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Russie

La chute de popularité de Poutine comme outil de propagande. Mikhaïl Doliev : Qui étudie la popularité de Poutine en Russie ?

Mikhaïl Doliev

Mise à jour : 30 mai 2026

L’information selon laquelle la cote de popularité de Poutine avait chuté a fait la une de tous les médias russes ces derniers temps. D’après mes observations, des articles similaires sont parus avec une régularité remarquable au cours des six derniers mois : le 13 mars 2026, le 27 mars 2026, le 10 avril 2026, le 17 avril 2026 et le 5 mai 2026. Et aujourd’hui, le 29 mai 2026, elle a de nouveau baissé…

À titre de comparaison, le taux d’approbation du chancelier allemand Friedrich Merz a atteint 16 % un an et demi après son entrée en fonction (8 mai 2026). Il s’agit d’un phénomène naturel dans une société démocratique où tous les partis, même l’AfD pro-Poutine, ont un accès égal aux médias. Dans une société où la critique du chef de l’État, voire les insultes, ne peuvent entraîner ni emprisonnement ni empoisonnement au Novichok. Ce taux de 16 % est un chiffre normal dans un contexte de réformes impopulaires et de dégradation du niveau de vie due à la guerre en Europe.

Quand on nous bombarde constamment d’affirmations selon lesquelles le taux d’approbation de Poutine serait de 67,5 %, cela signifie que Poutine, après 27 ans au pouvoir, sans compter son travail au sein de l’administration présidentielle depuis 1996, n’aurait aujourd’hui que 67,5 % ?

Écrire sur la baisse de popularité de Poutine revient à admettre que sa popularité était autrefois très élevée.

Le véritable taux d’approbation de Poutine a été mesuré avant la première « élection » présidentielle de 1999. Le pourcentage de personnes qui appréciaient ce membre du comité oscillait alors autour de 1 %. Mais dès que la télévision a été allumée et que le chauve a commencé à se gonfler, à se coiffer comme par magie, son taux de popularité a grimpé en flèche pour atteindre 70 %. Éteignez la télévision, laissez-le se promener dans les rues sans escorte, et ces mêmes personnes démontreront le véritable taux d’approbation du président.

Qui étudie la popularité de Poutine en Russie ?

Oui, ce sont les mêmes organisations qui bénéficient de financements publics, c’est-à-dire qui dépendent de Poutine.

Je crois que la publication d’informations sur la popularité de Poutine fait partie des campagnes de désinformation du régime dictatorial. C’est ainsi qu’ils nous abreuvent, nous et les Européens, de fausses informations, prétendant que la popularité de Poutine est en réalité très élevée. Le communiqué parle ostensiblement d’un déclin, d’une « croissance négative », mais en réalité, il évoque une popularité anormalement élevée pour l’usurpateur. Ces informations visent à démontrer que Poutine contrôle toujours les organes du pouvoir et les organisations de désinformation qui y sont associées.

Ces publications faisant état d’une baisse de popularité visent à faire croire, de manière détournée, que la cote de popularité de Poutine est élevée. Si l’on entreprend de réfuter une telle affirmation, on tombe dans un piège logique : « Vous niez que la cote de popularité de Poutine soit en baisse, même si un institut de sondage pro-Poutine l’admet. Par conséquent, vous êtes pour Poutine. »

Dans le cas où l’on apprend que les armes de Poutine ont atteint une cible en Roumanie, territoire de l’OTAN, ce qui signifie que Poutine teste la force de l’OTAN et sa détermination à défendre ses membres, lire de telles désinformations dans les pages de rédactions russophones, censées être des médias d’opposition, ne fait que confirmer que Poutine tient particulièrement à souligner sa détermination à attaquer l’OTAN.

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