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Russie, Ukraine

ISW : Les déclarations russes sur les négociations et les élections en Ukraine visent probablement à saper le soutien occidental, Anna Pervak

Un immeuble résidentiel de plusieurs étages détruit par une bombe aérienne russe à Belozerske, dans l'oblast de Donetsk, en septembre 2026.

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12 octobre 2026

Le Kremlin continue de démontrer sa détermination à poursuivre la guerre, privant ainsi l’Ukraine des conditions préalables à un cessez-le-feu nécessaire à la tenue d’élections, selon un rapport de l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), basé aux États-Unis.

Les analystes suivent de près la déclaration du chef du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, qui a affirmé le 11 octobre que les troupes russes sur le champ de bataille et les armes balistiques étaient les seuls moyens de rapprocher la Russie de la victoire en Ukraine.

L’Institut pour l’étude de la guerre note que plus de 150 civils ont été tués lors de frappes russes la semaine dernière (du 4 au 11 octobre). La déclaration de Medvedev démontre que la Russie conçoit la victoire en Ukraine comme la possibilité d’infliger un maximum de dégâts à l’arrière stratégique du pays afin de le contraindre à capituler face à ses exigences.

« Les déclarations des responsables russes concernant les négociations et les élections interviennent alors que l’Ukraine enregistre d’importantes avancées sur le terrain et visent vraisemblablement à saper le soutien occidental à l’Ukraine, soutien qui a contribué aux récents succès militaires. Le Kremlin estime probablement que les forces russes peuvent reprendre l’ascendant sur le terrain après les récentes contre-offensives ukrainiennes et poursuivre la guerre si elles parviennent à persuader l’Occident de retirer son soutien à l’Ukraine », indique le rapport.

ISW rappelle que la suspension temporaire du partage de renseignements par les États-Unis en mars 2025 a permis à la Russie de progresser dans la région de Koursk, et Moscou cherche probablement à obtenir une nouvelle suspension de ce partage.

Par conséquent, selon les analystes, le Kremlin tente de perpétuer le récit mensonger selon lequel l’Ukraine serait un obstacle à la paix, en faisant porter à Kiev la responsabilité du sabotage des négociations de bonne foi, tout en insistant sur ses exigences maximalistes et en refusant tout compromis.

L’Institut d’études sur la guerre ajoute que la Russie instrumentalise délibérément l’impossibilité constitutionnelle d’organiser des élections en Ukraine, due à sa propre guerre, pour manipuler le processus de négociation et prolonger le conflit.

Le 10 octobre, le président américain Donald Trump a déclaré souhaiter la nomination d’un nouveau président en Ukraine. Selon lui, Volodymyr Zelensky n’en fait pas assez pour mettre fin à la guerre avec la Russie.

La déclaration de Trump est intervenue après sa conversation avec le président russe Vladimir Poutine, à l’issue de laquelle il a annoncé un accord entre les États-Unis et la Russie pour la fourniture de millions de tonnes de diesel russe aux marchés américain et mondial.

Réagissant à la déclaration du président américain, Volodymyr Zelensky a déclaré : « Avec tout le respect que je dois au président Trump, c’est à notre société, à notre peuple, de décider. » Il a souligné qu’organiser des élections actuellement est difficile, non seulement parce que cela contrevient à la législation ukrainienne, mais aussi parce qu’il est nécessaire de « garantir la sécurité et de donner aux citoyens la possibilité de voter ».

Comme l’a souligné Zelensky, l’Ukraine est prête à organiser des élections si la Russie accepte un cessez-le-feu complet de 60 jours.

La Russie a ignoré cette déclaration concernant le cessez-le-feu de 60 jours, mais a affirmé que Trump avait évoqué la nécessité d’un changement de gouvernement en Ukraine car le président ukrainien Volodymyr Zelensky devait prendre des « décisions très responsables et très difficiles » pour mettre fin à la guerre.

Les États-Unis, et en particulier le président Donald Trump, ont soulevé à plusieurs reprises la question de la nécessité d’organiser des élections en Ukraine.

Le président russe Vladimir Poutine et des responsables russes affirment que le président Zelensky serait illégitime car il n’y a pas eu d’élections présidentielles en Ukraine en 2024.

Kiev souligne que la sécurité demeure une condition essentielle à la tenue d’élections en Ukraine, pays qui subit des bombardements russes quasi quotidiens.

En avril 2026, Volodymyr Zelensky aura passé sept ans au pouvoir, sur un mandat maximal de cinq ans. Durant la période de loi martiale, décrétée en Ukraine le 24 février 2022, les élections sont interdites.