Commentaire de Jean Pierre :
Quand les oligarques sanctionnent S. Lavrov va-t-en guerre et au demeurant porte-parole de Poutine.
15 août 2026
Le marché boursier russe a clôturé la séance de vendredi sur sa plus forte chute intrajournalière depuis le 26 septembre 2022. À l’issue de la séance principale, l’indice de la Bourse de Moscou a perdu 4,29 %, soit 250 milliards de roubles en termes de capitalisation boursière, et est retombé à 2 136,3 points.
De mercredi à vendredi, l’indice a chuté de 8,4 %, perdant en trois jours la moitié des gains accumulés au cours du mois et demi précédent.
« Le marché s’est effondré à cause de la géopolitique », constate Natalia Milchakova, analyste chez Freedom Global. Vendredi, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a de nouveau exclu tout gel du conflit avec l’Ukraine le long de la ligne de front, arguant que cela « réduirait à néant l’exploit de nos grands-pères qui ont vaincu le nazisme ». Il a également menacé de « ruiner » les pays occidentaux qui viennent en aide à Kiev et de recourir à « des méthodes plus dures » en réponse aux attaques des Forces armées ukrainiennes. Dans le même temps, Sergueï Lavrov a rejeté la trêve proposée par l’Ukraine en mer Noire.
En conséquence, bien que les échanges aient débuté en légère hausse, « en milieu de journée, le marché s’est effondré », note Milchakova. À 22 h 42 (heure de Moscou) (en tenant compte de la séance du soir), les actions de Sberbank avaient perdu 1,4 %, celles de «Magnit » de 3,2 %, celles de « Gazprom » de 4,4 %, celles de « Lukoil » de 4,8 %, celles de « Rosneft » de 5,1 % et celles de « Rusal » de 6,5 %.
À la fin du printemps et au cours de la première moitié de l’été, le marché russe a connu sa plus longue baisse depuis 1997 — 17 semaines d’affilée. Fin juin, l’indice de la Bourse de Moscou s’est redressé, mais aujourd’hui, les investisseurs « liquident à nouveau les positions qu’ils avaient ouvertes dans l’attente d’une amélioration des relations entre la Russie et les États-Unis », constate Yaroslav Kabakov, stratège chez « Finam ».
Les investisseurs attendaient la visite des négociateurs américains Steve Whitcoff et Jared Kushner à Kiev, puis à Moscou. Donald Trump avait annoncé ce déplacement il y a près de deux semaines, mais la visite n’a toujours pas eu lieu. En conséquence, le marché se retrouve dans la même situation qu’au début de la forte chute, écrivent les analystes de la société d’investissement « Solid » : « Les risques géopolitiques sont toujours présents, les taux d’intérêt restent élevés et la croissance de l’économie russe est pratiquement inexistante. »
Aucun facteur susceptible de soutenir la croissance du marché boursier n’est en vue, estime Andreï Zatsepin, analyste chez «Alor Broker» : « Les timides espoirs suscités par les allusions à l’ouverture de négociations visant à mettre fin au conflit se sont à nouveau effondrés. Au contraire, la poursuite des frappes contre les infrastructures russes laisse présager une probabilité accrue de voir le déficit du budget fédéral continuer à se creuser, ce qui entraînera un ralentissement de la baisse du taux directeur. »
La persistance des tensions dans le conflit ukrainien pourrait entraîner une nouvelle chute de l’indice de la Bourse de Moscou, jusqu’à son plus bas niveau annuel à 1 898 points, prévoit Elena Kozhoukhova, analyste chez « Veles Capital ».