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Biélorussie

Bélarus, trois ouvriers trouvent la mort dans un puits d’égout

Station de pompage

Transmis par Entre les lignes entre les mots

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Le 1er septembre, trois employés de la succursale de Kalinkavichyvodokanal ont trouvé la mort à Kalinkavichy, au Belarus : un chef de chantier âgé de 44 ans et deux monteurs âgés respectivement de 43 et 37 ans.

Selon les premières informations fournies par la Commission d’enquête, l’équipe effectuait des travaux d’entretien programmés dans une station de pompage des eaux usées. Les ouvriers étaient chargés de retirer les déchets ménagers des « paniers de retenue » situés à l’intérieur d’un puits d’égout contenant des eaux usées.

Au bout d’un certain temps, les ouvriers ont cessé de répondre. Un collègue a été envoyé sur place. Il a retrouvé leurs effets personnels et a aperçu une lampe torche flottant dans le puits. La direction a alors alerté les services d’urgence. Les secouristes ont repêché les corps des trois hommes dans le puits d’égout.

Les enquêteurs ont prélevé des échantillons d’air et d’eaux usées et saisi la documentation relative à la santé et à la sécurité au travail. Les causes de cette tragédie sont en cours d’établissement. Mais dès à présent, cette affaire soulève une nouvelle fois des questions non seulement sur l’existence formelle des consignes, des registres et des documents relatifs à la sécurité au travail, mais aussi sur la manière dont la sécurité sur le lieu de travail est réellement contrôlée dans la pratique.

L’absence de syndicats indépendants signifie l’absence de contrôle indépendant. L’absence de contrôle indépendant signifie que la protection des travailleurs devient une simple formalité.

Au Belarus, le système de sécurité au travail semble de plus en plus s’inscrire dans la hiérarchie administrative, où le respect de la discipline de production et du travail prime désormais sur un véritable contrôle des conditions dans lesquelles les personnes effectuent des travaux dangereux et sur l’identification des responsables de leur sécurité.

Dans le même temps, les travailleurs/travailleuses ne disposent pratiquement d’aucun mécanisme de contrôle indépendant. Les syndicats indépendants, qui auraient pu exiger des inspections des conditions de travail, soulever la question de l’arrêt des travaux dangereux et faire pression pour obtenir une enquête indépendante, ont été démantelés par les autorités.

Lorsqu’il n’existe aucune organisation indépendante de travailleurs/travailleuses au sein d’une entreprise, les travailleurs/travailleuses se retrouvent livrés·e à elles et eux-mêmes face à l’employeur et au système de contrôle interne.