La voix de l'opposition russe et de la résistance ukrainienne

Pologne, Ukraine

Cyrille Amoursky – Analyse complète de la situation diplomatique entre l’Ukraine et la Pologne

21 juin 2026

Le 26 mai 2026, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a attribué à une unité des forces spéciales ukrainiennes le titre honorifique de « Héros de l’UPA », en référence à l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), mouvement armé ayant combattu pendant et après la Seconde Guerre mondiale pour l’indépendance de l’Ukraine.

Trois semaines plus tard, le 19 juin, le président polonais Karol Nawrocki a décidé de retirer à Zelensky l’Ordre de l’Aigle blanc, la plus haute distinction de la République de Pologne, qui lui avait été remise en 2023 par Andrzej Duda pour sa contribution à la défense de l’Ukraine et, par extension, de la sécurité européenne.

Cette décision a immédiatement provoqué une crise diplomatique entre Varsovie et Kyiv.

Pourtant, cette réaction est d’autant plus surprenante que Karol Nawrocki déclarait lui-même, en juillet 2023 : « Je considère que les Ukrainiens ont le droit de choisir eux-mêmes leurs héros, même si, pour eux, Stepan Bandera ou Roman Choukhevytch sont des héros. »

Dans le même temps, il précisait considérer l’UPA comme une organisation criminelle responsable d’un immense mal.

Cette position était équilibrée. Elle reconnaissait simultanément le droit des Polonais à condamner les crimes commis contre les civils polonais et le droit des Ukrainiens à construire leur propre récit national. Trois ans plus tard, Nawrocki semble avoir abandonné cette nuance.

Pour comprendre cette affaire, il faut d’abord comprendre l’Ukraine elle-même. Si l’histoire de l’État ukrainien est bien plus ancienne, l’Ukraine indépendante dans ses frontières, ses institutions et sa forme actuelles existe depuis 1991. À l’échelle historique, c’est extrêmement peu. Pendant des siècles, les Ukrainiens ont vécu sous domination étrangère : russe, soviétique, polonaise, austro-hongroise.

L’Ukraine continue de construire et de consolider son récit historique. Elle met en avant des figures de résistance, des symboles fédérateurs et des épisodes qui permettent de raconter l’histoire d’un peuple ayant survécu malgré les occupations, les déportations, les famines organisées et les tentatives répétées d’effacement de son identité.

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la place occupée aujourd’hui par l’OUN et l’UPA dans une partie de la mémoire ukrainienne.

Pour beaucoup de Polonais, l’UPA évoque avant tout les massacres de Volhynie. Pour beaucoup d’Ukrainiens, elle évoque avant tout la lutte pour l’indépendance. Ces deux perceptions coexistent. Elles ne sont pas identiques, mais elles ne s’excluent pas nécessairement.

Aujourd’hui encore, le drapeau rouge et noir de l’UPA est omniprésent en Ukraine. On le retrouve sur les positions militaires, sur les tombes de soldats tombés au combat, lors de commémorations patriotiques ou de rassemblements civiques. Depuis l’invasion russe de 2022, il est devenu pour beaucoup un symbole de résistance à Moscou.

Contrairement à ce qu’affirme souvent la propagande russe, ce drapeau n’est pas réservé à l’extrême droite ukrainienne. On l’a vu lors du Maïdan, dans des rassemblements pro-européens, dans des manifestations civiques et même lors de certaines marches des fiertés à Kyiv.

Pour beaucoup d’Ukrainiens, il symbolise avant tout l’idée de résistance nationale. Et je partage entièrement cet avis, puisque c’est aussi mon interprétation.

Pour comprendre pourquoi cette mémoire existe, il faut également rappeler un contexte souvent absent des débats contemporains.

Après la guerre polono-soviétique, la Galicie orientale et la Volhynie sont intégrées à la Pologne. Pour Varsovie, il s’agit du rétablissement de la souveraineté polonaise.

Pour une grande partie de la population ukrainienne locale, il s’agit au contraire de la disparition des espoirs d’indépendance nés après 1917, lorsque l’Ukraine s’était enfin libérée du joug de Moscou.

Durant l’entre-deux-guerres, les autorités polonaises mettent en œuvre une politique de polonisation. L’usage de la langue ukrainienne est limité dans l’administration. Le réseau scolaire ukrainien est progressivement réduit. Les nationalistes ukrainiens sont surveillés, arrêtés ou emprisonnés. La « pacification » de 1930 reste particulièrement présente dans la mémoire ukrainienne : arrestations massives, violences policières et répression politique.

Les historiens ukrainiens rappellent également que les violences de Volhynie ne sont pas apparues dans un vide historique. Dans la mémoire ukrainienne, la Kholmchtchyna (région de Chełm) occupe une place particulière.

Les historiens évoquent les violences subies par les populations ukrainiennes dès 1942, ainsi que les opérations menées contre certains villages ukrainiens. Ils considèrent que ces événements constituent l’une des étapes ayant conduit à l’escalade de la violence entre les deux communautés.

Les massacres se déroulent également dans un territoire occupé par l’Allemagne nazie. Les autorités allemandes cherchent alors à exploiter les antagonismes existants entre Polonais et Ukrainiens afin d’empêcher toute coopération contre l’occupant.

Cette logique est résumée par une phrase souvent attribuée à Erich Koch, Reichskommissar nazi de l’Ukraine occupée : « Il faut amener les Polonais et les Ukrainiens à un point où, lorsqu’un Polonais rencontre un Ukrainien, il veuille le tuer, et lorsqu’un Ukrainien rencontre un Polonais, il veuille tuer le Polonais. »

À cela s’ajoute le rôle des services soviétiques. Les archives montrent que le NKVD a régulièrement utilisé des groupes opérant sous de fausses identités afin d’infiltrer ou de discréditer les mouvements de résistance.

Cyrille Amoursky a publié :

Ukraïna

Un peuple en guerre

Cerf, février 2026

Certains historiens ukrainiens estiment que ces opérations ont parfois contribué à attiser la méfiance entre Polonais et Ukrainiens. Si l’ampleur exacte de ces provocations continue de faire débat, leur objectif était clair : empêcher l’émergence d’un front commun susceptible de s’opposer au retour de la domination soviétique.

Il ne s’agit évidemment pas de justifier ce qui se produira ensuite. Mais l’histoire ne commence pas en 1943.

L’une des grandes erreurs du débat contemporain consiste précisément à isoler les massacres de Volhynie de tout le contexte qui les précède. Comprendre les causes n’a jamais signifié excuser les conséquences.

Les massacres de Volhynie constituent un crime majeur. Entre 50 000 et 100 000 civils polonais furent tués lors d’opérations de nettoyage ethnique menées par des unités de l’UPA. Ces crimes doivent être reconnus pour ce qu’ils sont.

Rappelons cela dit qu’ils s’inscrivent également dans une région déchirée depuis des décennies par les rivalités nationales, les occupations successives, les déplacements forcés de populations et l’effondrement de l’ordre politique provoqué par la Seconde Guerre mondiale.

La mémoire polonaise insiste naturellement sur les victimes polonaises, et porte Bandera pour responsable…alors qu’il était emprisonné à ce moment-là, en Allemagne.

La mémoire ukrainienne rappelle également les représailles contre les civils ukrainiens, les politiques de polonisation antérieures et les violences subies par les Ukrainiens. Ces mémoires sont concurrentes, parfois incompatibles, mais elles existent toutes les deux.

D’ailleurs, la Pologne elle-même accepte parfaitement que certaines de ses figures historiques soient perçues différemment ailleurs. Józef Piłsudski est célébré comme l’un des pères de la nation polonaise. Pourtant, pour de nombreux Ukrainiens, il reste associé à la domination polonaise sur des territoires majoritairement ukrainiens.

Plus encore, Roman Dmowski, autre père fondateur de la Pologne moderne et figure majeure du nationalisme polonais, demeure honoré dans l’espace public polonais malgré des positions ouvertement hostiles aux minorités nationales, notamment ukrainiennes, ainsi qu’un antisémitisme revendiqué.

Pour les Polonais, Dmowski est avant tout l’un des artisans du retour de l’État polonais en 1918. Pour beaucoup d’Ukrainiens, il incarne au contraire une vision de la Pologne fondée sur l’assimilation forcée et la négation des aspirations nationales ukrainiennes.

Dans la mémoire ukrainienne, la figure de Symon Petlioura occupe également une place importante. Chef de la République populaire ukrainienne durant la guerre d’indépendance de 1917-1921, il conclut une alliance avec Józef Piłsudski pour tenter de sauver l’État ukrainien face à l’avancée bolchevique.

Mais aux yeux de nombreux nationalistes ukrainiens, cette alliance se termine par une trahison : après la victoire polonaise contre la Russie soviétique, le traité de Riga de 1921 partage les territoires ukrainiens entre la Pologne et l’URSS, enterrant les espoirs d’indépendance de l’Ukraine.

Ce sentiment d’abandon et de trahison constitue encore aujourd’hui l’un des éléments fondateurs du récit national ukrainien concernant les relations avec la Pologne au XXe siècle.

Personne n’exige pourtant de la Pologne qu’elle renonce à Piłsudski ou à Dmowski. Chacun son histoire, et il faut regarder en avant,

Personne n’exige que Varsovie adopte le regard ukrainien sur son propre passé.

Pourquoi l’Ukraine devrait-elle être privée du même droit ?

Toutes les nations possèdent des figures historiques contestées. La France célèbre Napoléon (74% d’opinions favorables en France, IFOP 2024) , qui demeure admiré par une majorité de Français malgré le regard beaucoup plus critique porté sur lui dans d’autres pays européens.

C’est le principe même de la souveraineté mémorielle. Chaque nation construit son récit à partir de son expérience historique.

Cela ne signifie pas que tous les récits se valent ou que tout est excusable. Cela signifie simplement qu’aucune nation n’accepte que son histoire soit entièrement écrite par ses voisins.

Cela étant dit, la décision de Zelensky n’était probablement pas particulièrement habile.

Il était plutôt clair qu’une telle décision provoquerait une réaction en Pologne. L’hostilité de la mémoire polonaise à l’égard de l’UPA est connue depuis des décennies. Il était donc prévisible que cette décision déclenche une polémique.

Néanmoins, il faut aussi comprendre pourquoi elle a été prise.

Selon les informations disponibles, cette initiative répondait à une demande formulée par les soldats eux-mêmes. Nous parlons ici d’une armée engagée dans une guerre existentielle, où les références à la résistance nationale jouent un rôle symbolique immense.

Zelensky a probablement estimé que le bénéfice politique interne dépassait le coût diplomatique externe. En honorant cette demande, il envoyait un signal à une partie du monde militaire ukrainien particulièrement attachée à ce type de symboles.

C’était un calcul politique. Pas forcément bon, mais compréhensible. En revanche, la réaction de Nawrocki apparaît beaucoup plus problématique.

L’Ordre de l’Aigle blanc avait été remis à Zelensky pour son rôle dans la défense de l’Ukraine et de l’Europe. Or rien de ce qu’il a accompli depuis 2022 n’a changé. Les soldats ukrainiens continuent de mourir. L’Ukraine continue de défendre son territoire. La frontière orientale de l’Europe continue d’être protégée.

Retirer cette distinction ne change rien à cette réalité. Il s’agit avant tout d’un geste politique. Un geste destiné à la politique intérieure polonaise.

Nawrocki sait parfaitement que la question de Volhynie mobilise une partie importante de l’électorat conservateur et nationaliste. Il sait également que les sentiments anti-ukrainiens ont progressé en Pologne depuis 2022 sous l’effet de la fatigue liée à la guerre, des tensions économiques et de la présence de millions de réfugiés ukrainiens.

Cette décision s’inscrit donc davantage dans une logique de politique intérieure que dans une logique de politique étrangère.

Le plus inquiétant est que cette stratégie bénéficie avant tout à la Russie.

Depuis des décennies, le Kremlin exploite les conflits mémoriels entre Polonais et Ukrainiens. Toute crise historique entre Kyiv et Varsovie est immédiatement utilisée par la propagande russe pour affaiblir l’unité régionale.

La Russie a construit une part considérable de sa propagande sur l’idée que tout nationalisme ukrainien serait nécessairement nazi. Bandera, l’OUN et l’UPA sont devenus des outils permanents de cette stratégie.

La réalité est pourtant beaucoup plus complexe.

Oui, certaines factions du mouvement nationaliste ukrainien ont collaboré avec l’Allemagne nazie au début de la guerre. Oui, certains membres de l’OUN, dont plusieurs rejoindront plus tard l’UPA, ont participé à des violences contre les populations juives et à des crimes contre des civils polonais. Ces faits sont documentés et ne doivent ni être minimisés ni être niés.

Cependant, réduire l’ensemble de l’histoire de l’OUN et de l’UPA à ces crimes est historiquement réducteur.

Comme le rappelle l’universitaire Dominique Arel dans un entretien accordé à Mediapart, on ne peut pas considérer ces organisations comme des acteurs centraux de la Shoah en Ukraine. L’attitude dominante à l’égard des Juifs relevait davantage de l’indifférence que d’une politique systématique d’extermination portée par ces mouvements eux-mêmes.

Surtout, les individus impliqués dans ces crimes ne représentent qu’une fraction des dizaines de milliers de personnes qui ont appartenu à l’OUN ou à l’UPA au cours de leur existence. Ces organisations ont évolué au fil du temps, se sont fragmentées en plusieurs courants parfois antagonistes et ont poursuivi des objectifs différents selon les périodes.

Réduire l’UPA à ces crimes, c’est reprendre la propagande du Kremlin, car il s’agit d’une infime partie de son histoire.

L’UPA a également combattu les Soviétiques mais aussi les Allemands. Elle a lutté contre tous les ennemis de son indépendance. Après la guerre, des dizaines de milliers de ses membres ont poursuivi la lutte contre l’URSS jusque dans les années 1950. Plus de cent mille combattants liés à cette résistance périrent dans la répression soviétique, tandis que des centaines de milliers de civils furent déportés.

C’est cette mémoire-là qui est avant tout célébrée aujourd’hui en Ukraine. L’Ukraine devra évidemment poursuivre son travail historique. Elle devra continuer à examiner de manière critique l’histoire de l’OUN et de l’UPA. Elle devra reconnaître pleinement certains crimes et certaines responsabilités. Mais ce processus demande du temps.

La France a attendu cinquante ans avant de reconnaître officiellement sa responsabilité dans la rafle du Vel d’Hiv !

Il a fallu près de sept décennies après la Seconde Guerre mondiale pour que disparaisse la dernière rue portant le nom du maréchal Pétain en 2013 !

Toutes les nations mettent du temps à regarder certaines parties de leur histoire en face.

L’Ukraine ne fait pas exception. Et surtout, ce n’est probablement pas sa priorité aujourd’hui. Sa priorité est de survivre. Elle se bat contre une invasion qui menace son existence même. Dans ces conditions, faire de cette question mémorielle un casus belli diplomatique apparaît particulièrement malvenu.

Les Polonais ont parfaitement le droit de condamner les massacres de Volhynie. Les Ukrainiens ont parfaitement le droit de considérer l’UPA comme l’un des symboles de leur lutte historique pour l’indépendance. Ces deux affirmations peuvent coexister.

C’est précisément ce qu’avait compris Karol Nawrocki en 2023. C’est précisément ce qu’il semble avoir oublié en 2026.

Il serait profondément injuste de réduire la relation entre l’Ukraine et la Pologne à cette seule querelle mémorielle. Les Ukrainiens n’ont pas oublié ce que la Pologne a fait pour eux en 2022.

Lorsque les premiers missiles russes sont tombés sur Kyiv, Kharkiv ou Marioupol, des millions d’Ukrainiens ont trouvé refuge en Pologne. Des familles ont ouvert leurs portes à des inconnus. La société polonaise s’est mobilisée avec une générosité remarquable.

La Pologne est également devenue l’un des principaux centres logistiques de l’aide militaire occidentale destinée à l’Ukraine et l’un de ses soutiens les plus actifs sur la scène européenne. Cette solidarité restera gravée dans la mémoire ukrainienne.

Mais cette gratitude n’efface pas certaines blessures plus récentes. À partir de 2023, à l’approche des élections législatives polonaises, la question ukrainienne est progressivement devenue un sujet de politique intérieure.

Les tensions autour des exportations de céréales ukrainiennes, les blocages de la frontière par certains agriculteurs polonais et la rhétorique de plus en plus dure de plusieurs responsables politiques ont laissé un goût amer en Ukraine.

Beaucoup d’Ukrainiens ont eu le sentiment que leur pays, alors engagé dans une guerre de survie, servait parfois d’instrument dans des débats électoraux internes.

Cette impression s’est encore renforcée lors de la campagne présidentielle de 2025, où la question ukrainienne et les contentieux historiques ont régulièrement été mobilisés pour séduire une partie de l’électorat conservateur.

Les manifestations d’agriculteurs polonais contre les importations ukrainiennes ont été particulièrement mal vécues. Voir des convois bloquer la frontière, ralentir le passage des marchandises ou déverser des céréales ukrainiennes sur les routes a profondément choqué une partie de l’opinion ukrainienne.

En Ukraine, beaucoup y ont vu non seulement une protestation économique, mais aussi un manque de considération pour un pays dont l’économie fonctionne sous les bombardements et dont les exportations agricoles constituent l’une des principales sources de revenus nécessaires à l’effort de guerre.

Il faut également rappeler que la décision de Karol Nawrocki est loin de faire l’unanimité en Pologne. Le gouvernement de Donald Tusk lui-même a adopté une position beaucoup plus nuancée. S’il a critiqué la décision ukrainienne concernant l’UPA, il a également mis en garde contre toute escalade politique susceptible d’affaiblir la relation entre Varsovie et Kyiv.

Donald Tusk, Radosław Sikorski et de nombreux responsables polonais rappellent régulièrement une réalité simple : l’armée ukrainienne défend aujourd’hui non seulement l’Ukraine, mais aussi la sécurité de la Pologne et de l’ensemble du flanc oriental de l’Europe.

Plusieurs voix en Pologne ont d’ailleurs dénoncé la décision de Nawrocki comme une erreur stratégique qui ne profite qu’à la Russie.

L’Ukraine a commis à mon sens une erreur tactique, avec une décision qui pouvait attendre. La réaction polonaise, elle, relève d’un populisme mémoriel qui instrumentalise le passé pour répondre à des objectifs de politique intérieure.

Et dans une Europe confrontée à la plus grande guerre sur son sol depuis 1945, cette décision apparaît moins comme un acte de vérité historique que comme une faute politique polonaise.

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