OSCE : l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.
14 juillet 2026
Un rapport publié jeudi par l’OSCE tire la sonnette d’alarme sur le sort de quelques 1,6 million d’enfants ukrainiens vivant en territoire illégalement occupé par la Russie, et soumis à des pressions de l’occupant qui équivaut, selon le rapport, à des crimes contre l’humanité et à un système organisé d’acculturation.
En Ukraine, un rapport d’experts indépendants mandatés par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) met en lumière la politique de rééducation menée par la Russie à l’égard de la jeunesse ukrainienne en territoire occupé. Une stratégie bien connue des Ukrainiens qui se traduit par une refonte de l’enseignement et des manuels scolaires, un embrigadement dès le plus jeune âge dans des groupes paramilitaires et patriotiques, et enfin l’effacement de l’identité ukrainienne, culturelle et linguistique, des enfants.
Dès leur plus jeune âge, ils sont donc conditionnés idéologiquement et militairement contre leur propre pays, résume notre correspondante, Emmanuelle Chaze. A leur majorité, nombreux sont d’ailleurs les jeunes à être poussés à rejoindre des brigades russes, prenant ainsi les armes contre l’Ukraine. Selon l’experte lettone Elina Steinerte, les autorités auraient envoyé les convocations militaires plus tôt qu’ailleurs en Russie aux jeunes des territoires occupés. Elle a indiqué que plusieurs jeunes interrogés avaient quitté les territoires « sans prévenir leurs familles » afin d’échapper à la conscription.
Le rapport, qui documente des cours de maniement des armes et des camps d’entraînement, mentionne plusieurs cas de jeunes adultes ayant été incorporés puis envoyés sur le front en Ukraine. Il recommande d’intégrer la question des enfants dans tout processus de cessez-le-feu ou de négociation de paix, mais aussi d’ouvrir des corridors humanitaires pour permettre les retrouvailles familiales. D’après Mme Steinerte, l’Ukraine a déjà mis en place certains « programmes de réintégration », mais le travail à accomplir est « énorme ».
Pour l’OSCE, cette politique russe est un système organisé qui constitue une violation du droit international, de la convention relative aux droits de l’enfant et des Conventions de Genève.
« Nous pensons (…) que ce système pourrait relever du crime contre l’humanité de persécution », a estimé l’expert français Hervé Ascensio lors d’une présentaiton du rapport à Vienne, ajoutant que les enfants et leurs parents étaient pris pour cible lorsqu’ils tentaient de conserver leur identité ukrainienne.
A cela s’ajoute la déportation ou le déplacement forcé de plus de 20 600 enfants selon les autorités ukrainiennes, Kiev a pu en récupérer 2 300. Face à ces accusations, et malgré les nombreux témoignages de victimes, Moscou rejette toute responsabilité et affirme agir dans l’intérêt des enfants.