16 juillet 2026
Trois compagnies pétrolières publiques indiennes, sollicitées par la Russie pour accroître leurs approvisionnements en essence, ont déclaré ne pas disposer de stocks excédentaires à exporter, selon Reuters , qui cite des sources au sein des raffineries indiennes.
D’après ces mêmes sources, Rosneft et Gazprom Neft, fournisseurs de pétrole sur le marché indien, ont demandé aux compagnies indiennes des livraisons supplémentaires d’essence. Les compagnies pétrolières russes ont approché des raffineries indiennes, tant privées que publiques, dont les plus importantes sont Indian Oil, Bharat Petroleum et Hindustan Petroleum.
Actuellement, seules deux cargaisons d’essence indienne sont expédiées vers la Russie. Toutes deux proviennent de Nayara Energy, société détenue à 49 % par Rosneft.
Entre le 18 et le 20 juin, 42 000 tonnes d’essence produites par Nayara Energy, en provenance de la plus grande raffinerie indienne, Vadinar, ont été chargées à bord du pétrolier Agni, puis transbordées sur le navire Garnet au large des côtes égyptiennes. Cette essence devrait arriver au port de Vitino, dans la région de Mourmansk, le 26 juillet. Selon des sources de Reuters, un autre pétrolier (le Varg) transportant de l’essence à destination de la Russie se dirige actuellement vers le canal de Suez, où le carburant sera transbordé sur un autre navire qui le livrera à un port russe.
Au total, l’Inde fournira à la Russie moins de 100 000 tonnes d’essence, alors que la pénurie de produits pétroliers sur le marché est estimée entre 400 000 et 600 000 tonnes par mois, selon Energy Intelligence. Environ la moitié de ce déficit est comblée par des importations en provenance du Bélarus et du Kazakhstan. D’après Reuters , les raffineries bélarusses exportent quotidiennement entre 5 000 et 6 000 tonnes d’essence vers la Russie. Le Kazakhstan a accepté d’en envoyer 50 000 tonnes à titre d’aide humanitaire.
D’après les estimations d’Energy Intelligence, les frappes contre les raffineries de pétrole russes ont mis à l’arrêt environ la moitié de la capacité de raffinage du pays, la production totale chutant à 3,53 millions de barils par jour, un niveau potentiellement le plus bas depuis le début des années 2000. Une reprise rapide de la production de carburant ne sera pas possible, ont indiqué des sources à Reuters : il faudrait deux mois, à supposer qu’aucune autre raffinerie ne soit fermée.