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Russie, Ukraine

Un gangster et des reliques. Alexander Adelfinsky : Le Kremlin espère remonter le moral du pays à l’approche des « élections »

Poutine et les reliques du mausolée, dessin de S.Elkin.

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26 août 2026

Comme on l’a appris par les médias, Poutine a ouvert le tombeau de Dmitri Donskoï, envoyant une partie de ses reliques « en tournée », et a fait rapatrier de Grèce les reliques de saint Spyridon.

Les interprétations de ces deux événements font référence à Staline et à l’Église orthodoxe russe pendant la Seconde Guerre mondiale. On note que la situation actuelle n’est pas favorable à la junte russe, c’est-à-dire que le front est dans l’impasse.

Il ne fait aucun doute non plus que le Kremlin espère remonter le moral du pays pendant la période de préparation aux « élections » ; dans l’esprit des dirigeants, il y a la volonté de « souder spirituellement le peuple ».

Mais ajoutons à cela des faits d’une autre nature, non mystique. Les bureaux de recrutement ont reçu des consignes importantes des autorités et s’empressent déjà de les mettre en œuvre. Le secteur « des forces de l’ordre » se prépare lui aussi. Des commissions se sont rendues sur les terrains d’entraînement militaires régionaux pour vérifier leur capacité à accueillir du personnel. Les commentateurs évoquent à ce sujet la menace d’une mobilisation, mais ne font pas le lien entre ces événements et le recours aux reliques. Et c’est une erreur !

On ne peut ignorer le fait que, malgré tout leur cynisme, Poutine et ses acolytes sont animés par une pensée magique et une perception religieuse qui les influencent, assez singulières au vu des crimes du Kremlin, qui semblent peu compatibles avec la visite d’un mausolée. La « magie de combat » du Kremlin est, soulignons-le, un moyen d’une importance capitale pour lui.

Mais retenons bien ceci. Que le dictateur se prépare à un renforcement, en principe prévisible, de la mobilisation, qu’il planifie de nouveaux combats sur des lignes de front qui nous sont déjà connues, qu’il se prépare simplement à « étrangler » l’Ukraine là où il ne parvient pas encore à la « serrer » – et ce recours aux reliques, si important, soulignons-le, pour lui, n’aurait pas eu lieu.

Les contours logiques se dessinent lorsque l’on examine l’action de la junte dans le contexte de sa préparation à quelque chose de plus, dont l’ampleur dépasse l’intensité des efforts actuels du Kremlin. D’un côté de la balance, on trouve la visite extrêmement importante des reliques et les actions ultérieures qui s’y rapportent. De l’autre, la variable « X ».

La balance de l’analyse ne s’équilibre que dans un seul cas : le Kremlin « prépare le terrain » idéologiquement pour une certaine escalade mondiale. Au vu du mode de pensée des autorités, le recours aux reliques des saints est bien trop lourd de sens pour se limiter à un simple encouragement des combattants et de la population.

Plusieurs conclusions s’imposent

– les projets des « rashistes » sont si graves que le Kremlin a pris des mesures religieuses et mystiques décisives, emblématiques à ses yeux ;

– le dictateur a déjà mis en œuvre, poursuit actuellement et achève en grande partie la préparation de mesures agressives et criminelles qui ne constituent PAS une simple continuation des précédentes, mais représentent une nouvelle étape fondamentale dans l’intensification des tensions internationales et des répressions internes ;

– il est utile pour les services de renseignement occidentaux de tenir compte du mysticisme des autorités du Kremlin, ainsi que de la vision qu’a l’adversaire de la situation ; sinon, une société dotée d’un esprit rationnel ne sera pas en mesure d’élaborer des contre-mesures, que ce soit de manière préventive ou simplement en temps voulu.