qui peut compter sur un vice-président présentant les garanties de qualité, de probité dans son comportement et de loyauté que je trouve chez Alckmin.

Aujourd’hui, mon intervention devant la presse est une intervention de remerciement. Nous avons enregistré le plus faible nombre d’abstentions de l’histoire de ce pays. Nous avons enregistré le plus faible nombre de votes nuls de ce pays. Et je dois remercier les personnes qui ont dirigé notre campagne ainsi que les partis qui y ont participé à nos côtés.

Je veux remercier les personnes âgées. J’ai vu aujourd’hui de nombreuses scènes de personnes portées par leurs petits-enfants pour aller voter ; des personnes ayant des difficultés à se déplacer, des personnes atteintes d’un cancer ou d’autres maladies.

Et ces personnes sont allées voter parce que nous avons réussi à les convaincre que leur vote était très important pour garantir la démocratie de notre pays.

Je veux remercier la société dans son ensemble.

Ce qui a gagné, en réalité, c’est ce que nous savions devoir faire triompher : la lutte contre l’ingérence venue de l’extérieur vers l’intérieur, à travers les plateformes numériques.

Il n’est pas possible que nous ne prenions pas conscience du fait que la criminalité dans le monde numérique doit être traitée de la même manière que la criminalité dans la vie réelle.

Nous ne pouvons pas accepter que des entreprises gigantesques gagnent des milliards et des milliards, sans payer le moindre impôt dans ce pays, tout en essayant d’orienter le résultat électoral.

Cette élection a été une défaite du négationnisme. Elle a été une défaite du mensonge.

Et je vous avoue que, chaque fois que je participais à un débat, je me sentais embarrassé, parce que j’ai déjà débattu avec beaucoup de gens, j’ai déjà participé à de nombreuses élections, je rencontre chaque année les membres du G20, des BRICS, du G7, je rencontre chaque année les principaux présidents du monde, nous discutons des grandes questions internationales, mais je n’aurais jamais pensé me retrouver face à un véritable représentant du pouvoir des milices dans ce pays.

Jamais je ne l’aurais imaginé. Je n’aurais jamais imaginé qu’une personne puisse mentir autant, faire preuve d’autant d’effronterie, comme si elle ne possédait pas en elle la moindre parcelle d’humanisme.

Tout semble faux.

Je dis cela parce que ce que j’ai vu lors de ce tour, pendant ces élections, dans tous les États brésiliens, mais surtout ce que j’ai vu hier sur l’avenue Paulista, est quelque chose d’incroyable.

Nous n’avions jamais vu cela, non seulement par le nombre de personnes présentes, mais aussi par leur enthousiasme.

J’ai été très ému, j’ai eu envie de demander que l’on chante l’hymne de l’indépendance.

Je suis resté bouche bée en voyant l’enthousiasme des personnes qui chantaient : “Ou la patrie reste libre, ou nous mourrons pour le Brésil”, dans une démonstration que ce pays n’accepte d’être l’arrière-cour de personne.

Comme le dirait mon chanteur préféré, Chico Buarque de Hollanda, il aimait notre gouvernement parce que notre gouvernement ne parlait pas durement à la Bolivie tout en parlant doucement aux États-Unis.

Nous parlions de la même manière à tout le monde.

Je veux remercier ce camarade qui se trouve ici, Janones. Je t’embrasse, général.

Il a joué un rôle extraordinaire dans cette campagne pour remonter quotidiennement, matin, après-midi et soir, le moral de nos troupes.

Ces élections m’ont appris beaucoup de leçons.

Je peux vous garantir que nous allons changer notre manière de gouverner ce pays.

Nous allons faire en sorte que le peuple participe davantage à nos décisions, et la communication numérique prendra une place très importante dans mon gouvernement.

J’ai déjà reçu un téléphone portable de mon commandant Rafael, gouverneur du Piauí, et j’apprends déjà à communiquer.

Et vous pouvez être certains que, désormais, je parlerai beaucoup avec le peuple brésilien, plusieurs fois par jour, directement.

Je ne permettrai pas que mes propos soient interprétés par des journalistes : je dirai moi-même ce que je pense et ce que je fais.

Lors de ces élections, l’une des choses qui m’ont le plus motivé a été notre volonté d’empêcher ces gens de gagner pour privatiser notre SUS.

Une fois encore, je veux vous dire que, dès lors que nous gagnons les élections, nous n’avons plus d’adversaires.

Je dois gouverner pour 215 millions de personnes.

Je dois gouverner pour tous les citoyens, mais, au cours de mon prochain mandat, je prendrai très au sérieux la politique de prise en charge de nos chères personnes âgées, qui sont à l’origine de notre existence. »

« Les femmes seront traitées avec beaucoup plus de respect.

Toutes les religions seront respectées sur un pied d’égalité.

Je n’ai de préférence pour aucune religion ; ma préférence va au respect de la foi du peuple brésilien, en garantissant une pleine liberté religieuse afin que chacun puisse pratiquer sa foi librement dans un État laïque.

Je veux vous dire que je vais continuer à mener la révolution de l’éducation brésilienne.

Nous devons enseigner davantage de mathématiques, davantage d’ingénierie, parce que je ne veux pas rester dépendant de l’intelligence artificielle chinoise ou américaine : je veux créer une intelligence artificielle brésilienne.

Nous devons exploiter le potentiel énergétique d’un pays qui est peut-être celui qui possède la plus grande capacité de production d’énergie renouvelable, afin d’attirer ici les centres de données nécessaires pour stocker nos données au Brésil.

Nous devrons réserver une partie de ces centres de données aux informations brésiliennes.

Nous voulons faire de ce pays un pays qui cesse d’être en développement pour devenir un pays développé.

Il faudra investir massivement dans l’économie numérique, l’économie verte et l’économie créative.

Nous voulons être un pays central dans les décisions politiques, économiques et dans les décisions en faveur de la paix.

Nous allons montrer au monde comment mener une politique climatique dans ce pays.

Cette année, c’est la première fois que nous parvenons à réduire la déforestation pendant quatre années consécutives.

C’est pourquoi je veux remercier notre camarade Marina et notre camarade Capobianco, qui ont accompli un travail extraordinaire.

Et nous allons continuer à mener une révolution dans le domaine de la santé.

Je suis convaincu que, très bientôt, le Brésil sera le pays du monde qui affichera le plus fort pourcentage de prise en charge des cancers.

Nous avons notre chère camarade Ludhmila qui s’occupe de notre hôpital intelligent, financé par notre camarade Dilma Rousseff, présidente des BRICS, en collaboration avec l’Université de São Paulo.

Et nous disposerons de quinze unités de soins intensifs intelligentes dans ce pays, afin d’éviter que des personnes meurent faute de traitement ou faute de temps. »

Ce pays est prêt à être construit.

Ce pays possède une Constitution.

Personne n’est obligé d’aimer le président élu, mais celui-ci a été élu pour gouverner pour tous, dans le respect de la Constitution.

Je ne suis pas d’accord lorsque certains disent : “Lula aura beaucoup de difficultés à gouverner parce que le Congrès est plus conservateur.”

Ce n’est pas moi qui ai choisi le Congrès, c’est le peuple qui l’a choisi, et c’est avec lui que je vais travailler et faire adopter les mesures nécessaires.

Je suis très fier d’être le seul ouvrier métallurgiste sans diplôme universitaire à avoir été élu démocratiquement quatre fois au pouvoir.

Dans le monde, nous avons Roosevelt, qui a été élu quatre fois, mais qui n’a pas pu terminer son mandat parce qu’il souffrait d’une maladie très grave.

Maintenant, le petit Lula va terminer ce mandat en courant plus vite que n’importe lequel d’entre vous, grâce au respect et à l’affection que j’ai reçus du peuple, surtout des femmes brésiliennes.

Je vous dois cela.

Je pense toujours que Dieu a été très généreux avec moi, parce qu’il y a tant de personnes mieux préparées, avec davantage de diplômes, qui ont étudié plus que moi.

J’ai été choisi par Dieu, j’ai toujours le sentiment que le doigt de Dieu repose sur ma tête.

Je veux remercier Dieu et vous tous pour la force que vous m’avez donnée.

Il est important de savoir que je n’ai jamais gagné une élection au premier tour, mais que je n’en ai jamais perdu aucune au second tour.

J’ai deux mois devant moi pour discuter du gouvernement.

Je veux rencontrer des entrepreneurs, des éducateurs, des scientifiques, des femmes…

Je vais aussi rencontrer les Corinthians, parce que les Corinthians ont encore perdu, mon vieux ! Mais où allons-nous comme ça ?

J’ai 80 ans et j’aurai 81 ans après-demain, le 27.

Je veux prendre un engagement : je vais accomplir le meilleur mandat qu’un président ait jamais réalisé dans l’histoire de ce pays.

Je consacrerai vingt-quatre heures par jour à faire de ce pays celui dont tout le monde rêve.

Le gouvernement fédéral n’a jamais eu de responsabilité en matière de sécurité publique parce que la Constitution de 1988 a transféré toute cette responsabilité aux États, mais il est désormais prouvé que les États ne parviennent pas à faire face à la situation.

Nous allons maintenant intervenir pour redonner aux travailleurs la tranquillité dont ils ont besoin.

Au peuple travailleur, nous apporterons la protection. Aux criminels, nous réserverons la prison.

Je vous embrasse tous !

Je vais maintenant me rendre sur l’avenue Paulista.

Et je veux profiter de la présence de mon général ici pour dire ceci : je doute que la Russie, la Chine ou les États-Unis disposent d’une armée aussi victorieuse que l’armée de la démocratie de ce pays.

Je salue les soldats et les soldates de notre armée !