12 juillet 2026
La Russie espère maintenir sa présence en Syrie en ouvrant une plateforme logistique sur sa base navale de Tartous, rapporte Reuters , citant des responsables syriens. Selon ces derniers, Moscou et Damas se sont entendus pour utiliser l’un des deux postes d’amarrage de la base pour un centre commercial, tandis que l’autre sera réservé à la marine russe. Ce projet a été dévoilé fin janvier lors d’une rencontre entre le président russe Vladimir Poutine et le dirigeant syrien Ahmed al-Charia.
Les autorités ont précisé qu’il s’agit d’une voie commerciale régulière entre le port de Novorossiïsk, sur la mer Noire, et Tartous, pour l’acheminement de marchandises vers la Syrie et les pays du Golfe persique. La plateforme traitera une large gamme de produits russes, notamment du blé, du bois, du charbon, du riz, du sucre et de l’acier, avec une capacité mensuelle initiale de 250 000 tonnes. Son ouverture est prévue pour la mi-juillet, le premier chargement étant une cargaison de 30 000 tonnes de céréales. Le projet est mis en œuvre par la société de logistique Rus Line, et les organisateurs ont déjà conclu un accord avec le fonds souverain de la République arabe syrienne pour la gestion conjointe de la plateforme.
Comme le souligne l’agence, depuis la chute de Bachar el-Assad, Moscou s’appuie sur sa présence économique pour maintenir son influence en Syrie, malgré la réduction de son contingent militaire. Selon les données douanières, environ 85 % du blé importé par la république – soit 2,9 millions de tonnes pour la campagne 2025-2026 – provenait de Russie et de Crimée occupée. La dépendance de la Syrie au pétrole russe a également fortement augmenté : en 2025, le pays a acheté 16,8 millions de barils et, durant les premiers mois de 2026, il en importait environ 60 000 barils par jour.
Après la chute d’Assad en décembre 2024, l’avenir des installations militaires russes en Syrie était incertain. Les nouvelles autorités ont entrepris de renégocier les accords conclus sous le régime précédent, notamment en résiliant un contrat de 49 ans avec la société russe Stroytransgaz pour le développement de projets commerciaux à Tartous. En remplacement, DP World, des Émirats arabes unis, a signé un contrat de concession de 30 ans d’une valeur de 800 millions de dollars pour la reconstruction et l’exploitation du port.
La Russie a alors entamé le retrait de son matériel militaire de ses installations en Syrie, mais tente désormais d’y rétablir sa présence. En octobre 2025, il a été annoncé que les avions militaires russes avaient repris leurs vols vers la base aérienne de Khmeimim après une interruption de près de six mois.