La voix de l'opposition russe et de la résistance ukrainienne

France, Ukraine

Une question d’histoire et de principe : la guerre Italo-Ethiopienne et la position de Léon Trotsky en 1935, par Robert

André Breton et Léon Trotsky, pique-nique au Mexique à l’été 1938 et discussion pour lancer un appel Pour une fédération d’artistes révolutionnaires indépendants…

Depuis le 20 août divers messages apparaissent sur les réseaux sociaux commémorant le 86ème anniversaire de l’assassinat de Léon Trotsky. Je ne vais pas partir ici dans une analyse de fond sur la question du soutien à la résistance armée ukrainienne contre la Russie impérialiste et impériale de Poutine de Samizdat 2 et en soulignant mon opposition radicale aux positions « pacifistes » des organisations se réclamant du « trotskysme » en France qui refusent ce soutien. L’Histoire jugera et d’ailleurs elle a commencé à juger.

En guise de célébration d’anniversaire, je soulignerai ce petit point d’histoire, qui n’est pas anodin.

Alors que se mettaient en place les politiques des différents impérialismes vers la guerre mondiale, quelles étaient les positions de Léon Trotsky sur le conflit italo-éthiopien. La guerre d’agression de l’Italie fasciste contre l’Ethiopie est déclenchée le 2 octobre 1935. Le régime de ce pays n’avait rien à voir avec celui d’une démocratie, Le Négus — ou empereur —était alors Haïle Sélassié (1891-1975) présidant un régime semi-féodal dont ce peuple devenait la proie des différents impérialismes, et pas seulement fascistes. Les marxistes révolutionnaires fondent leur politique dans une situation de ce type, où il y a un agresseurs et un agressé, sur la question du droit des peuples à disposer de leur destin : cette auto-défense impliquait bien entendu de soutenir la livraison des armes au peuple éthiopien…

Voici ce qu’adressait Trotsky à ses camarades, notamment ceux de la section française :

« On n’accorde pas assez d’attention dans nos sections, et surtout dans la section française, au conflit italo-éthiopien. La question est de la plus haute importance, en elle-même d’abord, et ensuite du point de vue du tournant de l’internationale communiste. Bien entendu, nous sommes pour la défaite de l’Italie et pour la victoire de l’Ethiopie, et nous devons donc faire tout notre possible pour empêcher, par tous les moyens en notre pouvoir, que d’autres puissances impérialistes soutiennent l’impérialisme italien et en même temps faciliter du mieux que nous pouvons la livraison d’armes, etc., à l’Ethiopie. Néanmoins, nous devons faire valoir que cette lutte n’est pas dirigée contre le fascisme, mais contre l’impérialisme. Quand c’est de guerre qu’il s’agit, il n’est pas question pour nous de savoir qui est « le meilleur », du Négus ou de Mussolini, mais d’un rapport de forces et du combat d’une nation sous-développée pour sa défense contre l’impérialisme.

Les camarades italiens pourraient nous donner un bref résumé historique nous indiquant comment la défaite de Crispi (1) a eu un effet positif sur le développement ultérieur de l’Italie (2). »

(publié le 17 juillet 1935, volume 6 des Œuvres, page 51-52, EDI 1979)

Notes de Pierre Broué :

(1) Francesco CRISPI (1819-1901), chef du gouvernement italien de 1887 à 1891, puis de 1893 à 1896, avait tenté d’établir sur l’Ethiopie un protectorat italien, mais était tombé à la suite d’un désastre militaire, la bataille d’Adoua en 1896.

(2) C’est en effet à partir de 1896 que le socialisme italien, malgré la répression, était apparu comme une force dans les masses.