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États-Unis, Russie

Trump commence à se désintéresser d’un règlement pacifique en Ukraine

Date: 20 février 2026

Les fameuses 24 heures durant lesquelles Donald Trump avait promis de mettre fin à la guerre en Ukraine se sont finalement étirées sur près de 400 jours. Durant ses 13 mois à la Maison-Blanche, le président a certes réussi à organiser plusieurs rencontres entre des représentants ukrainiens et russes.

Mais même les trois dernières séries de négociations tenues cette année (deux à Abou Dhabi et une à Genève cette semaine) n’ont pas permis aux belligérants de se rapprocher d’un accord de paix. Trump s’intéresse désormais davantage à l’accord sur le nucléaire iranien et à la reconstruction de Gaza, ont confié des responsables américains au Wall Street Journal.

D’après ces sources, Trump ne fait pression ni sur Vladimir Poutine ni sur Volodymyr Zelensky pour qu’ils acceptent un accord. Il a pourtant critiqué à plusieurs reprises l’Ukraine, voire l’a accusée d’intransigeance, et a imposé des sanctions pétrolières à la Russie à l’automne, contraint l’Inde à réduire ses achats de pétrole brut et lancé une opération de traque des pétroliers appartenant à la flotte clandestine. Mais aujourd’hui, selon des sources du Wall Street Journal, l’administration Trump se désintéresse progressivement du processus de paix en Ukraine, préférant se concentrer sur d’autres enjeux géopolitiques.

L’intérêt principal de Trump se porte actuellement sur l’Iran. Afin de contraindre ce pays à abandonner l’enrichissement d’uranium, voire à démanteler son programme de missiles balistiques, Trump a constitué la plus importante force aérienne du Moyen-Orient depuis 2003, année où les États-Unis se préparaient à envahir l’Irak. Une frappe contre l’Iran (si elle réussissait) pourrait permettre à Trump de revendiquer une victoire auprès des électeurs avant les élections de mi-mandat américaines de novembre.

La cote de popularité de Trump est au plus bas : les Américains sont mécontents de la hausse du coût de la vie, de la situation économique et même, de plus en plus, des politiques anti-immigration de son administration. Zelensky avait précédemment déclaré que la Maison-Blanche souhaitait conclure un accord sur l’Ukraine d’ici l’été afin d’avoir un résultat concret à présenter lors des élections.

Mais la Russie continue d’exiger des mesures maximalistes, notamment la reddition totale du Donbass par l’armée ukrainienne. Or, il ne s’agit là que d’une revendication tactique qui ne satisfera pas les ambitions stratégiques du Kremlin : renverser le gouvernement actuel à Kiev et placer l’Ukraine sous son influence, afin d’en faire une zone tampon entre la Russie et l’Occident, ont expliqué à Reuters les chefs de cinq services de renseignement européens.

Ils étaient pessimistes quant aux chances de parvenir à un accord de paix cette année.

La guerre devrait durer encore un à trois ans, ont déclaré de hauts responsables européens au WSJ.

D’après le Wall Street Journal, les dernières négociations sont devenues une tentative des deux parties pour éviter de déplaire à Trump. La Russie gagne du temps, cherchant à négocier avec Washington l’amélioration de ses liens économiques et un allègement des sanctions, dans un contexte marqué par la crise ukrainienne. L’envoyé spécial de Poutine, Kirill Dmitriev, a imaginé des projets d’une valeur de 14 000 milliards de dollars auxquels les États-Unis pourraient avoir accès en Russie.

Cette somme incroyable dépasse de sept fois le PIB de la Russie. Même avant la guerre, lorsque les entreprises américaines étaient activement présentes en Russie, elles n’ont jamais atteint de tels montants.

La Russie a besoin de l’aide des États-Unis pour faire pression sur l’Ukraine et la contraindre à faire des concessions, affirme le politologue Abbas Gallyamov :

Poutine ne peut se permettre de s’attirer les foudres de Trump, car l’économie russe se détériore rapidement et est fragilisée par de nouvelles sanctions. C’est pourquoi il s’emploie à jouer le rôle d’un homme prêt à trouver une solution pacifique.

Kiev, de son côté, s’efforce de démontrer sa loyauté à Trump. Les pourparlers de cette année visaient à convaincre le président américain que l’Ukraine ne représente pas un problème, a déclaré un haut responsable ukrainien au Wall Street Journal.

https://ru.themoscowtimes.com/2026/02/20/tramp-nachal-teryat-interes-k-mirnomu-uregulirovaniyu-v-ukraine-a187771