Andriana Stakhiv
19 avril 2026
Les Ukrainiens vivant en Irlande se verront proposer un ensemble de mesures « généreuses » pour rentrer chez eux, le gouvernement prévoyant de résilier tous les contrats de logement des réfugiés d’ici un an, écrit le Times .
De hauts responsables gouvernementaux ont entamé des discussions sur des modifications importantes du programme d’aide irlandais aux Ukrainiens, les ministres penchant soit pour l’abrogation de la directive sur la protection temporaire, soit pour une solution alternative qui limiterait le soutien exclusivement aux personnes originaires des régions les plus touchées d’Ukraine.
Le ministre des Migrations du Fine Gael, Colm Brophy, a déclaré que le gouvernement prendrait des mesures pour résilier les contrats restants qui concernaient environ 16 000 Ukrainiens.
« C’est précisément ce à quoi nous voulons mettre un terme. Nous voulons mettre fin à la situation où les 16 000 personnes arrivées dès le début, et que l’État à en fait prises en charge dés leur arrivée ne se trouvent plus chez-nous. Aucun autre pays de l’UE ne propose une telle solution », a déclaré Brophy. « Elles devront partir car nous allons résilier leurs contrats. Le calendrier est crucial. Nous avons une stratégie claire. Je souhaite que ce calendrier nous permette de finaliser le processus dans les 12 prochains mois. Il est impératif que cette décision soit prise par le gouvernement. »
Il a indiqué que les autorités travaillent à une politique de retour qui sera mise en œuvre dès l’expiration de la directive ; celle-ci viserait notamment à inciter les Ukrainiens à rentrer chez eux et à leur apporter un soutien financier à cet effet. Actuellement, les demandeurs d’asile peuvent solliciter jusqu’à 2 500 euros par personne ou jusqu’à 10 000 euros par famille pour retourner dans leur pays d’origine.
Interrogé sur l’ampleur d’une telle offre financière, Brophy a répondu qu’elle serait aussi généreuse que le soutien apporté aux Ukrainiens à leur arrivée en Irlande.
« Il est logique de répondre généreusement pour permettre à ces personnes de rentrer chez elles, à la mesure de la générosité avec laquelle nous leur avons initialement offert la possibilité de venir à nous », a-t-il fait remarquer.
Depuis février 2022, plus de 125 000 personnes fuyant la guerre en Ukraine ont bénéficié d’une protection temporaire en Irlande. Entre juillet 2022 et mars de cette année, près de 28 000 familles d’accueil ont perçu plus de 438 millions d’euros dans le cadre d’un programme d’indemnisation pour avoir hébergé 64 000 réfugiés ukrainiens chez des particuliers à travers le pays. Initialement fixée à 400 euros par mois, l’allocation a ensuite doublé pour atteindre 800 euros. Actuellement à 600 euros par mois, elle devrait être ramenée à 400 euros par le gouvernement.
« Il est très important que dans les prochains mois nous atteignions deux objectifs : réduire le montant de l’aide au logement à 400 euros, puis supprimer complètement cette aide ; et abolir également le système de fourniture directe de logements par l’État », affirme Brophy avec conviction.
« Puisque ce projet est financé par les contribuables, j’exige une utilisation efficace de ces fonds. Si une collectivité ou un individu est capable de subvenir à ses propres besoins, il n’y a aucune raison pour que nous, contribuables, dépensions des millions. D’autres pays européens ne procèdent pas ainsi. »
Le gouvernement continue de faire face à la double demande de logements émanant des acheteurs et locataires nationaux, ainsi que des réfugiés et demandeurs d’asile. Les ministres souhaitent également relancer le secteur du tourisme grâce aux réservations de chambres d’hôtel.
La directive relative à la protection temporaire, une disposition d’urgence qui apporte un large soutien aux Ukrainiens fuyant la guerre, doit expirer en mars prochain après avoir été prolongée à plusieurs reprises.