Transmis par Entre les lignes entre les mots
Le 1er septembre, quand nous prenions pour témoin d’un probable deal donnant-donnant entre Trump et Poutine, le plus proche conseiller de Poutine Kirill Dmitriev, nous ne pouvions pas imaginer que la confirmation officielle de ce deal viendrait seulement un mois et demi plus tard, et par la bouche de ce même… Kirill Dmitriev ! Mais, tout d’abord, voici ce que nous écrivions le 1er septembre : « nous savons bien qu’en Mars passé, les médias internationaux ont commenté la révélation de Politico, selon laquelle le négociateur du Kremlin Kirill Dmitriev avait proposé aux négociateurs américains Steve Wittkoff et Jared Kushner le deal suivant, au cours de leur rencontre à Miami : que « le Kremlin cesserait de partager des renseignements avec l’Iran, tels que les coordonnées précises des ressources militaires américaines au Moyen-Orient, si Washington cessait de fournir à l’Ukraine des renseignements sur la Russie » [1]
Évidemment, Kirill Dmitriev a maintenant tout à fait raison d’exulter qualifiant l’actuel deal Trump-Poutine d’« iconique et historique », car celui-ci va beaucoup plus loin que l’hypothétique deal suggéré en mars dernier par lui-même. En effet, Trump ne se limite pas à « cesser de fournir à l’Ukraine des renseignements sur la Russie », mais il cesse de fournir désormais toute aide à l’Ukraine. Et si cela ne suffisait pas, il menace l’Ukraine de dures sanctions si elle ne cesse pas « tout de suite » de se défendre en bombardant les raffineries russes, et en plus déclare la guerre au président Ukraine Volodymyr Zelensky en exigeant son départ immédiat du pouvoir ! Alors, M. Dmitriev, et à travers lui son patron M. Poutine, peut jubiler en déclarant que « Le président Trump rejoint les nombreux acteurs qui estiment que l’Ukraine a besoin d’une direction réellement tournée vers la paix, et non de la politique belliciste de Zelensky ».
Donc, nous voici devant le début de la réalisation de ce deal donnant-donnant, dont nous parlions le 1er septembre, en évoquant « le besoin de sortir de leurs bourbiers, qui prend Trump et Poutine à la gorge ». En réalité, le deuxième volet de ce deal, c’est-à dire le lâchage de l’Iran par Poutine, peut encore attendre. Pourquoi ? Mais, parce que Trump est pris à la gorge par le besoin de sortir, si possible tout de suite, de son bourbier iranien, bien plus que Poutine de son bourbier ukrainien. Alors, ce n’est pas une surprise que, pour l’instant, Poutine se limite à « transmettre à Donald Trump la position de Téhéran sur une possible sortie de guerre ». D’ailleurs, même le tant célébré accord Trump-Poutine sur le pétrole, ne concerne qu’une quantité de gazole pratiquement ridicule et surement très insuffisante pour justifier la jubilation d’un Trump qui l’annonce en préférant de parler de « tonnes » plutôt que « barils » de pétrole, afin de gonfler sa quantité et donc, son importance.
Alors, pourquoi tout ce tapage ? La réponse crève les yeux : Mais, parce que toute cette affaire n’a qu’un seul objectif : aider Trump à trois semaines des élections de mi-mandat qui s’annoncent très difficiles sinon catastrophiques pour lui. C‘est ainsi que cet accord pétrolier cache en réalité un évènement bien plus important : la levée des sanctions américaines contre la Russie de Poutine ! Ce qui veut dire que bien plus que Trump, le grand bénéficiaire du deal Trump-Poutine est… Poutine et son régime. Pour le grand malheur des Ukrainiens bombardés et décimés comme jamais dans le passé. Mais aussi, pour le grand malheur des citoyens Russes, qui continueront d’être opprimés et réprimés par un régime obscurantiste et barbare qui leur refuse les droits et les libertés démocratique les plus élémentaires…
Mais, pourquoi cet « amour fou » de Trump pour Poutine, demanderait le lecteur confondu par l’avalanche d’évènements dépassant l’imagination la plus délirante il y a encore 2-3 ans. Selon nos « analystes » et autres « spécialistes » de la Russie et de la politique internationale, l’explication est simple : la « fascination qu’exerce Poutine sur Trump ». Pas de problème, cette fascination est évidente. Cependant, la même fascination sur Trump est exercée par l’Argentin Millei, l’Hongrois Orban, le Brésilien Bolsonaro, l’Égyptien Sissi, les dictateurs latino-américains, l’Indien Modi, l’Anglais Farage et les chefs de l’Allemand AFD, et bien d’autres du même acabit. Et surtout par l’Israélien Netanyahou !
Alors, la question se précise et se formule autrement : qu’est-ce lie tous ces personnages qui fascinent Trump ? Quel est leur dénominateur commun ? La réponse est évidente et nous permet de comprendre bien mieux notre monde actuel et les combats qui nous attendent : ces personnages sont tous des dictateurs ou mieux, des fascistes décidés à anéantir ce que reste de nos libertés. Et la raison profonde qui fait que Trump et Poutine s’aident mutuellement par tous les moyens, est qu’ils sont tous les deux des éminences de cet Internationale Brune qui fait ses preuves de plus en plus devant nos yeux et jour après jour ces dernières années !
En attendant donc ce qui sortira des urnes des élections américaines de mi-mandat, et encore plus, des événements cruciaux du lendemain de ces élections, nous nous contentons, pour l’instant, de conclure avec les phrase qui concluaient notre article du 1er septembre : « Mais, attention : même si un tel « deal » voit le jour, son application sera plus que problématique. On peut être sûrs que, malgré son épuisement après plus de quatre années d’une guerre horrible et féroce, le peuple ukrainien qui a déjà tant souffert et tant saigné, fera tout pour le rendre inopérant… »
Transmis par l’auteur
Note
[1] Quand le besoin de sortir de leurs bourbiers, prend Trump et Poutine à la gorge ! :