1er juillet 2026
Les raffineries indiennes qui ont accepté de fournir de l’essence à la Russie pour aider le Kremlin à faire face à la crise du carburant devraient réaliser d’importants bénéfices.
Ces deux dernières semaines, les rabais sur le pétrole brut russe Urals dans les ports indiens ont presque doublé, passant de 4 à 7 dollars le baril par rapport au Brent, rapporte Reuters, citant des sources industrielles.
Selon ces mêmes sources, le prix du pétrole russe en Inde baisse en raison d’une offre abondante et d’un afflux de cargaisons en provenance des pays du Golfe persique. Ces derniers vendent du pétrole brut provenant de pétroliers immobilisés depuis plus de deux mois en raison du conflit en Iran.
Les rabais sur le pétrole russe restent toutefois loin des niveaux records : après le durcissement des sanctions américaines, ils avaient atteint 10 dollars le baril. Néanmoins, par rapport à l’été dernier, les rabais sur l’Ourals ont connu une augmentation exponentielle, passant de 1 à 3 dollars le baril.
Au total, l’Inde a économisé environ 13 milliards de dollars entre 2022 et 2025 grâce à ces rabais sur le pétrole russe. Les producteurs de pétrole ont vendu des barils à un prix record en 2022-2023, lorsque les producteurs russes ont cherché à réorienter les flux que les importateurs européens traditionnels abandonnaient.
Pour l’exercice fiscal 2022, la décote moyenne accordée à l’Inde sur le pétrole brut a atteint 13,6 % par rapport aux importations en provenance d’autres pays, et 10,4 % en 2023, selon les calculs de l’Indian Express basés sur les données des douanes indiennes.
L’Inde raffine ce pétrole brut à prix réduit en essence, qu’elle vend ensuite sur le marché mondial. En raison des pénuries de carburant consécutives aux frappes ukrainiennes sur les raffineries, la Russie est devenue un client inattendu pour l’Inde. Selon Reuters, au moins 60 000 tonnes d’essence ont été expédiées d’Inde vers la Russie. Deux pétroliers transportant du carburant indien devraient arriver dans les ports russes.
D’après des sources de Reuters, Moscou prévoit d’importer 400 000 tonnes d’essence par mois de divers pays, dont le Bélarus voisin, qui approvisionne déjà le marché russe. Au cours de la première quinzaine de juin, les livraisons d’essence bélarusse à la Russie ont triplé pour atteindre 70 000 tonnes, selon les sources de l’agence.
Par ailleurs, un accord a été conclu pour la fourniture de 50 000 tonnes d’essence en provenance du Kazakhstan à titre humanitaire.