Le programme électoral du parti contient de nombreux projets radicaux qui plaisent au Kremlin, mais il y a une nuance à apporter concernant la Seconde Guerre mondiale.
Pylyp Boyko
12 avril 2026
Le parti d’extrême droite AfD a présenté un programme gouvernemental radical en vue des élections régionales allemandes de septembre. Ce programme prévoit la révocation du statut de réfugié pour les Ukrainiens, l’expulsion des migrants, l’achat de gaz russe et des échanges scolaires avec la Russie.
Cette information est rapportée par RBC-Ukraine en se référant à un article du Financial Times.
En Saxe-Anhalt, où se tiendront les élections, le taux d’approbation de l’AfD avoisine les 40 %. Le candidat du Land au poste de Premier ministre, Ulrich Sigmund, a déclaré qu’ils allaient « marquer l’histoire ».
Cette région est l’une des plus pauvres d’Allemagne. La population y ressent un sentiment d’insécurité. La popularité des radicaux croît sur fond de crise au sein des partis traditionnels. Pourtant, le centre-droit qualifie déjà une éventuelle victoire de l’AfD de « véritable désastre ». Nombre de points de leur programme sont contestables devant les tribunaux, mais cela n’arrête pas les dirigeants de l’AfD, malgré la réputation d’extrémisme dont le parti est accusé.
Plans et « synchronisation » avec Moscou
Le manifeste, composé de 156 pages, stipule que les Ukrainiens ne devraient plus bénéficier du statut de réfugié en Allemagne et devraient être encouragés à rentrer chez eux.
Globalement, la migration est un élément central du programme, qui prône une « culture du départ » à l’égard des immigrants illégaux, plutôt qu’une « culture de l’hospitalité ». Il préconise des expulsions massives dans le même esprit que celles mises en œuvre par Trump.
Le parti s’oppose au recrutement de spécialistes étrangers, même dans le domaine médical. Il considère les personnes issues de « cultures étrangères » comme indésirables pour l’Allemagne.
Il n’est pas surprenant que les émissions de débat russes fassent constamment l’éloge de l’AfD, car si ce parti accède au pouvoir, il exigera la reconstruction du gazoduc Nord Stream et la reprise des achats de gaz russe. L’extrême droite souhaite également la levée de toutes les sanctions imposées à la Russie et, au lieu d’accueillir des migrants, elle propose des échanges scolaires avec les Russes.
Les intentions du parti d’interdire totalement le langage inclusif en matière de genre dans les institutions, ainsi que de ne reconnaître que la famille hétérosexuelle comme seule norme, s’inscrivent dans le cadre des « valeurs traditionnelles » du Kremlin.
L’AfD prévoit également une vaste purge de la culture et des médias. L’extrême droite souhaite détruire le système audiovisuel public actuel. Les journalistes sont accusés de diffuser l’idéologie de gauche.
Ce que le Kremlin n’aimera certainement pas
Mais ce « tonneau de miel » politique n’était pas sans son « grain de goudron » – la partie la plus scandaleuse concerne le passé. Le parti qualifie la lutte contre l’héritage nazi de « névrose ». Selon lui, elle empêche la formation d’une « identité nationale stable ».
Pour l’instant, Moscou ignore délibérément cet aspect de la politique du parti, et on en parle dans les émissions politiques. En revanche, si le Kremlin s’offusque plus tard, ces extrémistes de droite pourront être accusés de nazisme, comme c’est le cas pour l’Allemagne entière.
Ce que les Ukrainiens vivant à l’étranger doivent savoir aussi
Nous avons précédemment indiqué que l’UE réexamine actuellement son approche concernant la protection temporaire des Ukrainiens. L’idée d’y mettre fin définitivement après mars 2027 a déjà été abandonnée, et un nouveau format est à l’étude.
L’Irlande a également annoncé une réduction des indemnités versées aux personnes hébergeant des Ukrainiens. Le montant de l’aide passera de 600 à 400 euros par mois et, bien que le programme soit en vigueur jusqu’en 2027, il sera progressivement supprimé.
Par ailleurs, la Norvège modifie les règles applicables aux hommes ukrainiens. Désormais, les hommes nouvellement arrivés âgés de 18 à 60 ans ne bénéficieront plus automatiquement d’une protection collective temporaire.
https://www.rbc.ua/rus/news/zagroza-ukrayintsiv-nimechchini-partiya-afd-1775958887.html