Défendre les droits des travailleurs n’est pas un crime !
Feng Rui, dit Xiao Wu, militant des droits des travailleurs, a été arrêté le 14 septembre par la police de Guangzhou, informent des militants chinois, qui précisent qu’il est malade et victime de harcèlement ainsi que d’interrogatoires épuisants.
Les autorités mettent en avant l’accusation fourre-tout de « provocation de conflits et incitation aux troubles » parce que, avec ses amis, il informe de la situation dramatique des livreurs de repas, des migrants et même des « cols blancs » et appelle au respect des droits des travailleurs.
Au nom de la solidarité internationale des travailleurs, nous exigeons la libération de Xiao Wu et la levée de toutes les charges contre lui.
Je m’associe publiquement à cet appel pour la libération de « Xiao Wu » (Feng Rui)
Duguet Robert,
Retraité de l’enseignement Amélie les Bains 66110
Duguet.robert@orange.fr
Un des Animateurs du site Samizdat2.org
Cette campagne à l’initiative de la Commission Enquête Chine fait suite à une délégation de syndicalistes le 14 octobre à l’ambassade de la République populaire de Chine à Paris, délégation qui n’a pas été reçue.
Pour tout contact : comenchine@wanadoo.fr ou flashez le QR code Alain Denizo, 25, rue Ledion 75014 Paris
Ce que l’on sait de la détention de Xiao Wu (Feng Rui), par Andréa Ferrario
Informations publiées par le site :
https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article79941
8 octobre 2026
Le blogueur chinois Feng Rui, connu sous le pseudonyme de « Xiao Wu », rendait compte des conditions d’existence et de travail en Chine. Il avait disparu sans laisser de traces. Andrea Ferrario, qui analyse depuis plusieurs années l’actualité du sud-est asiatique sur son compte Sustack, alerte et fait le point sur sa page FB. Ci-dessous un condensé (PV)
Feng Rui, connu sur Internet sous le nom de Xiao Wu (« petit Wu »), a obtenu en 2017 son diplôme au département de langue et littérature chinoises de l’Université normale de Pékin. Au lieu d’opter pour une carrière conventionnelle, il a travaillé pendant des années à Picun, un village situé à la périphérie de Pékin et où vivent des travailleurs migrants, au sein du réseau d’activités culturelles et d’aide appelé « Maison des travailleurs ». Il a ensuite créé un compte WeChat public au nom délibérément ironique, « La télévision du vent d’est du Chiapas » (Qiapasi Dongfeng dianshiji), qui fait référence aux luttes paysannes autochtones du Chiapas mexicain. Il a également créé un groupe de défense du droit du travail et s’est occupé des livreurs à vélo, des ouvriers, des travailleurs journaliers, des paysans revenus dans leurs villages et des employés soumis au régime « 996 » (de 9 h à 21 h, six jours sur sept).
Depuis 2021, il coordonne avec un groupe de bénévoles un recueil annuel des cas de violation des droits des travailleurs, qui s’étoffe d’année en année. L’édition de 2025, intitulée « Jianku ruci, heyi anxie » (« Que de la fatigue, comment trouver le repos ? »), est parue le 31 décembre 2025. Elle comptait environ 100 000 caractères, 211 pages en PDF et quinze chapitres, avant d’être supprimée. Le compte s’était déjà tu le 15 février 2026 avec un poème et un message d’adieu évoquant des « facteurs externes incontrôlables ». L’une des sources indique toutefois le 14 septembre comme date de cessation des mises à jour.
Feng Rui a disparu le 14 septembre 2026, et son dernier message privé remonte au soir du 12. Ses amis l’ont recherché pendant plus de deux semaines en lançant des appels sur les réseaux sociaux. Le 30 septembre, la nouvelle de sa détention a circulé, et une source ajoute qu’il aurait rencontré un avocat. Le 7 octobre, la confirmation est tombée : la section Yuexiu de la police de Guangzhou l’a placé en détention provisoire sous l’accusation de « provoquer des querelles et de semer le désordre » (xunxin zishi). Il s’agit d’un délit aux contours très vagues utilisé depuis des années contre des militants, des avocats et des personnes critiques. Feng Rui est détenu au centre de détention du district de Yuexiu. Selon certaines rumeurs, les interrogatoires porteraient tous sur le rapport publié en 2025 : la police laisse entendre qu’il contiendrait des « inexactitudes » et qu’il aurait « induit le public en erreur et troublé l’ordre public ». Avant même son arrestation, lui et ses parents auraient subi des pressions de la part des « services compétents », et ses parents seraient tombés malades. Dans ce même contexte, une autre plateforme consacrée au travail en Chine, China Labor Trends, a fermé ses portes le 1er octobre.
Il est désormais clair que, dans un contexte marqué par un fort mécontentement parmi diverses catégories de travailleurs et où la situation économique et sociale en Chine se détériore manifestement, le régime procède à un travail systématique de fermeture de tous les canaux d’information. Le premier « avertissement » majeur était survenu en juin de l’année dernière, lorsque la source la plus connue de ce type, le China Labour Bulletin, basé à Hong Kong et dirigé par Han Dongfang, avait été fermée. Il est inquiétant que l’arrestation de Xiaowu ait coïncidé presque exactement avec la fermeture soudaine et sans explication d’une autre source d’information importante sur les travailleurs chinois, Labor Fact. Le régime chinois procède sans faire de vagues, mais de manière systématique : les Chinois et le reste du monde doivent en savoir le moins possible, et à terme rien du tout, sur la situation des travailleurs en Chine et sur leurs luttes.