La voix de l'opposition russe et de la résistance ukrainienne

Grande Bretagne, Ukraine

« Renforcer la solidarité avec l’Ukraine » – Motion présentée lors du congrès d’automne 2026 du Parti vert

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Les militant·es du Parti vert d’Angleterre et du Pays de Galles (GPEW) engagés en faveur de la solidarité avec l’Ukraine, regroupé·es au sein du réseau « Green Ukraine Solidarity », ont rédigé la motion suivante en vue de leur prochain congrès d’automne (du 2 au 4 octobre 2026, à Brighton). Elle est proposée par Valentina Butenko, militante anglo-ukrainienne et membre du GPEW. Du 24 au 31 juillet, les membres des Verts peuvent s’ajouter en tant que co-auteurs/autrices ici ; du 13 au 2  août, elles et ils peuvent voter pour que cette motion soit traitée en priorité lors des débats de la conférence.

Une motion très similaire avait été présentée lors des conférences d’automne 2025 et de printemps 2026 (voir ici et ici), mais n’avait pas été retenue pour être débattue. Si vous faites partie du GPEW, aidez-nous à faire en sorte que ce soit le cas cette fois-ci !

Pour plus d’informations ou pour apporter votre aide, envoyez un e-mail à green.ukraine.solidarity@gmail.com

A149 : Renforcer la solidarité avec l’Ukraine

Face à la montée de l’autoritarisme de droite à l’échelle mondiale, nous soutenons la lutte juste de l’Ukraine contre l’impérialisme russe, pour l’autodétermination et l’indépendance. Nous soutenons les luttes des travailleurs et des travailleuses, les luttes pour le climat et l’écologie, ainsi que celles pour la justice sociale et la libération en Ukraine. Nous soutenons les voix anti-impérialistes au sein de la Fédération de Russie, en particulier celles représentant les peuples autochtones, qui considèrent la victoire de l’Ukraine comme essentielle pour une Russie décolonisée et démocratique.

La Conférence prend note d’une série d’événements préoccupants survenus depuis fin 2025. Le régime Trump a progressivement déroulé le tapis rouge à Poutine, accusé de crimes de guerre, et a publié un Plan de sécurité nationale comportant des éléments d’ethno-nationalisme et d’hostilité envers l’Europe.

L’Assemblée générale des Nations unies a voté en faveur d’une résolution exhortant la Russie à cesser immédiatement et inconditionnellement toute agression militaire illégale contre l’Ukraine et à rendre les enfants ukrainien·nes illégalement enlevé·es, qui ont été de force kidnappé·es et déporté·es depuis les territoires occupés pour être placé·es dans des camps de rééducation, où ilelles et s sont soumis à des abus et à un endoctrinement sous la direction explicite de Moscou.

L’ONU a explicitement qualifié la déportation d’enfants ukrainien·nes de « crime contre l’humanité » et a constaté l’implication directe de Vladimir Poutine et des autorités russes au plus haut niveau.

Au cours des derniers mois, la Russie est entrée dans la phase la plus violente de ses attaques contre la population civile ukrainienne : elle lance en moyenne 5 000 drones par mois sur l’Ukraine, visant des immeubles d’habitation, des hôpitaux et des écoles, et utilise la souffrance des civil·es comme moyen de pression.

L’administration Trump a continué à se livrer à des revirements rhétoriques, changeant de position après chaque rencontre diplomatique amicale avec la Russie, tout en réduisant systématiquement l’aide cruciale à la survie de l’Ukraine.

Cela exige un soutien sans faille du Parti Vert en faveur de la liberté, de l’indépendance et de la souveraineté de l’Ukraine face à la lâcheté de Trump et à sa soumission à la manipulation autoritaire du régime impérialiste russe.

La conférence note également :

1. Le soutien du parti aux droits de l’Ukraine ; à la place centrale de la voix de l’Ukraine au cœur de toute négociation ; au renforcement des sanctions contre la Russie, y compris la suppression des failles concernant les combustibles fossiles   à l’aide militaire et humanitaire ; et à la garantie de la protection des réfugié·es ukrainien·nes.

2. Que l’invasion et l’occupation illégales de la Russie s’accompagnent de violations généralisées des droits humains, notamment des meurtres, des actes de torture, des enlèvements massifs d’enfants, une destruction écologique délibérée, ainsi que des transferts forcés de population et des déplacements de population.

3. Que la guerre d’agression menée par la Russie a entraîné plusieurs dizaines de milliers de victimes civiles ukrainiennes (mort·es et blessé·es), quatre millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays, cinq millions de réfugié·es et peut-être des centaines de milliers de victimes militaires ukrainiennes (sans compter que la Russie a envoyé à la mort ou blessé plus d’un million de soldats de la Fédération de Russie). En 2025 et 2026, la Russie a considérablement intensifié ses attaques, avec, la plupart des jours, des centaines de frappes de drones et de missiles, visant fréquemment des civil·es et des infrastructures civiles.

4. Que la Russie cherche à faire chanter l’Ukraine, en exigeant la cession de son territoire internationalement reconnu (en Crimée et dans les régions de Donetsk, Louhansk, Kherson et Zaporijia) ainsi que le contrôle des ressources naturelles stratégiques et des actifs industriels. Ces exigences impérialistes, si elles étaient acceptées, porteraient atteinte à l’intégrité territoriale et à la souveraineté de l’Ukraine, ainsi qu’au droit de son peuple à l’autodétermination.

5. Que les mouvements sociaux progressistes et les syndicats ukrainiens soutiennent le droit du pays à la légitime défense, tout en luttant contre toute forme d’autoritarisme de droite sur des questions telles que la corruption, les inégalités, les droits humains et les droits des travailleurs/travailleuses.

6. Que notre parti soit le seul parti parlementaire d’Angleterre et du Pays de Galles à soutenir sans relâche la libération de tous les peuples de l’agression militaire et de l’exploitation coloniale, de la Palestine à l’Ukraine et au-delà. Que le fait de défendre fermement le droit de l’Ukraine à la souveraineté et à la défense soit au cœur du maintien de l’équité et de la cohérence de la politique du Parti vert.

Afin de renforcer, d’ancrer et de développer cette approche, la Conférence demande :

a. La mise en avant de la voix des Ukrainien·nes dans les négociations, les initiatives de paix et de reconstruction, avec pour objectifs l’instauration d’une paix durable et juste, et que le territoire et les ressources de l’Ukraine servent les intérêts de son peuple, sous contrôle démocratique, et non ceux d’oligarques et d’entreprises étrangères ou nationales.

b. Que le gouvernement britannique comble les lacunes des sanctions relatives aux combustibles fossiles.

c. Des sanctions plus sévères à l’encontre de l’État russe, des entreprises et des individu·es complices, ainsi que des mesures visant à transférer les avoirs russes gelés à l’Ukraine.

d. Une aide humanitaire et militaire accrue à l’Ukraine pour l’aider à se défendre, à repousser l’occupation et à négocier en position de force – dans le cadre d’efforts diplomatiques continus et sincères en vue d’un règlement, tout en reconnaissant la résistance du gouvernement russe à des cessez-le-feu concrets et à des négociations constructives.

e. L’annulation de la dette internationale de l’Ukraine, afin de libérer des ressources pour répondre aux besoins humanitaires, de défense et sociaux.

f. Promotion par le Royaume-Uni d’initiatives internationales fortes visant à garantir la justice et la responsabilisation face aux crimes de guerre commis par la Russie, notamment la libération et le soutien aux enfants enlevé·es.

g. Soutien aux Ukrainien·nes et aux autres réfugié·es de guerre au Royaume-Uni, notamment par le biais de prolongations de visa à plus long terme et d’une voie claire vers la résidence permanente pour les réfugié·es ukrainien·nes et autres.

h. Solidarité et soutien mutuel entre les mouvements sociaux britanniques et ukrainiens.

i. Mise en place de jumelages entre des communes britanniques et ukrainiennes afin de partager le soutien, l’expérience et l’expertise.

La conférence charge les instances suivantes du Parti vert de prendre les mesures suivantes :

I. Que le GPEX et le GPRC collaborent, le cas échéant, avec d’autres organismes et représentant·es,afin de travailler aux côtés des organisations ukrainiennes au Royaume-Uni, des partis verts à l’échelle internationale, des syndicats et d’autres partenaires de la société civile (ainsi que, le cas échéant, des anti-impérialistes au sein de la Fédération de Russie) pour intensifier la pression sur le Royaume-Uni et d’autres gouvernements afin qu’ils viennent en aide à l’Ukraine.

II. Le Comité international, en collaboration avec le Groupe syndical du Parti vert, organise une délégation en Ukraine dans les six mois suivant l’adoption de la présente motion afin de rendre visite à la société civile et aux syndicats ukrainiens et de renforcer la solidarité avec eux en Ukraine.

III. Le Comité des campagnes doit collaborer avec les syndicats britanniques et ukrainiens pour mener des actions en faveur de la défense des droits des travailleurs et des travailleuses en Ukraine et des droits des Ukrainien·nes travaillant ici.

IV Le Comité des campagnes, les porte-parole et les représentant·es élu·es doivent mener des actions proactives en faveur des réfugié·es ukrainien·nes dans le cadre de notre campagne plus large en faveur des droits des réfugié·es.

V. Le Comité des campagnes, les porte-parole et les représentant·es élu·es mèneront une campagne en faveur de la lutte pour le retour des enfants ukrainien·nes enlevé·es par la Russie.

La Conférence charge en outre le Comité international et le GPEX d’évaluer les progrès réalisés par rapport à ces objectifs et de faire rapport lors de la prochaine conférence, notamment afin de garantir la clarté et la cohérence des campagnes électorales, des programmes électoraux et des communications médiatiques.