Commentaire de Jean Pierre :
Alexandre Adelfinsky s’adresse ici aux « occidentaux » pour tenter de leur faire comprendre la logique de cette » autre forme d’intelligence » qu’est la bêtise chez Poutine.
16 août 2026
Rappelons-nous tout ce qui a été écrit et dit avant l’invasion ouverte de l’Ukraine par les russistes – à savoir que la Russie ne commettrait pas ce crime.
Les arguments invoquant une certaine « raison universelle » – c’est-à-dire, en réalité, « européenne » ou « américaine » – chez les russistes ne sont que des arguments dans le vide. Combien de fois la perception du danger a-t-elle ainsi été dangereusement minimisée ! De temps à autre refont surface de nouveaux arguments concernant les énièmes horreurs prévues par l’empire, affirmant que celui-ci ne se livrera pas à de nouveaux cauchemars.
Le général Lebed a un jour exprimé une idée intéressante : « La bêtise, c’est une autre forme d’intelligence. » Concernant les invasions, les répressions, les lois barbares et toutes les atrocités commises par la Russie, il est vrai que les dirigeants, et souvent la population, adhèrent à la logique d’un « esprit différent », et non simplement à la « stupidité » susmentionnée. L’Occident et tous ses « intellectuels » sont régulièrement victimes de leur propre système de prévision, qui ne tient pas compte du caractère paradoxal et constant du comportement russe.
Nous présenterons ici une sorte de « condensé » de l’argumentation, portant sur de nombreux événements passés et, par la même occasion, futurs ; grâce à son caractère imagé et condensé, il pourra être rappelé à maintes reprises et complété à l’image et à la ressemblance, c’est-à-dire selon le vecteur de la pensée. Soulignons que c’est précisément ce genre de mélange qui peut conduire à des prévisions erronées et, par conséquent, à de graves pertes, à des victimes, voire à des catastrophes d’ampleur mondiale. Ainsi, condensons un peu nos propos pour plus de clarté…
… Si le Kremlin commet une manœuvre risquée, la cote de popularité du pouvoir auprès des électeurs baissera, les partis pro-gouvernementaux perdront des sièges lors du scrutin, et la candidature de l’actuel président de la Fédération de Russie échouera aux élections. Des actions de désobéissance civile de grande ampleur, des grèves et des manifestations de rue auront lieu.
… Si le Kremlin commet une nouvelle erreur criminelle, des problèmes économiques sont à prévoir. Les sanctions feront baisser les indicateurs économiques, ce qui se répercutera sur le niveau général de bien-être de la population, ce qui ébranlera l’autorité de l’ensemble du système au pouvoir en Russie et conduira finalement à un changement de pouvoir.
… Si l’armée russe envahissait le pays, cela entraînerait des conséquences systémiques catastrophiques pour tous les domaines de la vie sociale…
... À l’heure actuelle, il n’y a aucune raison de s’inquiéter des risques, car l’armée n’a pas mis en place l’infrastructure nécessaire, qui doit être en place en cas de menace d’invasion…
… L’économie n’est pas prête. La société en souffrira. La démographie s’effondrera. C’est déraisonnable…
Que dire de plus ? L’imagination nous guidera, tout comme la mémoire. Il faut clairement une « cerise sur le gâteau » ici, puisque nous avançons des arguments en les poussant jusqu’à l’absurde, avec un sarcasme tragique bien visible, n’est-ce pas ? L’argument « imparable » par excellence, qui crie littéralement à la face de tous, c’est : « Poutine aura honte ». Cela semble suffisant ?