Kateryna Kyrychek
Rédactrice du fil d’actualités
28 mai 2026
Un autre mercenaire nigérian enrôlé dans l’armée russe a été tué près de Grafskoye, dans la région de Kharkiv. Il s’agissait d’Ayebusiwa Olabode Victor, un homme de 34 ans originaire d’Ilutitun, dans l’État d’Ondo.
Cette information a été communiquée par la Direction principale du renseignement.
Il est à noter que cet homme a signé un contrat avec le ministère russe de la Défense fin février 2026, soit deux semaines seulement après que le ministère nigérian des Affaires étrangères a officiellement exprimé son inquiétude quant au recrutement illégal de ses citoyens pour participer à des conflits armés étrangers.
La déclaration du ministère nigérian des Affaires étrangères fait suite à la découverte par les services de renseignement des corps de deux Nigérians ayant combattu aux côtés de la Fédération de Russie à Louhansk le 12 février. Selon le GUR, ils sont morts lors d’une tentative d’assaut des positions ukrainiennes ; ils n’ont jamais été engagés dans un échange de tirs, ils ont été éliminés par une frappe de drone.
Malgré cela, l’ambassadeur de Russie au Nigeria, Andreï Podolichev, a nié toute implication du Kremlin dans ce recrutement.
Selon le GUR, au moins 215 Nigérians ont signé un contrat avec le ministère russe de la Défense, et au moins 25 d’entre eux ont été éliminés ou sont portés disparus.
« Malgré les déclarations des diplomates russes, le nombre de mercenaires nigérians dans les rangs des forces d’occupation ne cesse d’augmenter », a ajouté le GUR.
Comment la Russie recrute des mercenaires
D’après les services de renseignement, ce stratagème a été publiquement décrit par Mikhaïl Zvinchuk, un propagandiste proche du ministère russe de la Défense, sur la chaîne de Vladimir Soloviev. Selon lui, des ressortissants de pays africains sont attirés en Russie par le biais d’offres d’emploi diffusées sur Facebook et WhatsApp. On leur achète un billet aller simple, on leur délivre un visa et on leur promet un emploi.
À son arrivée à Moscou, l’intermédiaire récupère le passeport, soi-disant pour compléter les formalités administratives. Quelques jours plus tard, il s’avère qu’il n’y a pas de place, le visa a été annulé et il n’y a pas d’argent à rembourser. La personne se retrouve face à un dilemme : l’expulsion avec des dettes, l’emprisonnement ou un contrat avec l’armée d’occupation, dont elle ne comprend souvent pas le contenu en raison de la barrière de la langue.